6 mois ! Episode 5

6 Mar

6 mois ! Episode 5

6 mois ! Episode 5

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. Six mois qu’on voyage à travers le continent.
Pour ce bilan, on a reçu toutes vos questions !
Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement.

Dans cet épisode :

  • Est-ce que les enfants profitent de cette expérience comme vous l’avez rêvé, imaginé ?
  • Les gars sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce qu’ils apprécient cette parenthèse dans leur vie ?
  • Est-ce que les copains et la famille leur manquent ?
  • Mais où sont passés les cheveux de Noé ?
  • Est-ce que vous vous sentez bien dans cette vie de nomade ?

C’est parti !

« Est-ce que les enfants profitent de cette expérience comme vous l’avez rêvé, imaginé ? »

Vero : Au départ, il y a un idéal éducatif et politique : montrons leur le monde loin des clichés entretenus par les médias et vivons une expérience familiale qui nous rapproche ! Rapprochons les de la nature et de la simplicité. Semons enfin en eux la curiosité qui les guidera toute la vie.
Ca c’est les idéaux hein… parce que dans les faits, ça ne marche pas à tous les coups : « Hein, quoi, on va visiter encore un truc ? » « On est obligés là d’aller se balader ? » « Ah si on avait un four, dix ordis, trois jaccuzis et un 4X4 !! »
Mais il y a un truc qui nous a épatés les premiers mois : leur incroyable capacité à s’adapter à tout !
Et il y a des moments de grâce où on prend conscience de tout ce qu’ils ont découvert, appris, expérimenté.
Bon, ils profitent aussi de nos coups de gueule, de nos coups de déprime, de nos doutes et stress divers et variés et parfois, on se dit « Oh les pauvres ! » C’est toute la richesse d’une vie à quatre à haute dose : ils savent que l’adulte n’est pas monobloc mais un être ordinaire de chair et d’émotion en chantier permanent !

Manu : j’avais pas trop idéalisé comment ils allaient profiter du voyage. Biensûr j’espérais qu’il trouve un intérêt aux visites, aux randos, qu’ils se mettraient à l’instruction avec entrain et soif d’apprendre. Globalement c’est bien le cas, ils ont bien aimé Schönbrunn, le musée du Danube, le delta du Danube, le palais de Topkapi, les sites grecs… C’est plutôt sur l’instruction où parfois c’est difficile de les motiver. Je trouve qu’ils profitent  du voyage à leur manière, dans les rencontres avec les autres enfants, dans les collections d’objets inutiles élevés au rang de trésor inestimable, dans les histoires incroyables qu’ils s’inventent en faisant un mélange du voyage, de leurs lectures, des films… A travers leur voyage, je revis la façon dont je profitais des voyages quand j’étais enfant : pêcher en Mazurie, chercher de l’or en Norvège, ramasser de l’ambre à Gdansk, lécher les parois d’une mine de sel… pour eux j’avais déjà ça en tête donc ils en profitent comme je l’avais imaginé.

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« Les gars sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce qu’ils apprécient cette parenthèse dans leur vie ? »

Véro : Notre vie est leur normalité en fait. Ils éprouvent des grandes joies et des frustrations, des déceptions, des colères, des tristesses. Je ne sais pas comment mettre ça sur une échelle qui permettrait de déterminer s’ils sont les plus heureux du monde. Ça me dépasse autant que le concept de meilleur ami. J’aime chacun-e de mes ami-e-s pour qui il est mais je me verrais mal en mettre un au top du top pour en faire mon-ma meilleur-e ami-e.
On essaie de faire en sorte qu’ils aient une bonne estime d’eux-mêmes, qu’ils connaissent leur propre valeur, qu’ils croient en leurs rêves. On sème et on espère qu’ils s’envoleront bien équipés.
Et puis je ne crois pas que ce voyage soit une parenthèse dans leur vie. C’est des souvenirs et des expériences pour la vie !

Manu : Les plus heureux du monde peut-être pas mais heureux oui. Je pense qu’ils se sentent bien dans ce genre de vie, Joseph peut lire à foison, Noé peut s’inventer ses histoires abracadabrantesques, on change de paysage tous les jours, ils ont papa et maman tous les jours. Bon des fois c’est peut-être pas drôle papa et maman et ils aimeraient bien avoir des copains pour avoir des échanges d’enfants… J’ai pris conscience dans ce voyage que la relation enfant-adulte pouvait être aussi stressante pour eux que pour moi… Les codes ne sont pas les même, les finalités ne sont pas les mêmes… on est presque devant une problématique d’interculturalité ! C’est aussi pour ça qu’on essaie de rencontrer des familles francophones : pour qu’ils aient leur dose de relation enfant – enfant.

 

« Est-ce que les copains et la famille leur manquent ? »

Véro : Oui, régulièrement ! Noé imagine souvent ce qu’il fera avec ses copains au retour. Joseph a des coups de cafard, de mal du pays et a tendance à se replier. On l’invite à écrire à ses copains mais il n’ose pas. Pour Noël, ils étaient drôlement contents de voir grands-parents et cousin-e-s via Skype et Messenger. Ils se sont sentis privés de cette fête. Noé a eu très peur de ne pas avoir assez de cadeaux et Joseph était dégoûté de ne pas pouvoir jouer avec ses cousins. Noé parle souvent de sa mamie championne de confitures et de tartes et de son papi qui fait le meilleur riz jaune au poisson qu’il connaisse.
En revanche, on a tous méga progressé dans l’art de faire des rencontres et maintenant on réussit à se donner rendez-vous avec d’autres voyageurs. Ils ont alors de beaux moments de jeux avec des camarades éphémères qu’on retrouvera peut être un jour. Des copains copines de tous les âges avec qui ils partagent des chouettes aventures !

Manu : rien à rajouter. Joseph nous demande parfois est-ce qu’on peut ouvrir la boîte mystère en cas de mal du pays que nous ont offerte des copains…

« Mais où sont passés les cheveux de Noé ? »

Véro : On a passé deux jours de rêve à la source chaude de Thermopyles en décembre, dans un eau ultra calcaire et soufrée. Noé s’est retrouvé les cheveux tout emmêlés et terriblement rêches. On a mis beaucoup d’huile de coco pour venir à bout des nœuds mais les cheveux restaient tout sec. Alors la semaine suivante, en passant devant un coiffeur à Athènes, il a dit « C’est ok, je suis prêt, je veux les couper » On avait tellement peur qu’il regrette ! En même temps, ses cheveux étaient vraiment massacrés. La coiffeuse était top, adorable ! Il a su lui dire exactement ce qu’il voulait! Une nouvelle tête. Il était canon avec ses belles boucles blondes et est maintenant canon avec sa coupe façon Asaaf Avidan.

« Est-ce que vous vous sentez bien dans cette vie de nomade ? »

Véro : C’est le oui qui me vient malgré les moments de galère ! J’adore changer de vue tous les jours, être en mouvement, sur la route. J’adore avoir moins de biens matériels et vivre bien. J’adore le ménage fait en 10mn. J’adore être plus dehors et me balader et visiter. On est heureux de glaner des fruits, se réjouir des cadeaux de la vie. On apprend beaucoup sur nous-même et sur le monde. Parfois, quand on se balade de nuit en ville et que je vois à l’intérieur des maisons éclairées, j’ai un petit pincement au cœur. J’ai envie de mon chez moi, d’inviter du monde, de me pelotonner dans un canapé, de retrouver la routine. Mais ça ne dure pas ! A long terme, je crois que ce qui nous manquerait, ça serait d’avoir une utilité sociale.

Manu : de mieux en mieux je dirais. Le début n’a pas été facile pour moi. C’est plus le fait de me retrouver h24 avec des enfants alors que mon quotidien était un monde d’adulte. Certains comportements d’enfants sont considérés comme de l’agression ou de la provocation quand ils sont faits par un adulte. On a beau le savoir, le vivre quelques heures par jour et le week end, ce n’est pas la même chose que tout le temps. Ce n’est pas le manque d’espace ou le fait de changer tout le temps d’endroit qui a été difficile, c’est la vie avec 2 enfants. Maintenant ça va mieux, j’arrive même à rire des pitreries de Noé !
Il y a toujours un sentiment bizarre, comme un cafard, quand on quitte un endroit où on est resté plusieurs jours parce qu’il faut reprendre la route pour avancer ou parce que l’événement est terminé. Dans ces moment-là, c’est étrange de reprendre la route. Mais la route est méditative, les pensées voyagent et on est déjà dans le prochain lieu.
Voir le monde, avoir une majorité de rencontres de qualité, prendre le temps de se cultiver (au sens de la culture et au sens de prendre soin de soi), c’est plutôt chouette comme vie. A Budapest, on a rencontré notre première famille de fulltimer (ceux qui vivent en nomade), maintenant je comprends pourquoi ils font ce choix, pourquoi ils renoncent à une maison et une carrière. Le goût de la liberté, minimiser les contraintes, remplir sa vie de belles choses, … Personnellement, j’ai besoin de liberté mais aussi de me sentir utile à une communauté, participer à l’Histoire (à mon échelle restons humble), construire le monde d’après, ce qui est plus simple dans la sédendarité.

Les autres épisodes de la série :

Episode 1 : l’idée, le parcours

Episode 2 : le programme, la préparation

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

 

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5 Mar

6 mois ! Episode 4

6 mois ! Episode 4

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. Six mois qu’on voyage à travers le continent.
Pour ce bilan, on a reçu toutes vos questions !
Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement.

Dans cet épisode 4 :

  • Apprentissages scolaires : programmés de façon régulière ou amenés selon le quotidien ?
  • Avez-vous établi une journée type, une semaine type ou vous laissez vous porter par les occasions ?

C’est parti !

« Apprentissages scolaires : programmés de façon régulière ou amenés selon le quotidien ? »

Véro : Au Cap Ténare, on a passé un bon moment à parler d’une suite d’instruction en famille. On s’est toujours posé des questions sur leurs besoins, sur la possibilité d’apprendre autrement et on a de plus en plus envie d’une vie qui leur permette de nourrir leurs passions, se construire, buller et rêver, relationner avec plein de gens différents… Et finalement, ce sont nos propres peurs qui bloquent (peur de ne pas trouver un équilibre avec le travail majoritairement et peur d’être isolés) Et puis, Noé peut encore faire deux belles années dans l’école qu’il a intégré six mois avant le départ et qui nous a réconciliés avec l’école. We’ll see ! En attendant, au début, on avait deux élèves habitués à répondre à des consignes mais peu chercheurs et encore moins autonomes. Ils ne sautaient pas en l’air en disant « Oh oui, j’ai hâte d’apprendre !! » Ca va mieux aujourd’hui. Ils ont par exemple dévoré tout ce qu’ils pouvaient sur la mythologie sans qu’on s’en rende compte ou presque et nous en apprennent long quand on visite des sites archéologiques. Pour la partie formelle, je prépare pour chaque période le programme de maths et français. Je n’invente rien. Le sommaire de leurs manuels scolaires a tout prévu, j’ai juste à répartir dans le calendrier. Ils font environ 1h30 de français les lundis et mardis et 1h30 de maths les mercredis et jeudis. Tout le reste, histoire géo, anglais, histoire de l’art, sciences, on les appelle les extras et on essaie d’en faire une séance par jour. Ils écrivent tous les jours et on enregistre des reportages sur les pays traversés. Et puis il a y a les moments de grâce comme la rencontre avec le papi Jean-Paul qui leur a fait un cours de géométrie avec des cadres en bois. Et la vie tout simplement : observer les coquillages, la course du soleil, les étoiles, la lune, le feu allumé par la loupe, un changement de pneu, une graine qui germe, l’empire austro-hongrois au château de Schönbrun et l’empire ottoman comme à Istanbul… On a inventé des duos pour les tâches quotidiennes donc ils assurent aussi en cuisine, balayage, vaisselle… Bref, quand on a reçu le courrier pour une inspection, on s’est dit qu’on était à peu près dans les clous. Mais d’inspection il n’y aura point car en août, il n’y a pas d’inspecteur et là on est à la plage.
PS : tout de suite, Noé a fait une immense spirale en pâte à modeler. Il est en train de spontanément compter la longueur de pâte à modeler, transformer mètres en cm, faire un plan pour une prochaine réalisation, observer ce qui se passe s’il enlève 5 cm de vert mais ajoute 10cm de bleu…. Il fait des photos, demande si ça se vendrait dans une galerie d’art…Voilà, apprendre en liberté, c’est ça ;)))

Manu : les « extra » sont moins programmés, c’est à l’envie et selon les opportunités du voyage. Il faut aussi apprendre à ne pas trop en faire, des fois on a envie de leur apprendre telle ou telle chose parce qu’on la croise à ce moment-là mais pour eux c’est pas le moment… Mais globalement ça marche, le voyage fournit les occasions de faire de l’Histoire et de la Géo, les gars font une fiche par pays traversé ; mais aussi de la science : dessin d’un bivalve, dynamique des flux au musée du Danube, l’atome, les ions, les électrons avec la rouille, les plantes et les animaux rencontrés, …
Il faut arriver à synthétiser les apprentissages glanés sur le parcours pour en garder une trace. Et puis il y a la rédaction d’articles pour le blog où on essaie de leur apprendre à structurer un texte.

« Avez-vous établi une journée type, une semaine type ou vous laissez vous porter par les occasions ? »

Véro : Un peu des deux ! On s’est vite rendu compte que si on ne prend pas le temps de faire maths et français le matin, ça passe à la trappe. Donc, réveil, gym (mélange de Qi Gong, yoga, abdos et pompes) petit-déjeuner, école une heure ou deux puis on est libres… de chercher de l’eau, vider les toilettes sèches, faire les courses, rouler, chercher un nouveau bivouac… Début janvier, on a aussi mis en place un rythme semaine/weekend. Le weekend, les gars nous rejoignent sous la couette pour ronronner ensemble mais plus en semaine. On avait besoin de retrouver du temps juste pour nous le matin et aussi de démarrer la classe avant 11h. Ca doit faire halluciner plein de voyageurs qui ne savent même plus quel jour on est. Nous on est encore dans le calendrier et les heures. On a envie de profiter à fond de chaque journée et de réaliser tout ce qui nous tient à cœur. On a rédigé une day check list dont on parle chaque soir : aujourd’hui, ai-je réalisé un apprentissage parmi les extras ? Ai-je pris le temps de chouchouter mon corps ? Ai-je exprimé ma gratitude ? Ai-je rendu un service pour le plaisir ? Ai-je écrit mes trois petits bonheurs ? Et le dimanche, il y a conseil de famille : on exprime à tour de rôle ce qu’on a bien aimé depuis le dernier conseil, ce qui nous a déplu, ce qu’on demande, ce pour quoi on a de la gratitude et on termine par un gros câlin. Manu et moi vérifions aussi qu’au cours de la semaine, nous avons bien eu notre moment de temps solitaire sans contrainte.
Mais tout ça est régulièrement bouleversé par de belles rencontres, du temps passé avec des copains, la météo, les visites… et on retrouve ensuite nos rituels avec plaisir !

Manu : oui il y a un type pour la journée et la semaine mais ça sert plutôt de repère pour faire un peu chaque jour : un peu d’école, un peu de sport, un peu de route, un peu de visite, … Il faut un minimum pour ne pas trop procrastiner mais pas trop pour laisser une place au hasard, aux opportunités surprises, à l’incertitude.
Avant qu’on parte je disais que j’avais besoin d’une journée à moi par semaine où je n’ai pas de compte à rendre à la communauté sur l’utilisation que je fais de ce temps. On n’a pas mis en place cette journée et du coup ma soupape de sécurité explosait parfois. Depuis quelques semaines on essaie de mettre en place 1/2 journée par adulte. Quand on y arrive ça améliore grandement l’ambiance générale.
Les programmes ou les rythmes ça peut paraître barbant mais ça donne un élément déclencheur pour passer à l’action. Par exemple, pour l’anglais, on a constaté qu’on en faisait pas assez alors on a décrété que le samedi serait le jour de l’anglais. Ou encore, Véro était agacée par les réveils au ralenti où on commence la journée à 11h alors j’ai remis un réveil pour reprendre un rythme et répondre au besoin de Véro. Le réveil me rappelle non seulement l’heure mais aussi symboliquement l’importance pour Véro d’un lever qui permet de profiter de la journée.
Pour les rencontres, nous avons mis quelques trucs en place pour les faciliter : les peintures sur Slowpy, poster des messages sur les groupes facebook de francophones et puis sentir, répondre à son intuition. Au début c’est pas si facile, on a tendance à dire non, à ne pas oser adresser la parole ou demander, on se dit qu’on va déranger. A un moment donné, je me suis dit qu’il fallait apprendre à dire oui. C’est comme ça qu’on a accepté l’invitation de Robert, maître-nageur à la piscine de Baja, qu’on a rencontré une famille en Roumanie, qu’on a passé 3 jours sympas chez Nesligul en Turquie, qu’on s’est laissé choyer par Zoé à Xanthi et encore plein d’autres rencontres.

 

Les autres épisodes de la série :

Episode 1 : l’idée, le parcours

Episode 2 : le programme, la préparation

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

 

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Vous avez remarqué ? Il n’y a pas de pub sur notre blog ! Si vous aimez ce qu’on fait, si vous rêvez avec nos mots et nos photos, si on vous apporte un peu de chaleur et de soleil, vous pouvez participer à la cagnotte Leetchi !

4 Mar

6 mois ! Episode 3

6 mois ! Episode 3

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. Six mois qu’on voyage à travers le continent.
Pour ce bilan, on a reçu toutes vos questions !
Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement.

Dans cet épisode 3 :

  • Est-ce que vous pensez un peu au retour ? Vous vous préparez? Ça vous effraie ? 
  • Comment avez-vous géré le chargement du camping-car ?

C’est parti !

« Est-ce que vous pensez un peu au retour ? Vous vous préparez? Ça vous effraie ? »

Véro : Non, on ne va pas rentrer !!!!!
Je plaisante.
Un voyage d’un an, c’est six mois de préparation, six mois d’extase et un compte à rebours de six mois. Pas tout à fait mais il y a de ça !! D’ailleurs, on a rencontré des voyageurs qui sont déjà partis un an avec date de retour fixe et cette fois-ci, ils voyagent sans date de retour pour ne pas revivre le compte à rebours…
Donc oui, on se prépare au retour !
Je me suis élancée au pas de courses sur le boulevard du début d’année. J’adore les débuts d’année, c’est comme une page blanche à écrire ! Je me suis mise à visualiser, imaginer, ambitionner tout ce que je voulais pour le retour. Et rapidement, bourrée d’excitation, d’assurance et de joie, j’ai vendu tout le paquet à l’amoureux. Il n’avait plus qu’à signer pour notre futur d’abondance avec un travail pour moi, plus de temps pour lui à la maison et quelques travaux pour faire deux chambres aux garçons au grenier et un vrai bureau et une chambre d’amis en bas. Eh bien figurez-vous qu’il a ses propres désirs et projets !!! Ça m’a sciée net dans ma course tête baissée… Je l’ai complètement bousculé dans son futur. Il a des idées d’activités qui nourriraient davantage son être mais son emploi actuel d’ingénieur territorial est hyper sécurisant. Cogitations cogitations… Alors pour passer ce cap plus sereinement, on a commencé à dessiner trois arbres : chacun le sien avec en racines ce qui concerne nos besoins de santé et bien-être et des branches pour porter nos souhaits de réalisation sociale, familiale et professionnelle, nos envies d’apprentissage et de loisirs, puis au centre un arbre commun pour que chacun visualise ce qui est important pour l’autre et ce qui nous relie. Confiance ! Parce que oui, le retour, ça se prépare. Il y a 16 ans, j’ai voyagé en Inde et au retour, perdue entre petites, grandes et moyennes casseroles, entre vêtements d’hiver et d’été, j’ai failli tout laisser en cartons pour retourner au Bengladesh épouser un homme qui avait besoin de papiers pour émigrer. … (Pardon Ishti, c’était plus compliqué que prévu cette histoire de papiers… et merci parce que c’est un peu grâce à toi que j’ai rencontré mon mari en devenant bénévole dans une association d’aide aux migrants)
On réfléchit aussi à notre habitat futur. Ces deux dernières années, on a eu la chance de vivre à plusieurs à la même adresse et c’est une expérience qu’on aimerait continuer. A moins qu’on ne revende tout pour partir dix ans avec un âne ? Ou émigrer au Québec ? Ou au soleil de Grèce ? Ou partir en bateau avec Jean-Marie ?
Un autre projet se dessine mais… chut ! Ça prend forme tout doucement, c’est fou et normal à la fois, c’est comme dans un rêve et très réel…
Et surtout, pour avoir envie de rentrer, on imagine une fête, forcément 😉
Donc, il y a des moments où on angoisse un maximum et d’autres où on est zen. Le tout est de rester dans le moment présent tout en plaçant ses intentions pour le futur 😉 Et observer les enfants qui eux sont pleinement dans l’ici et maintenant ! Mon mantra du moment est « Un pas à la fois ».

Manu : J’ai commencé à y penser quand on est arrivé au Delta du Danube, la fin de la 1ère partie du voyage. On est là, au bout du Danube avec la mer en face, c’est fini le Danube, il faut rentrer… Ensuite la Turquie a réenchanté le voyage, j’aurai bien continué à la découvrir. La nouvelle année puis le cap Ténare, le plus point le plus au sud de notre périple, et enfin les 6 mois de voyage font que nous prenons conscience que nous sommes sur le retour. On ne peut s’empêcher de penser à la suite. Sur le chemin on a rencontré une autre famille de voyageur, Camille et Michaël rentrent plus tôt que nous, en parler avec eux m’a fait du bien.
Je suis à la fois dans l’après-voyage et à la fois dans le prochain voyage ! Comme on n’a pas visité le nord, j’espère bien qu’on reparte pour compléter notre tour d’Europe !
Quand je vais revenir au travail, je ne sais pas quel poste m’attend, mais un poste m’attend. Au pire, ce sera une transition pour autre chose, au mieux une nouvelle source de réalisation. Je me prépare aussi à m’organiser pour que Véro puisse vivre ses projets. Je ne sais pas ce que vont devenir les miens. J’ai beaucoup d’idées mais je suis plutôt dans une phase de décantation en ce moment.
Je pense aussi à ce que je voulais faire ou apprendre pendant ce voyage et que je n’ai pas encore fait, il reste 6 mois !

«Comment avez-vous géré le chargement du camping-car ? »

Véro : On avait une possibilité de chargement d’environ 400kg. Une fois comptés les passagers, l’eau et le gaz, il restait peu de capacité !!! La fin du chargement a été assez rocambolesque !! On s’était par exemple fixé la limite de dix livres chacun et on a bien ri en découvrant qu’on en avait tous glissé au moins cinq de plus dans les coins… La liseuse qu’on aurait dû acheter dès le départ nous a rejoints fin janvier via des copains de copains voyageurs en Grèce. Et puis l’ultime pesée à la coopérative agricole du coin a été sans pitié : nous étions encore trop lourds. Alors on a viré un passager une bouteille de gaz (deux jours de galère pour se réapprovisionner en Grèce), une perceuse (en Roumanie on nous en a prêté une pour poser une serrure) et d’autres outils. J’étais confiante dans le fait que l’aventure commence justement quand tu tombes en panne ou que tu as besoin de quelque chose. Les garçons ont embarqué très peu de jouets. Ce qui marche le plus chez nous : les doudous avec lesquels ils s‘inventent des kilomètres d’histoires ! La pâte à modeler aussi plus les feutres, le papier, le scotch. Et puis ils jouent tout le temps dehors avec trois bouts de bois, les cailloux, le sable… Et sont régulièrement nostalgiques des Legos et de l’ordinateur pour jouer à Minecraft. Ils avaient chacun une tablette mais celle de Noé est décédée en novembre. Il a reçu un appareil photo pour Noël et la tablette ne lui manque pas vraiment. La tablette restante leur sert à regarder les C’est pas Sorcier, quelques dessins animés et pour le dictionnaire. On privilégie les jeux de société. On a emporté un stock de vêtements qui nous permet de tenir un mois sans lessive. Sauf quelques chaussettes et sous-vêtements lavés quand on a de l’eau au bivouac. On a offert à des petits Roms les vêtements trop petits et racheté en route des chaussettes pour les pieds qui ont poussé. On a de la vraie vaisselle. On ne manque de rien vraiment. Slowpy est une maison sur roue où on se sent bien. Enfin ce matin, Manu était braisé de ne pas pouvoir se déplacer à son aise. C’est vrai que l’espace est réduit à quatre !! Tu peux facilement être assis sur les toilettes à contempler le dos de celui qui fait la vaisselle à 30 cm de toi ou voir ton clavier d’ordi côtoyer les petits légumes sur la planche à découper. Alors on s’est inventé au fil du temps nos petits espaces perso : un bout de placard, un coin d’étagère… Il a aussi fallu inculquer « Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place ».donc imaginer des rangements adaptés à tous, identifiables et fonctionnels. La soute est notre bête noire. On ne peut y accéder que par l’intérieur en rampant avec la frontale. Sympa quand tu veux juste un fauteuil pour profiter des derniers rayons de soleil. Ah mince, le soleil est couché… L’écureuil qui vit parmi nous a dû se plier à une règle drastique : « un seul bout de bois à bord » mais on retrouve régulièrement des cailloux, des coquillages, des capsules de bière et autres trésors exceptionnels…. Et le tiroir des couverts se retrouve immanquablement rempli de « trucs-qui-peuvent-servir » ;)))

Manu : Y en a partout… On a considérablement augmenté les rangements de Slowpy. Des caisses au-dessus de la table, des caisses sur les parois, des caisses sur les sièges, des caisses dans les WC, des caisses dans le cockpit … Maintenant je sais jouer à tétris à 4 pattes dans une soute remplie les yeux fermés.

 

Les autres épisodes de la série :

Episode 1 : l’idée, le parcours

Episode 2 : le programme, la préparation

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

 

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Vous avez remarqué ? Il n’y a pas de pub sur notre blog ! Si vous aimez ce qu’on fait, si vous rêvez avec nos mots et nos photos, si on vous apporte un peu de chaleur et de soleil, vous pouvez participer à la cagnotte Leetchi !

3 Mar

6 mois ! Episode 2

6 mois ! Episode 2

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. Six mois qu’on voyage à travers le continent.
Pour ce bilan, on a reçu toutes vos questions !
Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement.

Dans cet épisode 2 :

  • Avez-vous fait tout le programme de votre voyage ? Comment choisit-on le temps passé dans chaque endroit pour rester dans les temps prévus à la base ?
  • Comment vous êtes-vous préparés au départ ?

C’est parti !

« Avez-vous fait tout le programme de votre voyage ? Comment choisit-on le temps passé dans chaque endroit pour rester dans les temps prévus à la base ? »

Véro : Sur ce point-là, j’ai un outil très pratique : mon ingénieur de mari ! Il avait judicieusement défini les repères géographiques à franchir par rapport au défilement des saisons. Ça n’est jamais facile de savoir si on reste là où on est une nuit ou deux ou trois parce qu’il faut aussi avancer. C’est un tiraillement récurrent. Jusqu’à la mer Noire, on a avancé sans trop traîner parce qu’on sentait le froid arriver. En Grèce en ce moment, on fait beaucoup plus souvent des toutes petites étapes et on reste plus facilement posés deux ou trois nuits de suite sur une belle plage. Puis la bougeotte nous reprend !
Nous n’avions pas de programme très précis. Nous lisons les guides de voyage au fur et à mesure. Et nous recevons plein de suggestions de visites et de lieux à travers les rencontres avec d’autres voyageurs ou la lecture de blogs et pages Facebook. Et nous fonctionnons beaucoup au feeling, ce qui nous vaut quelques belles pistes et des virages que nous n’oublierons pas 😉 Sans oublier la boussole que nous utilisons pour se trouver des bivouacs avec soleil levant pour vite se réchauffer le matin (le top étant le bivouac avec coucher ET lever de soleil)
Nous avons eu un gros coup de cœur pour la Turquie et nous y sommes restés plus longtemps que prévu. On est allés explorer le détroit des Dardanelles qui nous intriguait sur la carte.
En ce moment, on est dans le Péloponnèse. C’est magnifique mais là on vient de visiter un Magne particulièrement désertique et vide d’habitants si bien qu’on a envie de tracer à nouveau, direction Kalamata pour nos diverses réparations puis direction Patras pour le carnaval.
C’est chouette de faire en fonction des ressentis, de l’humeur des troupes et de la météo !

Manu : Alors là, franchement j’ai tout délégué à Véro ! Non seulement parce qu’elle est diplômée dans le tourisme et qu’elle adore éplucher les guides de voyage. Plein de copains nous en ont prêté avant de partir (merci à eux) et on a acheté ceux qui nous manquaient. Mais aussi parce que j’avais déjà fort à faire pour organiser le largage de mes amarres autant professionnelles qu’associatives. J’avais juste deux ou trois exigences : aller voir la famille Heidecker en Autriche, revoir Vienne et passer par des capitales.
Au début, j’avais souhaité continuer avoir une activité lucrative pendant le voyage. La perspective de vivre complétement sur les réserves amassées depuis tant d’années m’était particulièrement difficile. C’était pour les coups durs ou les études des petits, pas pour un voyage… Alors j’avais imaginé qu’on fasse un e-boutique pour vendre en ligne les produits d’artisanat découverts pendant le voyage en faisant des stations de 15 jours. Mais quand j’ai vu le temps nécessaire avec une autre aventure de e-boutique, ça ne marchait pas avec le voyage. Donc abandon de ce projet.
Pour établir un programme, il faut d’abord poser des jalons. Ce qui influe beaucoup, c’est la date de départ. En partant fin juillet, on réduit le temps disponible avant les mois froids. 1er jalon : être à Noël en Grêce (passer l’hiver au chaud). A partir de ce repère, on définit à la louche une période pour des étapes intermédiaires mois par mois. Ensuite, chaque week end, on planifie la semaine suivante. Ce qui a influencé le temps passé à chaque endroit, c’est la météo, les rencontres, notre état physique et notre état d’esprit, la beauté ou non des lieux, les recommandations …

« Comment vous êtes-vous préparés au départ ? »

Véro : Je dirais qu’il y a trois plans de préparations: administratif, matériel et affectif.
Pour les deux premiers, un peu de bon sens et de lecture de blogs avisés font l’affaire. Les gros morceaux, c’est faire sa lettre au travail pour dire « au revoir Président », écrire à l’inspecteur d’académie pour lui dire qu’on va se débrouiller nous-même pour l’école, acheter le véhicule de ses rêves avec le moins d’argent possible pour en avoir encore pour le voyage, acheter les guides de voyage (d’occasion à Emmaüs, ça marche !) ou se les faire prêter (c’est fou tous les copains qui voyagent !!) Savoir aussi ce qu’on va faire de la maison. On a reçu deux « oui » qui ont été comme des feux verts dans nos têtes : notre maison est habitée par notre amie Belge Nadine. On lui confiait déjà la maison à chaque fois qu’on partait en vacances depuis quelques années. Au fur et à mesure, son rêve de s’installer en France a grandi. On lui a tout naturellement proposé de tester sur une longue durée. Et jeune retraitée, elle a sauté le pas de mettre en location son appartement bruxellois et de quitter tous ses repères pour vivre chez nous. J’en suis encore toute épatée. Le deuxième « oui », c’est celui de Jean-Marie. Il s’était installé dans notre gîte quelques mois auparavant et nous annoncé un beau jour qu’il était ok pour rester jusqu’à notre retour. Ces deux-là sont nos ange-gardiens, on a une immense gratitude à les avoir dans notre vie ! Les deux maisons vivent, chat et poules sont bichonnés, notre courrier est relevé et on peut continuer à rembourser notre emprunt.
Manu me rappelle qu’il avait aussi fait un rétro-planning des tâches à effectuer mois par mois et un WBS à J-26 avec check-list et planning. Le genre de truc que je ne sais absolument pas faire et qui nous avait déjà permis d’organiser notre mariage presque les doigts dans le nez.
Mais revenons-en à la préparation affective : pour partir en juillet 2017, je dirais qu’on a commencé à être brassés en janvier. Je m’imaginais (oui, j’ai une imagination débordante et galopante) qu’on allait passer des heures à bouquiner ensemble, à réfléchir ensemble, à rêver ensemble yeux dans les yeux… Ah ah ah, mes espoirs de symbiose fusionnelle en ont pris un coup ! Pour lui, les six mois pré-départ, ont consisté en un impressionnant marathon fait d’épreuves pour se désengager de tout ou presque de ce dans quoi il était (sur)engagé en dehors de son travail. Des journées au travail et des nuits à préparer son évasion pendant que je ramais à porter le reste (enfants, courses, maison…) J’ai même cru que j’allais finir par partir toute seule tellement il avait l’air pris dans une toile d’araignée. A cette époque, je rêvais tous les jours de pouvoir mettre tout le monde dans Slowpy et de partir dans l’instant ! Je culpabilisais aussi d’avoir des coups de déprime alors qu’on se préparait pour une aventure dont beaucoup rêvent. Restée à peu près centrée sur ce qui compte pour moi m’a sauvée. J’ai pris le temps d’appeler et de voir les copines de mon cœur, sensation de faire le plein pour un an, plus un peu plus de yoga et de balade, l’écriture… Je suis aussi partie une semaine pour jeûner et randonner. J’avais fait du tri à la maison, désencombré, c’était mon tour de me nettoyer et me détacher. Avec du recul, je me dis qu’à cette étape de la préparation, il est utile de clarifier ses intentions, ses envies, sa vision du voyage. Par exemple, lui il imaginait tenir une eboutique d’artisanat local trouvé en route, continuer à faire vivre sa première eboutique Shop&Coop tout en participant à distance à la vie de l’Atelier Logement Solidaire et bien sûr en profitant à 200% du voyage, en tenant le blog et la page Facebook. Et moi, j’aspirais juste à vivre tous les quatre un autre rythme, découvrir l’Europe, passer du bon temps, écrire pour le blog. Ses idées correspondent à un besoin et mon besoin est différent même si nous avons des aspirations communes. Si on n’en parle pas, il y a des chances que ça pète au bout de quelques kilomètres non ? Heureusement, depuis la naissance des garçons, on a acquis quelques compétences de communication positive et bienveillante qui nous sauvent régulièrement.

Manu : Comme expliqué plus haut, je me suis reposé sur Véro pour préparer ce projet. L’important au début c’est de visualiser, prendre une carte et imaginer des parcours, se voir en situation, … Voir le visionboard de Véro tous les jours me motivait et m’encourageait dans les changements que j’avais à opérer. J’ai utilisé quelques outils de conception de projet pour ce voyage. Dans un premier temps on a donc échangé sur nos attentes, nos visions, une sorte de cahier des charges fonctionnel. Ensuite, il y a eu une longue période sur le choix du camping-car et sa préparation. En même temps, j’ai dû trouver un autre président pour l’association, modifier la structure pour lui éviter toutes mes responsabilités, recruter une directrice (rigolo quand on a jamais été directeur soit même…), finir l’accompagnement de mon apprenti au travail, préparer le passage de témoin à celui qui reprenait les travaux de l’aéroport… Et faire la révolution culturelle dans ma tête, pour cela j’ai pu bénéficier de rencontres régulières avec un coach du changement. Doucement mais sûrement, ça m’a permis d’avoir des temps de respiration pour réfléchir à tout ça. Enfin, pour être sûr de partir à la bonne date, histoire de ne pas être tentés par un petit glissement de planning (très pratiqué dans ma profession), on a convié copains et famille pour nous dire au revoir et faire une grosse fête. A ce moment-là, comme il ne fallait pas se louper et que j’avais réussi à me rendre disponible, j’ai sorti les outils de gestion de projet pour que tout soit fin prêt…
Au final, il a juste fallu faire demi-tour le jour du départ parce que j’avais oublié mon portable à la maison… J’adore qu’un plan se déroule sans accroc…

Les autres épisodes de la série :

Episode 1 : l’idée, le parcours

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

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2 Mar

6 mois ! Episode 1

6 mois ! Episode 1

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. On a encore le cœur rempli de la belle fête de départ, une fête comme on les aime avec vos bouilles d’amour, vos bonnes recettes et des bouteilles qui vont bien. Mais on ne retrouve plus de confettis (portant il y a avait la dose !!!) Et toutes vos confitures et bouteilles qui nous ont fait un temps ressembler à une épicerie ambulante, ont disparu depuis belle lurette.
Pendant la semaine encadrant ce moisiversaire de voyageur, nous avons découvert chaque matin une nouvelle avarie. : explosion d’un bouchon de gasoil, chauffage qui rend l’âme, crevaison, direction récalcitrante, panne de gaz… J’ai trouvé ça merveilleusement métaphorique : quelle direction prendre ? Encore de l’énergie ? Comment se bichonner avant de péter un câble ? S’en remettre au soleil pour se chauffer sans craindre le lendemain… Notre motivation à continuer a été bien testée. Alors, assise au volant, un beau matin, j’ai crié : « On the road again ? « Et la foule en délire m’a répondu « Oh yeah, on the road again !!! »
Et puis cerise sur le gâteau, on a reçu toutes vos questions !
On poste plein de photos paradisiaques sur la page Facebook. On écrit sur le blog. Je me dis qu’on participe à la fabrique de rêves parce qu’on vous épargne le côté sombre : coups de gueule, grosses déprimes et remises en questions, épuisement, lassitude, stress… Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement et illustrer avec des photos vraies aussi (notre intérieur en bazar, des aliments pas que bio…) C’est parti !

Dans cet épisode 1 :

  • Comment a germé l’idée du périple ?
  • Comment avez-vous fait pour l’élaboration du circuit ?

« Comment a germé l’idée du périple ? »

Véro : En 2006, amoureux tout frais, on avait épinglé une carte d’Amérique du Sud dans le salon. Un jour, on partirait explorer ces contrées en vélo. On est allé jusque dans les Gorges du Verdon d’abord, avec un vieux tandem de 1936 et une remorque Michelin. Puis est arrivé Joseph. On a ajouté une carriole derrière le tandem. Noé nous a rejoints. On est alors allés pédaler en Autriche. On s’est installé : une maison, des poules, un gîte… On fait notre part de colibri : associations de protection des migrants, et développement de la parentalité respectueuse. Mais, au matin de nos dix ans d’amour : j’ai dit « Tu te souviens, on avait dit qu’on partirait. Alors, c’est quand qu’on va où ? » Parole donnée est sacrée ! En marchant dans les Alpes, en août 2016, on a commencé à rêver. J’avais ce rêve de partir à pied de la maison. Pas de candidats. Avec un âne ? Non plus. A vélo ? Non. La majorité voulait plus de confort. J’ai écumé les annonces de camions aménagés, du bus au vieux Mercédès. Camping-car, ok mais pas un gros truc blanc de beauf avec parabole pour rester scotché sur les parkings !! Et pour la destination, on était tous d’accord pour l’Europe. Allons voir près de chez nous comment on vit, qu’est-ce qu’on mange, comment c’est fait…
PS : Mea culpa… Mon idée du bidochon de parking a évolué. Il y a toutes sortes de camping-caristes, des jeunes, des vieux, des familles, des solitaires, des claniques… et on fait de très belles rencontres ! Les deux qui m’ont le plus épatée/émue, ce sont un Danois de 82 ans dans un engin motorisé presque plus identifiable et Jean-Paul, un papi français qui a pris la route quand sa moitié est décédée au tout début de leur retraite.

Manu : Je ne vais pas vous le cacher, c’est surtout dans la tête de l’amoureuse que ça a germé… Moi, c’était plutôt de l’ordre de ces rêves qui restent rêves… Je dois encore avoir des restes de manque de confiance en soi… Quand j’étais lycéen j’avais l’idée ou le rêve de faire le tour des capitales européennes en train mais je n’ai jamais osé, je ne me le suis jamais permis. Il y a bien des épisodes dans cette jeunesse qui auraient pu être assez forts pour que je me lance dans un voyage au long cours mais non, je n’ai jamais osé, pas pour moi, pas sérieux, trop cher, pas assez fort en anglais ou en allemand, pas légitime, dans la vie faut souffrir… on s’invente ou on trimballe toujours plein de barrières… Pourtant, mes parents m’avaient initié aux voyages en fourgon aménagé : Pologne, Scandinavie, Ecosse, … Bref, j’ai pas l’initiative et ma chérie est venue titiller un vieux rêve : un tour d’Europe !
Certes, au début je me suis posé plein de question au sujet de mon travail, de mes engagements, est-ce vraiment sérieux de mettre tout ce qui me tient à cœur et où je me suis investi entre parenthèses ? J’ai même pu bénéficier d’un coach en changement pour me faire progresser dans l’idée que oui, c’était sérieux… J’ai pris petit à petit conscience que j’avais besoin d’air frais, de vivre ou d’apprendre à vivre avec ma famille, de m’investir pour mon couple et ma famille, d’apprendre à lâcher prise. J’ai pris ce voyage comme une initiation à l’acceptation de l’incertitude.
Heureusement que Véro est là pour me faire vivre mes rêves enfouis !

« Comment avez-vous fait pour l’élaboration du circuit ? »

Véro : Le circuit, c’est Slowpy qui en a décidé ! Slowpy, comme slow et happy, c’est notre camping-car. On a eu un véritable coup de coeur pour lui et Michel et Isabelle qui le vendaient. Il avait un petit côté roulotte avec son intérieur tout en bois, son papier peint kitsch, sa vierge lumineuse… Quand on l’a essayé, en janvier 2017, on s’est regardé, le sourire aux lèvres, en se disant qu’à ce rythme-là, on ne verrait jamais le Cap Nord. Il était rouillé et cogné juste ce qu’il fallait pour ne pas avoir peur de le griffer dans les chemins, 80 chevaux pour 3,5 tonnes, pas d’électronique, pas de douche, 60l d’eau pour alimenter l’unique robinet d’eau froide, un frigo qui sert de placard… Je me disais qu’il était le véhicule parfait pour se débrancher de notre vie ordinaire, pour être plus proche de la nature et vivre dans nos corps la simplicité. On lui a tout de même rajouté un chauffage (après une nuit en Auvergne en février particulièrement glaciale) et un panneau solaire.
Nous avons alors lancé le projet slow and curious : moins de kilomètres que ce qu’on avait imaginé au départ (adieu Angleterre, Irlande, Islande, Scandinavie, Lettonie, Estonie, Lituanie et Pologne) mais plus de temps de vie zen sur un itinéraire calé sur les saisons. Et pas trop de montagnes vu qu’on ne peut pas les franchir à plus de 20km/h. Donc, nous avons suivi le Danube de sa source en Allemagne jusqu’à son delta (Autriche, Slovaquie, Hongrie, Serbie et Roumanie) puis avec le froid, descente vers Istanbul par la Bulgarie, long séjour de trois mois au soleil de Grèce et fin février, remontée par l’Albanie, la Macédoine, le Kosovo, le Monténégro, la Bosnie, Croatie, Slovénie et Italie) Arrivée à la maison en juillet.

Manu : Au début, on imaginait faire une sorte de 8 : traverser l’Europe continentale, passer par les pays baltes, monter au Cap Nord, descendre par les îles Britanniques, retraverser l’Europe continentale pour rejoindre les côtes méditerranéennes… Véro avait accroché une carte au-dessus de son bureau, les grandes lignes étaient tracées, elle avait collé ensuite plein de mots et d’images positives façon visionboard. Et puis, on a regardé de plus près, imaginer des dates, poser des jalons, mis des Post-It sur la carte. Verdict : ça faisait beaucoup de kilomètres à faire. Trop. L’idée de s’arrêter un an n’était pas vraiment compatible avec un voyage qui se transforme en course contre la montre. Alors il a fallu tout repenser… Et Slowpy est arrivé !
Au début, mon copain Hervé nous a pas mal aidé pour y voir clair dans le choix d’un camping-car et surtout dans la critique de ce qu’il y a sur le marché de l’occasion. Mon père aurait été rassuré qu’on parte avec un véhicule neuf, ou récent. Moi aussi au début, je ne voulais pas me retrouver à faire le tour d’Europe des garagistes donc on a cherché. En bon ingénieur, j’ai fait une grille multicritère pondérée à logarithmes expansés et intégrales exponentielles de nombres complexes (cherchez pas : la deuxième partie ne veut rien dire)… Mais je voyais bien que la belle n’était pas emballée par les résultats de mon ingénieuse analyse pourtant douée des plus beaux atours mathématiques… Elle voulait un vieux truc, qui fasse pas riche-sur-roues, un truc de hippie mais pas punk-à-chien, ni fan-de-Johnny-en-vacances (RIP). Ah !… les critères de ma grille, c’était plutôt l’année de 1ere circulation, la puissance moteur, l’encombrement, le test d’étanchéité, le dernier contrôle technique, le prix, la capacité en eau, le capacité de chargement, une liste à la Prévert… Slowpy n’aurait pas passé les épreuves discriminantes de ma grille… Mais voilà, il faut bien dire que l’argent qu’on ne mettait pas dans le véhicule, on l’avait pour le voyage ; pas d’électronique et ancienne mécanique veut dire réparable partout et il y a un critère que j’avais oublié : le coup de foudre. Slowpy est lent, tant mieux finalement, il est plutôt pas mal agencé, il m’a permis d’oser des trucs en carrosserie que j’aurais jamais fait sinon, on peut se permettre de peindre sur lui, on ne craint pas trop pour lui quand on s’engage sur des pistes… Et en plus maintenant, on a trouvé le truc pour qu’il ne chauffe plus dans les côtes ! Alors Slowpy a effectivement été déterminant pour l’élaboration du circuit : des plaines et des côtes maritimes ! Donc le Danube (super, j’aime ce fleuve mythique qui traverse l’Autriche, pays que j’affectionne particulièrement), la côte de la Mer Noire (wahoo, c’est le Far East !) et les côtes méditerranéennes (idéales pour passer l’hiver au chaud ou en tout cas pas au froid).

Les épisodes suivants :

Episode 2 : le programme, la préparation

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

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Vous avez remarqué ? Il n’y a pas de pub sur notre blog ! Si vous aimez ce qu’on fait, si vous rêvez avec nos mots et nos photos, si on vous apporte un peu de chaleur et de soleil, vous pouvez participer à la cagnotte Leetchi !

23 Fév

La nourriture turque par Noé Bouhier

La nourriture turque par Noé Bouhier

En Turquie, il y a quelque chose qui m’a vraiment plu c’est la nourriture. Je vous fais goûter?
Je vais d’abord vous parler des meilleures sucreries, ensuite je vous ferais découvrir les mets salés, nous finirons par les boissons.

Les sucreries turques

Dans les sucreries, il y a les pâtisseries et les confiseries.

Cuisine turque Dans les pâtisseries, il y a les baklavas. C’est une pâte feuilletée fourrée à la poudre de pistache et au miel, on les trouve souvent dans les bazars, c’est ma pâtisserie préférée.

Cuisine turqueLes profiteroles, c’est des boules de pâte garnies de crème et entourées de chocolat, on les trouve dans les salons de thé.

Cuisine turqueLes lokmas, c’est des beignets sucrés fris dans l’huile, on les trouve auprès des vendeurs de rue.

Cuisine turque
Dans les confiserie il y a les lokum c’est de la pâte gélatineuse couverte de sucre blanc, on les trouve dans les bazars. L’halva, c’est de la pâte composée de crème de sésame, on le trouve dans les pâtisseries.

Turquie Istanbul cuisine turqueLa glace au salep est une spécialité de la pâtisserie Mado et on en a mangé aussi avec Harika sur la rive asiatique d’Istanbul.

 

Les mets salés turcs

Dans les mets salés il y en a à emporter, sur place et au marché.

Turquie istanbul cuisine turque À emporter, il y a les kumpir se sont des grosses patates fourrées, on les trouve à Istanbul près du pont d’Ortakoï c’était mon plat préféré.
Turquie IstanbulLes simits c’est des petits pains aux graines. Les balik ekmek c’est des sandwichs au poisson.

Cuisine turque
Sur place, il y a les mantis, sorte de petits raviolis, servis avec une sauce au yaourt et à l’ ail.

Turquie kesan foieÀ Kesan il y a du foie de veau c’est la spécialité. Les lamakuns c’est des pizzas turques.

Cuisine turqueAu marché, il y a des olives, du fromage et du poisson.

Cuisine turque

Les boissons

Dans les boissons, il y a à boire dans la rue, les boissons conviviales et celles qui accompagnent les repas.

Cuisine turqueÀ boire dans la rue, il y a le jus de grenade, il y a des petits vendeurs qui le pressent à la demande. Le salep, c’est une boisson à la cannelle faite à base de racines d’orchidée. Dans les boissons conviviales il y a le thé turque et le café turque. Qui accompagnent les repas il y a l’ayran c’est du yaourt liquide en guise de boisson. Le raki est un alcool anisé qu’on sert pour le repas .

Turquie

Je trouve que cette nourriture est spéciale, très bonne et raffinée. J’espère que cet article vous a donné envie de goûter la cuisine turque ! Il faut vraiment que vous goûtiez la nourriture turque !

 

Noé Bouhier

 

La cuisine turque.

L’article de notre passage en Turquie.

Participer au voyage.

 

 

 

13 Fév

Istanbul par Joseph Bouhier

Istanbul

Istanbul m’a fasciné… Et puis, que d’histoire ! C’est pourquoi j’ai décidé de partager mes connaissances avec vous. Nous parlerons d’abord de son histoire et de ses nombreux monuments, de sa position géographique et pour finir, ce qu’elle est  devenue aujourd’hui en 2018.

Il faut savoir qu’Istanbul est la seule ville au monde qui est sur 2 continents (l’Europe et l’ Asie). Elle a eu plusieurs noms selon ses occupants : les Grecs l’ont bâtie et l’ont appelée Byzance, les Romains l’ont conquise et l’ont rebaptisée Constantinople et pour finir, les Ottomans l’ont assiégée et ont remporté la bataille mais lui ont laissé son nom. C’est seulement le 28 mars 1930 que la ville devient officiellement Istanbul. Après avoir perdu la deuxième guerre mondiale avec les allemands, Mustapha Kemal Pacha alias Atatürk, installe la république en Turquie et pour marquer un nouveau départ, transfère la capitale à Ankara. Les Romains et les Ottomans ne se font pas oublier, ils ont laissé des monuments : les remparts et Sainte Sophie pour les Romains, les palais (Topkapi, Dolmabache…) et les mosquées (la mosquée bleu…) pour les Ottomans.

 Istanbul est sur une position stratégique : les commerçants voulant passer de l’ Europe à l’ Asie, de la mer Noire à la mer de Marmara sont obligés de passer par Istanbul. En plus, la ville dispose de défenses naturelles (la Corne d’ or et la mer de Marmara).

Mais revenons à notre époque, Erdogan l’actuel président turque à des projets pour Istanbul : construire un deuxième canal reliant la mer Noire et la mer de Marmara (le canal Istanbul), un troisième pont sur le Bosphore, un troisième aéroport et un centre financier international. Plusieurs modes de transport circulent dans Istanbul (bateau, voitures, charrettes à bras…) et il y a beaucoup d’embouteillages. Les bateaux sont utilisés comme des bus par les Stanbuliotes vivant sur la rive est du Bosphore qui travaillent sur la rive ouest, et par les Stanbuliotes vivant sur la rive ouest du Bosphore et qui travaillent sur la rive est.

Cette ville de 15 millions d’ habitants qui s’étend sur 60 kilomètres à l’est du Bosphore et 40 kilomètres à l’ouest du Bosphore est vraiment merveilleuse. Allez-y au moins une fois dans votre vie.

Joseph Bouhier

 

Voir l’article sur notre passage en Turquie. 

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18 Jan

La Turquie par Véro et Manu du 19 novembre au 6 décembre 2017

La Turquie par Véro et Manu du 19 novembre au 6 décembre 2017.

Turquie : Semaines 17, 18 et 19 du périple d’un an en famille à travers l’Europe. Fin de la deuxième partie du périple : les côtes de la Mer Noire.

L’entrée en Turquie (Véro)

Turquie slow and curious famille Bouhier Pillot voyage famille

On est entré en Turquie le 19 novembre par le poste frontière de Malko Tarnovo.
Première découverte : la route est un long ruban noir parfaitement lisse et tracé. Slowpy ne cahote pas et rien ne grelotte à l’intérieur. On est presque silencieux ! Après des mois de nid de poule et de dos d’ânes, je savoure.

Turquie famille bouhier pillot slow and curious Par contre, les routes ont l’air bien surveillées, le code de la route semble s’appliquer ici t il y a même des fausses voitures de police sur les bas-côtés. Il pleut mais on trouve tout beau quand même : le paysage est vallonné et la végétation faite de petits buissons sur une terre ocre. La grosse différence qui saute aux yeux tout de suite : pas de clocher dans les villages mais des minarets !

Turquie
On fait notre première pause à Kirklareli pour retirer des lires et chercher une carte SIM turque pour avoir Internet. La ville est très animée et commerçante. Il y a du monde dans les rues, de nombreux distributeurs d’argent et la queue à chacun et surtout les commerces sont bien achalandés. Sur ce point aussi, ça nous change des dernières semaines passées à traverser des villes balnéaires bulgares un peu fantomatiques à cette saison. Les odeurs des multiples restaurants sont plus qu’alléchantes. On salive devant les vitrines opulentes des pâtisseries. Notre premier durum et nos premiers baklavas nous ravissent ! On sent qu’on va se plaire dans ce pays…
Le soir, on s’arrête bivouaquer à Pinarhisar. Il pleut toujours.

Premières impressions d’Orient

Le 20 novembre matin, pour la première fois, on est réveillés par l’appel à la prière du muezzin. Sous la couette, je savoure la sensation d’être loin, quelque part en Orient, plus vraiment en Europe et pourtant si proche. Après une nuit de pluie, pour changer, il pleut. Mais en plus, il fait froid et venteux. Une petite halte à Vize pour faire l’école dans le camping car réchauffé par quelques kilomètres. Notre objectif est de vite rejoindre Istanbul alors on continue la route. C’est un plaisir pour les yeux. On croise souvent des étals de fruits et légumes colorés, soignés, décorés. Le commerce est tout un art en Turquie. Je m’arrête pour acheter du yaourt de lait de bufflonne dans un beau pot en terre, très doux, huuuum.

Turquie

Découverte de l’hospitalité turque

Manu vise un bivouac dans un parc aux abords d’Istanbul, le parc Sultangazi Belediyesi Kent. On y arrive à la tombée de la nuit et on se rend compte que l’accès est payant. Zut, comment faire, le coin est très urbanisé, on tourne dans le quartier mais on ne voit pas où se poser. Alors en me disant que qui ne demande rien n’a rien, je me décide à aller demander au gardien si on peut entrer dans le parc juste pour la nuit. Il demande à son chef et celui-ci nous escorte personnellement à l’intérieur du parc jusqu’à un autre poste de surveillance. Nous sommes leurs hôtes ! Manu reste une bonne partie de la soirée avec les vigiles et Google Translate. Ils ont plein de questions sur notre voyage, la France et la politique.

[commentaire de Manu] La discussion s’accompagne de thé et moi j’apporte du café, selon eux, le travail en Turquie est très difficile et pas bien payé. Tous les travailleurs du monde aspirent à un minimum de reconnaissance, de conditions de travail dignes et valorisantes. Ils rêvent comme tout le monde, de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir acheter une maison, fonder une famille dans de bonnes conditions, … vivre avec un minimum de bonheur. Surtout, ils veulent rassurer sur leur peuple, ils savent que les occidentaux n’ont pas une très bonne image et que le racisme monte en Europe. Le contact est facile, sincère, ouvert. [fin du commentaire]

Turquie

Le lendemain, le 21, on se réveille avec un rayon de soleil. C’est la première accalmie après trois jours et trois nuits de pluie. Hélas, au moment de partir, on se rend compte que le matelas des garçons est trempé, que la capucine où ils dorment a pris l’eau. Là encore, l’équipe du parc nous sauve : ils nous prêtent un local qui semble être leur salle de prière, plus un radiateur bien puissant pour que nous puissions faire sécher nos affaires ! On en profite pour sortir tous les matelas, tous les draps et couvertures et faire un grand ménage de Slowpy. Quelques heures plus tard, nous voilà prêts à rallier Istanbul. Mais les gardiens nous retiennent pour un thé, deux thés… L’un d’eux offre son sandwich aux garçons…. On échange nos Facebook… Allez, cette fois-ci on y va ! Leur bienveillance et leur hospitalité restera dans nos souvenirs émus.

Turquie

La plongée dans Istanbul

On se jette donc dans Istanbul à l’heure des bouchons, nickel… J’adore le fourmillement, l’empilage kafkaïen des voitures, les manœuvres impossibles, les innombrables commerces, les couleurs, les bruits.

Turquie Istanbul

Tout près du but, un parking en bordure de la mer de Marmara dans le quartier de Sultanahmet, on rate un croisement et nous voilà embarqués dans un dédale de rues pentues farcies de camion de livraison, de charrette à bras et de porteurs. On se retrouve nez à nez avec des camions qui bouchent la rue. Je suis dans le bon sens mais il va falloir faire marche arrière jusqu’au carrefour précédent. Ah ah ah, sept mètres de long à faire passer dans un entonnoir… Heureusement, les gens sont cools et serviables. Après moult manœuvres, on ressort de la souricière. Je jubile intérieurement, moi qui rêve parfois de retourner à Calcutta mais par la terre. 2h30 pour gagner notre bivouac…

Turquie slow and curious
On part de suite découvrir à pied le quartier. Nous découvrons de nuit la Grande Mosquée Bleue et Sainte Sophie. C’est éblouissant et bouleversant de beauté. Avec l’appel du muezzin, on est transportés dans la féérie des Mille et une nuits. Dans l’euphorie, on entre dans un restaurant de poisson fêter notre arrivée ici. C’est la déception du jour. On s’est fait avoir comme des bleus. On compte les miettes et le porte-monnaie souffre. Sultanahmet est très touristique, l’authenticité et la qualité s’en ressentent.

Turquie Istanbul

Ceci étant, il y a des hôtels magnifiques et romantiques à souhait et puis les rabatteurs restent agréables et respectueux.

Istanbul, ville mythique et symbolique, entre orient et occident (Manu)

Mercredi 22 novembre : quartier Galata et bazar Egyptien

Après les maths et les crêpes, on part en exploration d’Istanbul. On marche jusqu’au quartier de Galata avec la mosquée neuve, malheureusement en travaux. La séparation des hommes et des femmes est toujours une chose qui percute nos valeurs d’occidentaux progressistes. On continue par le pont de Galata Köprüsü qui enjambe la corne d’or. Il y a juste le passage pour les bateaux, de part et d’autre ce sont les restaurants qui occupent la surface du dessous du pont.

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Sur le pont, les pêcheurs s’entassent, ils sont à touche-touche, ça semble être la pêche miraculeuse ici ! Mais franchement, vu le trafic sur le Bosphore (l’un des plus important au monde – le dessous des cartes), je doute de l’état sanitaire… La gourmandise et la curiosité sont quand même plus fortes et il y a des sandwichs au poisson (Balik Ekmet) pour 10 lires soit 2 €, ça se tente quand même ! Et c’est très bon. Sur la place à Eminönü, il y a plein de petits vendeurs, on goutera aux beignets Lokma et aux petits pains Simit. Huuummm

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On remonte par le bazar égyptien, on y trouve de tout évidemment, même des sangsues comme produit de beauté ou thérapeutique ! Les échoppes sont vraiment soignées et sont agréables à regarder. Un vendeur de fromage tartinera les Simits des enfants en toute gentillesse et de façon désintéressée.

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Ici, tout le monde goûte avant d’acheter et même si tu n’achètes rien. C’est dans la culture commerçante turque. Voulant goûter du café turc, je découvre plutôt le Salep, boisson préparée avec du lait, du rhizome d’Iris et de la cannelle, succulent ! A côté, il y a LA boutique de café turc : Mehmet Efendi, j’en prends un petit paquet pour goûter.
Sur le chemin du retour, les rabatteurs font leur métier mais c’est fait avec tellement de tact qu’on s’arrête quelque fois, juste pour pou avoir le plaisir de découvrir leurs techniques. Rien à voir avec notre expérience décevante de Marrakech/Arnaquech il y a 3 ans.

Jeudi 23 novembre : Topkapi et pâtisseries

Après les maths, on part visiter le palais de Topkapi. Rien à voir avec Schönbrunn ou l’architecture résidentielle impériale occidentale. Entourés d’une enceinte, le palais est une succession de petits pavillons, ajoutés au harem, qui est finalement la résidence privée et préservée du Sultan, et aux cuisines immenses.

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Alors que dans la culture impériale d’occident, l’intimité du monarque est plus ou moins publique, dans la culture ottomane, l’intimité est secrète totalement. Les faïences chinoises qui changent de couleur si elles sont en contact avec du poison ont impressionné les garçons.

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La petite déception, c’est que la collection du trésor n’était pas accessible et qu’il n’y a pas assez de toilettes pour la fréquentation du lieu… Cette visite complète l’Histoire des conflits impériaux en Europe, on en profite pour en savoir plus sur l’Empire Ottoman.

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Après la visite, on découvre quelques pâtisseries chez Cigden. Un des serveurs fait des tours de magie aux garçons.

Vendredi 24 novembre : le quartier Arménien avec Arax, le Grand bazar, Sainte Sophie et la Mosquée Bleue

Comme à chaque fois qu’on visite une ville, je cherche des contacts via Facebook. Arax a répondu et veut bien nous rencontrer. C’est aujourd’hui que nous nous rencontrons. Elle est Arménienne d’Arménie. Evident, vous allez me dire… Et bien non, car il y a des Arméniens d’Istanbul et vraisemblablement, ils ne parlent pas exactement la même langue.

Turquie Istanbul Arax nous emmène au quartier arménien. C’est nettement plus vivant et authentique que le quartier Sultanahmet : là on est vraiment dans un quartier où les gens vivent : grossistes, petits commerces, porteurs à bras, on se sent mieux ! Joseph se fera couper les cheveux pour 15 lires.

Turquie Istanbul Le verre de jus de fruit frais est ici à 1,5 lires quand il est entre 10 et 15 lires dans les quartiers touristiques. Arax nous invite à boire le thé et le café chez elle. On va ensuite visiter une école arménienne. Les relations sont tendues entre l’Arménie et la Turquie, la frontière est fermée. Cependant le gouvernement ferme les yeux sur ce genre d’école mais il n’y a pas d’équivalence de diplôme. L’école suit le programme arménien et est financée par des fonds privés, hébergée par une église protestante arménienne. Les conditions sont difficiles mais tout le monde a l’air motivé. Les enfants portent l’uniforme qui ressemble plus à des habits du dimanche qu’à d’austères blouses.

Turquie Istanbul Ils nous invitent à manger à leur cantine. Noé, ça lui rappelle des mauvais souvenirs de cantine alors il n’est pas très serein…
Puis vient le temps où on doit se séparer, Arax retourne travailler, elle s’occupe de primo-arrivant dans une organisation qui vient en aide aux migrants, on aurait voulu le faire exprès qu’on y serait pas arrivé !
On continue notre visite d’Istanbul. On part explorer le grand bazar, le plus grand marché couvert du monde (lien vers c’est pas sorcier).

Turquie istanbulLà encore, les boutiques sont soignées, le paradis du commerce !
Ensuite nous visitons Sainte Sophie et la Mosquée Bleue. Sainte Sophie étonne par ses dimensions et son histoire.

Turquie Istanbul La mosquée bleue est magnifique à l’intérieur, dommage qu’il y ait tous ces câbles pour soutenir les luminaires, je trouve que ça gâche la dynamique de l’architecture et que ça enlève de la puissance spirituelle et méditative au lieu.

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A la nuit tombée, le coucher de soleil sur Sainte Sophie et la Mosquée Bleue est magnifique. Ces visites sont l’occasion de chercher le C’est pas sorcier sur l’Islam !

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Samedi 25 novembre : au nord du pont Galata

On se lève tôt pour aller au nord d’Istanbul. On prend le tram puis le bus jusqu’à Ortakoy. Là-bas, il y a le pont qui enjambe le Bosphore et une belle mosquée mais il y a surtout les Kumpir !

Turquie Istanbul Ce sont des patates au four dont on choisit les ingrédients. Ce n’est pas spécialement gouteux mais c’est original et c’est une bonne idée à refaire entre copains !

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On prend le bus pour monter à la place Taksim, la place des manifestations. C’est proche de cette place qu’il y a eu un mouvement de protestation contre un projet immobilier détruisant le parc Gezi. Ce mouvement s’est ensuite transformé en contestation du régime d’Erdogan et a été sévèrement réprimé. Lien. La place est maintenant très surveillée. Elle n’est pas spécialement belle mais elle a une place importante dans la politique turque.

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De cette place on descend par Istiklal Caddesi. Il y a quelques passages à voir et le marché aux poissons dans les rues parallèles. On tombera dans la rue des supporters du Galatasaraï en plein match de foot ! L’ambiance est terrible, les supporters chantent, se répondent, boivent, … Les enfants sont tellement pris par l’ambiance qu’ils s’achètent l’écharpe de supporter du Galatasaraï ! J’ai bien essayé de les négocier mais ça n’a pas marché.

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On descend ensuite par Galip Dede Caddesi. C’est la rue des instruments de musique.

Turquie Istanbul C’est aussi la rue de la Tekke des Derviches Tourneurs. On en profite pour acheter les billets pour dimanche, j’ai trop hâte de voir une cérémonie Derviche.

Turquie Istanbul On croisera une manif de femmes car c’est aujourd’hui la journée internationale pour l’égalité Femme-Homme.
On rentre à pied, on récupère notre linge en passant, une petite blanchisserie en sous-sol qui sent la pisse de chat mais le linge sent bon, le gars est sympa et les prix sont corrects même si c’est un peu plus cher qu’à Belgrade. C’est quand même chouette de retrouver son linge propre et sec sans avoir bouffé une journée à la laverie automatique !

Dimanche 26 Novembre : la rive asiatique.

On se lève tôt encore pour aller en Asie cette fois ! On prend le bus pour prendre le bateau à Eminönü direction Kadikoy….

Turquie Istanbul On a un p’tit doute sur le bateau mais on semble accoster au débarcadère convenu avec Harika, chirurgienne, amie de copains français.

Turquie Istanbul Une très gentille sportive gourmande capable de traverser la ville pour une glace ! Elle nous fait visiter la partie asiatique de la ville. C’est paradoxalement plus occidental ! Les enfants s’étaient imaginés voir des chinois partout, mais non, les gens n’ont pas les yeux bridés sur la rive asiatique d’Istanbul ! L’architecture est moderne, l’urbanisme est plus aéré, la pression touristique est moindre, ça semble plus jeune et moins religieux. On prend un thé dans un jardin à thé face à la mer de Marmara. Harika nous emmène dans un resto où on goûte des spécialités : raviolis fris ou bouillis, avec une petite sauce à l’ail … hummmm. Comme on invite Harika, elle tient à offrir des glaces au salep… Des bonnes glaces énormes, sûr qu’elle connaît les bonnes adresses d’Istanbul !

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On reprend ensuite le bateau pour revenir sur la rive européenne et nous rendre à la cérémonie des Derviches Tourneurs. Dans la file d’attente on fera connaissance avec des Français dont Marie qui voyage malgré son handicap moteur. Sa motivation bougerait des montagnes ! Sûr qu’en fauteuil roulant à Istanbul ça doit être sport ! Ils ont une chouette asso qui œuvre à changer le regard sur le handicap : En Van Simones. On est arrivé tôt, on a plutôt une bonne place pour profiter de la cérémonie.

Turquie Istanbul Il y a du monde même si on est hors-saison. La cérémonie est belle, envoûtante. Ca endort un peu les enfants qui se retrouvent sur nos genoux. Je me verrai bien tourner avec les derviches, ils ont l’air de flotter dans un état de grâce. Il y a même un tout jeune, moins de 15 ans qui fait partie de la Tekke. D’une main ils captent la grâce Divine et de l’autre ils la répandent sur la Terre… Un acte de bonté pure, j’essaie de sentir cette énergie transmise et distribuée…
On sort de là tout calme tout serein… Il est malheureusement trop tard pour remonter la rue pour goûter les profiteroles à l’adresse que nous a conseillée Harika. En même temps, comment dire, on est déjà repus du midi… On redescend et on retraverse le centre-ville à pied jusqu’à notre Slowpy.
A notre retour, les copains du Cargot Voyageur sont là ! C’est chouette de se retrouver ! Michaël achète les moules farcies à un gars qui en vend dans le coffre de sa voiture ouvert sur le parking et moi je prends une collection de simits au vendeur qui s’est installé près du vendeur de moules. On se fera un apéro entre français dehors. Chouette ambiance !

Lundi 27 novembre : journée filles.

Avec Camille, Véro s’offre une journée fille : hammam de luxe, shopping dans les bazars et arrêt pâtisserie.

Turquie Istanbul Pendant ce temps, on s’occupe des enfants. Il y a une aire de jeux juste à côté du parking. On part ensuite pour le quartier Arménien. C’est quand même mieux que le quartier touristique de Sultanhamet. On se prendra des bons kebabs, 1,5 l de jus de fruit frais. Dans la rue, un vendeur de thé nous fait assoir à une de ses tables et nous sert du thé. Au moment de payer, il ne voudra pas qu’on le paie ! L’hospitalité turque, on vous dit !

Turquie Istanbul On retrouve ensuite par hasard les filles dans un de ces restos un peu comme une cantine où on choisit parmi les plats chauds présentés au comptoir. Encore une occasion de goûter à des spécialités turques ! On rentre aux camping-cars pendant que les filles continuent leur journée, c’est l’heure de la sieste pour la petite Gaëlle. On prolongera évidemment la soirée ensemble après le retour des mamans.

Mardi 28 novembre : le tour des papas ! Le grand marché de Kadikoy

Aujourd’hui, c’est le tour des hommes. On va ensemble chez le barbier dans le quartier Arménien. Evidemment le thé sera offert !

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On se prend ensuite un café turc et on discute du voyage, de nos projets… C’est ressourçant de se retrouver entre hommes. On revient tout beaux tous frais à nos femmes ! Tous ensemble, on va sur la rive orientale. A l’aller on prend le métro qui passe sous le Bosphore et au retour le bateau. Il y a là-bas le grand marché de Kadikoy.

Turquie Istanbul On y fait le plein de noix, noisettes, amandes, pistaches, pruneaux, tisanes, fromage et chaussettes. On s’arrête déjeuner à la cantine du marché. Une femme adorable nous prend en charge, organise une tablée pour nous et nous porte un assortiment des différentes galettes préparées et le thé.

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Au retour, sur le bateau, dans la contemplation de la ville, de la mer, des bateaux et des mouettes, Véro a senti son cœur comblé. Quelle chance d’être là et de vivre ce voyage !

Turquie Istanbul Les enfants eux, ont été sidérés d’approcher des mouettes de si près ! Elles viennent chiper en vol le pain lancé par les passagers.
On finira la journée par un repas en commun où Michaël nous cuisinera des champignons huummm.

Turquie Istanbul Un autre couple de français est arrivé sur le parking. Ce sont deux jeunes qui voyagent en nomade avec un Saviem 15 tonnes. Ils nous rejoindront dans la soirée.

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La suite de la Turquie (Véro)

On a définitivement adoré Istanbul ! Douze millions d’habitants et une quiétude incroyable. Les gens sont cools, attentionnés. Les différents bazars donnent l’impression d’être dans un grand village. Côté plaisirs gustatifs, c’est Byzance, c’est le cas de le dire ! On en oublierait presque les monuments visités : palais de Topkapi, mosquée bleue et Sainte Sophie.
On imaginait passer en Grèce tout de suite après Istanbul mais le pays nous plaît tellement qu’on part explorer une langue de terre, lointain souvenir des cours d’histoire : le détroit des Dardanelles.
On entre dans les Dardanelles par les petites routes entre mer et champs d’oliviers. Le temps est doux, le ciel est bleu, ça fait du bien après les grisailles de ces derniers temps.

Une rencontre formidable (Manu)

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Direction donc les Dardanelles. En chemin, on s’arrête sur un belvédère et un groupe de Turcs s’arrête aussi, on discute un peu, ils se prennent en photo avec Slowpy. J’en profite pour leur demander comment on écrit « bonjour » en turc pour pouvoir le rajouter à notre collection.


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TurquiePuis nous entrons dans une région de culture des olives. On voit des gens qui sont en train de récolter. On s’arrête pour prendre le temps de regarder et pour que les enfants enregistrent bien. A notre grande surprise, il y a là la propriétaire, une dame habillée en noir, à l’occidental. Elle parle français !

Turquie Elle nous explique un peu. On essaie les outils. Elle nous propose de venir garer notre camping-car chez elle! Elle habite une belle demeure perchée sur la colline qui domine les champs d’oliviers. Wahou ! Ça ne se refuse pas ! De toute façon, l’hospitalité en Turquie ne se refuse pas !

TurquieOn monte chez elle. Il y a là des amies à elle. Elle s’appelle Nesligül, il y a Sedef, Seda et Suheyla…. Une joyeuse bande de femmes libres, modernes, laïques et progressistes. On accroche bien, on s’entend bien, on parle un peu de politique, on goûte les dernières bouteilles de vin de la production de Nesligül.

TurquieEnfin « on les goûte »… le terme adéquat serait plutôt  « on les boit ! ». Je leur fais goûter la verveine que mon ami Fabien m’a fait parvenir avant le départ.
Finalement, on dormira dans la maison.

TurquieNotre chambre à l’étage nous offrira un superbe panorama au lever du soleil sur la mer de Marmara… 1er décembre, on débutera nos mot d’amour de l’Avent chez Nesligül et du coup, on a préparé aussi des mots pour Nesligül, Sedef, Seda et Suheyla.

TurquieNesligül nous emmène au marché de Sarkoy. Véro y achète un jupe / pantalon comme les femmes de la région. Nesligül nous emmènera dans un resto/cantine où nous gouterons encore d’autres spécialités.

Turquie Le soir ce sera à nous de cuisiner ! On prépare un bœuf bourguignon !
Le jour de repartir, il y a de l’émotion…

Turquie Je peins « Günaydin » sur Slowpy. Nesligül nous couvre de cadeaux : de l’huile d’olive, du vin et des petits mots d’amitié … J’ai pas vraiment envie de partir, j’aimerai rester encore un peu … Vero a les yeux humides quand Nesligül la serre dans les bras… Plus tard, je m’apercevrai que j’ai oublié mon écharpe chez elle, acte manqué certainement pour être encore un peu là-bas ou pour pouvoir se dire qu’on se reverra…

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Bifurcation à Troie

Une amie de Nesligül nous avait fortement recommandé d’aller jusqu’à Troie pour visiter le site. Ça nous fait un détour, mais c’est vrai que c’est quand même l’occasion !

TurquieEn route, on trouvera à refaire le stock de sciure pour nos toilettes sèches auprès d’un atelier de fabrication de bateaux. On traverse à Canakkale.

Turquie En recherchant un bivouac, un jeune homme d’un bar nous invite à boire le thé. On accepte évidemment. Halil est le gérant du bar qui est municipal.

Turquie Il a un message pour les français : « n’ayez pas peur des Turcs ! ». Vraiment le peuple turc est accueillant !
La visite de Troie est l’occasion de lire L’Iliade et l’Odyssée avec les enfants.

Turquie Il ne reste pas grand-chose de la cité mais la visite vaut vraiment le détour, en plus nous aurons la chance de la visiter presque seuls avant l’arrivée des cars de touristes.

Les Dardanelles, rendez-vous avec l’histoire

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On retraverse à Canakkale et on se dirige vers la pointe des Dardanelles. C’est ici qu’a eu lieu une bataille importante pour les Turcs. C’est dans ce détroit qu’ils ont fait échec à l’offensive des Anglais, Français et Australiens lors de la 1ère guerre mondiale. Il y a des cimetières militaires partout. On en visite quelques-uns et évidemment le cimetière français.

TurquieNous ne savions que très peu de choses sur cet épisode de la première guerre mondiale. Cette bataille a été énormément meurtrière pour les forces alliées. Pour les Turcs cette victoire est fondatrice de la Turquie moderne.

Turquie C’est à cette bataille que s’est révélé un officier : un certain Mustapha Kemal qui deviendra plus tard le Républicain laïc Atatürk qui saura faire chuter le Sultanat et opposer une résistance nationale qui évitera à l’Anatolie d’être dépecée comme le reste de l’Empire Ottoman.

TurquieTrès vite, le régime turc a permis aux alliés d’honorer leurs morts et de construire des cimetières militaires. Ici, règne une espèce de fraternité. Atatürk a eu l’intelligence de cultiver une réconciliation avec les Alliés comme ont su le faire la France et l’Allemagne après la seconde guerre mondiale. Ces visites nous montrent encore l’absurdité et la voracité des guerres. J’en profite pour me cultiver sur cette bataille et l’histoire moderne de la Turquie.

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TurquieAprès ces visites et un beau bivouac au cap Sulva, on tente de prendre une route côtière mais c’est rapidement une piste… Ca enthousiasme Véro-la-baroudeuse mais ça inquiète Manu-l’ingénieur…

Turquie Cette piste aura le mérite de nous donner à voir de beaux paysages et de jolis petits villages.

Turquie anzac

Turquie Dardanelles GalipoliAprès une erreur de co-pilotage, on se retrouve sur la grande route mais finalement il valait mieux pour atteindre notre dernière étape turque : Kesan.

Dernière étape turque : Kesan

Harika nous avait conseillé cette étape pour goûter le foie, spécialité de la ville ! On arrive à trouver un parking gratuit près de la mosquée. A force de tourner, on demande à un passant où trouver un resto de foie, grâce à google translate. Il nous accompagnera jusqu’au resto ! Le foie est un régal ! Il est frit mais pas gras.

Turquie kesan foie
On fera ensuite des « petites » courses pour finir nos dernières lires : fromage, pâte chocolatée, halva, jambon mariné (pastirma), pickles, boza… et un petit tour à une pâtisserie pour goûter un de ces gâteaux fabuleux…

Turquie kesan Le lendemain avant de partir, rebelote, on trouvera de belles fourchettes, un grand couteau qui coupe, un service à thé turc, Véro se trouvera une autre jupe/pantalon… et un dernier resto pour goûter les lamacuns avant de partir !

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J’ai eu envie un moment de continuer le voyage en Turquie, jusqu’à Izmir. Mais les copains du ‘Cargot Voyageur, qui avaient prévu d’aller en Cappadoce, ont finalement renoncé à cause de la météo. Et puis ce ne serait pas dans le thème du voyage. Alors je me dis que je reviendrai pour un autre voyage. Moi qui avait un apriori mitigé sur la Turquie avant de venir, me voici sous le charme, presque la boule au ventre de devoir la quitter, une sacrée expérience de voyage !

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Allez, cette fois il faut quitter la Turquie, nous sommes le 6 décembre, direction le poste frontière et Alexandroúpolis en Grèce où les copains du ‘Cargot Voyageur nous attendent !

Fin du périple en Turquie

Voir nos plus belles photos de la Turquie

Relire l’article sur la Bulgarie

Penser à nos étrennes pour 2018

 

 

3 Jan

Les chiens en Roumanie par Noé Bouhier

Les chiens errants en Roumanie

On a rencontré une association pour stériliser les chiens, c’est drôle : ils travaillent  dans un camping-car ! Les chiens errants sont des chiens abandonnés ou nés dans la nature. Il y en a des milliers ! Ils ont tous adapté leur caractère selon là où ils vivent . Certains chiens se sont adaptés à l’homme et ils sont gentils, alors que d’autres sont restés sauvages . Vous pouvez en trouver de toutes les sortes , des gros , des petits , des mignons et des méchants. Maman les appelle les chiens « pourris  » comme dans le livre « chien pourri  » et les chiots les « mini-pourris ». Ils ne s’intéressent qu’à toi pour avoir de la nourriture . on s’amuse à leur donner des noms , comme « labrakel » un mélange de tekel et de labrador. Parfois on a envie de les adopter.

chiens roumanie slow and curious famille bouhier pillot

Tout notre périple en Roumanie

 

27 Déc

La Bulgarie (semaine 16 du voyage) par Manu

Semaine 16 du voyage : la Bulgarie

Un an en famille en voyage à travers l’Europe ! Après avoir longé le Danube et descendu la côte roumaine de la Mer Noire, du 10 au 18 novembre 2017, la famille Bouhier-Pillot longe la côte en Bulgarie !

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

Vendredi 10 novembre Mangalia (Roumanie) – Baltchik (Bulgarie)

Dernières courses en Roumanie pour épuiser nos derniers leïs, dans le lot : un petit bilboquet un peu spécial qui est très apprécié des enfants en Roumanie. Noé y a été initié hier soir au resto par son copain Christian.
Passage à la frontière sans problème, on avait peur de devoir payer une deuxième fois l’amende pour défaut de vignette, étant donné que nous n’avions pas de preuve fiscale de notre acquittement, nous ne savions pas dans quelle poche était arrivée l’argent…

La redevere la Roumanie !
Zdraveï la Bulgarie !

Bulgarie

On retrouve l’écriture cyrillique, comme en Serbie. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Alphabet_cyrillique

Plus on descend et plus on retrouve les couleurs de l’automne dans les arbres, on a l’impression que Slowpy est devenu une machine à remonter le temps !

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Suivant le guide du Petit Futé, on s’arrête au site de Durankulak. Au milieu d’un lac, sur une île, une civilisation ancienne a prospéré dès le Veme millénaire avant JC : les Hamangia.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Culture_de_Hamangia

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Puis nous nous dirigeons vers le cap de Shabla, point le plus à l’est du pays où s’élève le phare le plus vieux et le plus haut de la Bulgarie. Arrivés sur les lieux, ce n’est pas le phare qui nous impressionne, c’est le décor… Une étonnante installation ressemblant fortement aux symboles compagnonniques : compas, équerre, colonnes de styles différents, damiers, et des boules de verre qui doivent certainement jouer avec le soleil mais là … on n’a pas de soleil… Il y a bien un panneau d’explication mais en bulgare. Après quelques recherches, il semblerait que les symboles soient maçonniques et représentent un temple. Étonnant, un temple maçonnique public et à ciel ouvert…

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Direction Baltchik pour trouver un bivouac. Nous traversons une plaine pétrolifère avec des puits et des grosses citernes de stockage qui rythment le paysage.

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On arrive à Baltchik et on trouve un beau bivouac entre la mer et le palais d’été de la reine Marie de Roumanie.

 

Samedi 11 Novembre Baltchik – Varna

On tente de visiter les jardins et le palais d’été mais les prix nous semblent disproportionnés avec le site et la saison (pas beaucoup de plantes en cette saison !), pas possible de visiter le jardin sans les bâtiments malgré 2 prix affichés (rien à voir avec les 5 lev annoncés dans le guide), illico les gens vous orientent vers un parking payant assez cher, pour accéder à l’entrée il faudra traverser 500 m de marchands attrape-touristes et pour couronner le tout les gens qu’on rencontre tirent une tronche de 10 m de long sauf un jeune gardien sympa, souriant qui apporte des explications en anglais mais c’est bien le seul… Bref, c’est un spot touristique détestable. Le contraste nous saute aux yeux avec la chaleur et la bonne humeur des Roumains.

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Donc, impasse sur ce jardin réputé.
On tente alors de trouver les boues thérapeutiques et une source d’eau chaude mais sans succès…

On reprend donc la route, direction Varna.
Arrivés à Varna, on trouve un parking sur le jetée. Pendant que je finis l’article de la semaine 10 (Serbie), Véro et les enfants vont visiter Varna, une ville balnéaire fin 19 eme début 20eme. Ça fait du bien de se retrouver seul et pouvoir se concentrer sur quelque chose plus de 5 minutes !

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Véro a trouvé de l’eau de rose, spécialité bulgare. À leur retour à Slowpy, on cherche un bivouac. On tombe sur un immense parking le long de la mer. Il doit y avoir un monde fou à la belle saison ici. On continue le plus loin qu’on peut et là tadaaaaam on tombe sur ce que cherchait Véro depuis plusieurs jours : une source d’eau chaude populaire ! Elle n’est indiquée ni dans le guide ni sur maps.me mais le flaire légendaire de Véro l’a trouvée ! Une belle piscine ouverte, gratuite, entre 30 et 40°C, légèrement soufrée, sur la plage… bingo ! Il fait déjà nuit mais on y va quand même, c’est trop bon ! On en profitera même pour en prendre dans nos réserves, elle semble potable. La classe, on fera la vaisselle à l’eau chaude !

 

Dimanche 12 Novembre Varna – Kamchia

Allez hop ! Dès le réveil tout le monde à l’eau ! Un bain chaud, dehors, sur la plage, il fait beau, on est pas mal ! Une dame nous explique en allemand qu’un Russe s’occupe de l’entretien annuel de cette piscine et que les habitués participent à hauteur de 2 à 5 lev par mois aux frais d’entretien et que c’est elle qui se charge de collecter l’argent.
Je me permettrais même un bain dans l’eau froide de la Mer Noire.

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Après un gros dej’ et la lecture biblique, on va visiter ensemble la ville de Varna. On y rencontre quelques francophones et un turc très aimable, prés à nous aider à trouver une laverie. C’est une ville agréable qui nous fait penser un peu à Vichy. On sillonne les rues piétonnes jusqu’à la cathédrale orthodoxe et on croisera un petit marché de petits vendeurs : mamies vendant les chaussettes de laine tricotées, petits vendeurs de fruits et légumes, …

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Aprés avoir traversé le grand et beau jardin, on reprend la route direction l’embouchure de la rivière Kamchia. Trés joli spot où le coucher de soleil sera un moment de ressourcement pour Véro. Les gars sont heureux, c’est une grande plage où ils peuvent jouer. Et moi, je me dis que c’est une opportunité à ne pas rater pour un feu de camp ! C’est parti pour une soirée marmite ! Au menu, soupe de légumes au bors.

Bulgarie Slow and Curious famille Bouhier Pillot
Quand tout le monde sera couché et que tout sera nettoyé et rangé, je m’octroierai de délicieuses minutes contemplatives avec le feu, la mer et les étoiles…

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Lundi 13 Novembre Kamchia – Nessebar

On profitera du beau temps et du lieu pour reprendre la gym matinale qu’on a délaissée depuis … ouh laaaa… pour cause de froid. On en profite aussi pour aérer Slowpy et faire un peu de ménage et là on s’aperçoit que la couverture de survie qu’on avait mis sous notre matelas pour se protéger du froid n’est absolument pas respirante… le matelas est tout mouillé… opération sauvetage, du coup on va rester là une bonne partie de la journée , le temps que ça sèche. J’en profite pour bricoler un peu : un nouveau système avec une corde à linge pour éviter que les virages et les bosses continuent de remettre en cause le rangement de nos habits, … Et pour peindre « bonjour » en bulgare sur Slowpy. Les gars auront eu leur journée à la plage tant rêvée !

Bulgarie Slow and Curious famille bouhier pillot

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On remballe tout et on avance. Direction Nessebar.

Le parking à l’entrée de Nessebar est gratuit hors saison. C’est pas un trés beau bivouac mais bien pratique pour la visite. Les enfants, surtout Joseph, se sont pris de passion pour le Monopoly… argh… alors on fait une partie avec eux. Et ce soir c’est eux qui cuisinent ! Noé à l’entrée et Joseph aux pattes !

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Mardi 14 novembre Nessebar – Bourgas

Visite de Nessebar. C’est une ville perchée sur une presqu’ile rocheuse. Passé les complexes touristiques de masse (Sunny Beach… même le nom est énorme !), la vieille ville sur son rocher vaut le détour. Classée au patrimoine de l’Unesco, on y retrouve une architecture traditionnelle de la pèche faite de maison en bois à étage en encorbellement. Nessebar compte aussi pas mal d’églises byzantines… et énormément de boutiques à touristes… Heureusement, nous sommes hors-saison est l’ambiance est paisible.

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Une boutique quand même nous attire l’oeil avec des faïences très jolies et abordables, on en achètera quelques unes. Le commerçant sait y faire : thé offert, proposition d’articles sans en faire des tonnes et respect de la tranquillité… En partant, on achète une guirlande de poissons séchés pour tester.

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Après Nessebar, direction Pomorié. Ville signalée pour ses boues thérapeutiques mais on ne les trouveras pas… Pendant que Véro et les gars vont se promener, je prépare la newsletter pour toi public et je travaille un peu pour Shop&Coop.

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Quand ils reviennent on cherchera encore ces boues mais sans succès. Par contre, on rencontrera un bulgare désirant visiter Slowpy car il souhaite s’équiper d’un camping-car pour aller voir son fils en Allemagne.

On quitte Pomorié pour Bourgas oú on trouvera un bivouac dans le parc prés de la plage. Ce soir je prépare une soupe avec des poissons séchés de Nessebar mais j’ai eu la main lourde avec les épices… ce n’est pas vraiment au goût du reste de l’équipage mais moi j’en ai repris plusieurs fois.

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Mercredi 15 Novembre Bourgas – Ropotamo

La nuit a été venteuse et pluvieuse. Les gars ont fait les maths hier soir, on part donc plus tôt pour la balade. La plage de Bourgas a la particularité d’avoir un sable noir.

Bulgarie bourgas slow and curious famille bouhier pillot

Cette couleur contraste avec la blancheur de l’écume des vagues, les dessins de l’eau dans le sable sont étonnants. Nous marchons sur cette plage jusqu’à atteindre un ponton qui mène à un observatoire.

Bulgarie slow and curious bourgas famille bouhier pillot
Nous revenons à Slowpy par le grand parc qui longe la plage. Un parc très agréable avec des statues, des grandes allées et plein de feuilles d’automne pour s’amuser à faire scruntch scruntch en marchant dedans ! On y croise un homme d’un certain âge, occupé à faire sa muscu avec sa femme, sur les installations dédiées. La conversation s’engage en anglais, il est pasteur évangélique et a pas mal voyagé. Il nous invite au prochain culte mais notre programme nous pousse à avancer avant le froid de l’hiver qui nous talonne depuis Bucarest et qui s’annonce en Bulgarie pour la fin de la semaine… Dans ce parc, on remarquera aussi un monumental mémorial dédié aux combattants anti-fascistes hérité de la période communiste dont le style est reconnaissable.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On réembarque à bord de Slowpy, direction Sozopol, sans les poissons séchés qui puent et qu’on abandonne pour les chats du quartier. Mais avant de quitter Bourgas on tombe sur un marché, on en profite donc pour découvrir les produits locaux : moules de la Mer Noire, saucisson, fromage, …

Bulgarie Slow and curious famille bouhier pillot

Arrivés à Sozopol, on visite cette petite ville qui ressemble à Nessebar mais sans Sunny Beach avant, sans les tonnes de boutiques à touristes. Les remparts de la ville forment une promenade en bord de mer et l’architecture semble plus authentique qu’à Nessebar.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On repart direction de la réserve Ropotamo en longeant la côte pour profiter des beaux paysages de la Mer Noire : plages et falaises. On s’enfonce ensuite dans la forêt de la réserve pour trouver un beau bivouac prometteur. Mais le bivouac qu’on visait n’est pas accessible, on en trouve un autre sur le site thrace de Beglik Tash.

 

Jeudi 16 Novembre Ropotamo – Tsarévo

On fait les maths, ça va mieux pour Noé, je sens qu’un déclic s’est produit. Après l’instruction, balade ! Noé aimerait voir des animaux mais malgré nos conseils et mises en garde, il ne parvient pas à la discrétion requise…

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot
On prend en photo des champignons, on sais jamais ça pourrait servir ultérieurement pour un cours de science.
Le chemin en forêt débouche sur le site de Beglik Tash, un site thrace avec des mégalithes. Une ambiance particulière y régne et le site est assez grand. Il y a des restes de repas et de bougies, est-ce les traces d’un rendez-vous amoureux ? Un délire de jeunes ? Ou des néo-païens tentant de faire survivre un rite fantasmé ? …

Bulgarie slox and curious famille bouhier pillot
Les enfants courrent, jouent, s’inventent des histoires incroyables de chevalier-samouraï-jedi-sorcier, le lieu s’y prête… Bon, on a fait le tour, il est temps de rentrer. On appelle les garçons,… pas de réponse. Un partie de cache-cache s’improvise ? On les cherche… mais on ne les trouve pas… On appelle plus fort. On leur dit de sortir, que ce n’est plus drôle, qu’on ne les fâchera pas, qu’on s’inquiète maintenant… toujours rien… Véro me demande si c’est normal, je réponds que non. Alors je crie pour les appeler, Véro appelle les secours. Je crie, je crie … toujours rien… les images viennent en tête, les plus sordides, les plus tristes, comme si l’esprit se préparait à une émotion-tsunami. Puis, j’ai l’intuition qu’ils sont peut-être à Slowpy. Je pose mon matos vers Véro et je cours vers Slowpy qui est garé à 1,5 km de là. Je crie, je cours et enfin vers la moitié du chemin j’entends leurs petites voix ! Je crie de plus belle, je les vois, je les prends dans mes bras, je leur crie que je les aime, évidemment on pleure tous les 3… On court vers Véro, il faut vite la rassurer. On est réuni tous les 4… enfin… On a eu une sacrée frousse…

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot En fait, les enfants nous avaient perdus de vue. Ils nous avaient appelés mais nous n’avons rien entendu, les mégalithes ont dû faire écran. Ils ont donc eu peur qu’on soit parti sans eux et ils ont couru à Slowpy (1,5 km), arrivés à Slowpy, ne nous voyant pas ils ont rebroussé chemin et c’est là que je les ai retrouvés. On restera longtemps dans les bras, puis tranquille tous les 4 à l’abri dans Slowpy, un peu sonnés. On a parlé de nos émotions, de la manière de gérer une situation de crise, du fait qu’ils ont réussi à faire équipe, Noé par son sang froid et Joseph par ses capacités déductives.
Le temps de digérer ses émotions fortes et on repart se balader.
D’abord prés d’un rocher qui ressemble à un crocodile et qui est un spot de plongée sous-marine, ensuite le long de la plage de Primorsko où les enfants joueront à cache-cache dans les dunes, le débriefing a été efficace, ils n’ont pas l’air traumatisés.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On avance ensuite vers Tsarévo où nous établirons notre bivouac sur la plage. On voit dans les villes et les villages les gens faire leurs stocks de bois dans la rue, l’hiver s’annonce.

Vendredi 17 Novembre Tsarévo – Sinemoret

On fait un petit tour de Tsarévo.
On continue notre route de la côte, alternant falaises et plages, désertes en cette saison.
On trouvera de l’eau à Varvara auprès d’une fontaine mignonne proche de l’église. On tente bien des coucous aux gens mais on a moins de retour qu’en Roumanie.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot
Notre visite de la région continue : Akhtopol et son port, Sinemoret et l’embouchure de la Veleka. Vraissemblablement c’est réputé être le plus bel endroit de la côte. On fait une halte, c’est un espace protégé. On arrive à établir le dialogue avec un homme en anglais qui nous raconte que parfois quand la mer est trop forte, elle bouche l’embouchure, le niveau de la rivière monte et les militaires sont obligés d’intervenir pour dégager le débouché à coup de dynamite. Ça impressionne beaucoup les gars !

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillotLe lieu tient ses promesses, c’est effectivement préservé, il y a des installations pour observer les oiseaux et une digue de sable sépare la rivière de la mer. Nous aurons la chance de voir des hérons et un grand oiseau blanc non identifié.

Bulgarie Slow and curious famille bouhier pillot Les gars ont trouvé là un super coin leur inspirant des histoires fantastiques. Véro aura de quoi se faire une balade ressourçante et moi je prendrai le temps de confectionner un labyrinthe avec du bois trempé !

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On reprend la route pour Rezovo, village le plus au sud de la côte, après c’est la Turquie, d’ailleurs on voit la Turquie ! La rivière Rezovska fait la frontière. Pour accéder à ce village, on traverse une forêt où se dresse des lignes de barbelés. Dans le village on remarque ce qui ressemble à des milices. Ici se joue une guerre, la guerre aux migrants, la guerre aux pauvres, la guerre aux réfugiés. C’est la frontière de l’Union Européenne.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot Depuis quelques jours, on se demandait si on allait pousser jusqu’à Istanbul. Nous sommes si proches et étant gagné de plus en plus par la culture du voyage que je me range à cette idée de Véro : aller à Istanbul.
Mais voilà, ce n’est pas ici que nous passerons : il n’y a pas de pont ! Il faut aller 100km dans les terres pour trouver le premier Poste frontière ! On a même envisagé de prendre un ferry mais il n’y a aucune liaison maritime entre la Bulgarie et la Turquie ! Les antécédents historiques n’ont pas l’air d’être digérés entre les deux pays…
Retour donc sur nos pas jusqu’à Sinemoret. On a tenté un bivouac avant mais il s’est avéré trop hasardeux pour notre Slowpy. La plage de Sinemoret fera notre bivouac, on y trouvera une maison escargot !

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Samedi 18 Novembre Sinemoret – Malko Tarnovo

On reprend la route en direction de Malko Tarnovo, là où on trouve le premier passage frontiére.
Il faut remonter jusqu’à Tsarévo pour être sur la bonne route. C’est une route en forêt et en moyenne montagne. On sent bien qu’elle ne fait pas l’objet d’un effort d’investissements ou de maintenance. Lors d’une pause, Véro discutera avec les gens qui ramassent les nèfles en forêt.
Arrivés à Malko Tarnovo, on dépense nos derniers levs à l’épicerie du coin. Pas grand chose à voir dans cette ville à part de belles maisons dans le quartier riche. On en profite pour aller voir un village dans la région signalé par le guide : Brachlyan.

Bulgarie Slow and Curious Famille Bouhier Pillot Un village où on peut voir l’architecture traditionnelle du coin : des belles petites maisons en bois.
On retourne à Malko Tarnovo pour trouver un bivouac prés des HLM sur la route du poste frontière.

Fin de la Bulgarie (semaine 16)

Voir l’album photos de la Bulgarie

Relire l’article sur la Roumanie

Nous donner un coup de pouce pour le voyage

 

 

27 Déc

La Bulgarie (semaine 16 du voyage) par Manu

Semaine 16 du voyage : la Bulgarie

Un an en famille en voyage à travers l’Europe ! Après avoir longé le Danube et descendu la côte roumaine de la Mer Noire, du 10 au 18 novembre 2017, la famille Bouhier-Pillot longe la côte en Bulgarie !

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Vendredi 10 novembre Mangalia (Roumanie) – Baltchik (Bulgarie)

Dernières courses en Roumanie pour épuiser nos derniers leïs, dans le lot : un petit bilboquet un peu spécial qui est très apprécié des enfants en Roumanie. Noé y a été initié hier soir au resto par son copain Christian.
Passage à la frontière sans problème, on avait peur de devoir payer une deuxième fois l’amende pour défaut de vignette, étant donné que nous n’avions pas de preuve fiscale de notre acquittement, nous ne savions pas dans quelle poche était arrivée l’argent…

La redevere la Roumanie !
Zdraveï la Bulgarie !

Bulgarie

On retrouve l’écriture cyrillique, comme en Serbie. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Alphabet_cyrillique

Plus on descend et plus on retrouve les couleurs de l’automne dans les arbres, on a l’impression que Slowpy est devenu une machine à remonter le temps !

bulgarie

Suivant le guide du Petit Futé, on s’arrête au site de Durankulak. Au milieu d’un lac, sur une île, une civilisation ancienne a prospéré dès le Veme millénaire avant JC : les Hamangia.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Culture_de_Hamangia

Bulgarie

Puis nous nous dirigeons vers le cap de Shabla, point le plus à l’est du pays où s’élève le phare le plus vieux et le plus haut de la Bulgarie. Arrivés sur les lieux, ce n’est pas le phare qui nous impressionne, c’est le décor… Une étonnante installation ressemblant fortement aux symboles compagnonniques : compas, équerre, colonnes de styles différents, damiers, et des boules de verre qui doivent certainement jouer avec le soleil mais là … on n’a pas de soleil… Il y a bien un panneau d’explication mais en bulgare. Après quelques recherches, il semblerait que les symboles soient maçonniques et représentent un temple. Étonnant, un temple maçonnique public et à ciel ouvert…

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Direction Baltchik pour trouver un bivouac. Nous traversons une plaine pétrolifère avec des puits et des grosses citernes de stockage qui rythment le paysage.

Bulgarie

On arrive à Baltchik et on trouve un beau bivouac entre la mer et le palais d’été de la reine Marie de Roumanie.

 

Samedi 11 Novembre Baltchik – Varna

On tente de visiter les jardins et le palais d’été mais les prix nous semblent disproportionnés avec le site et la saison (pas beaucoup de plantes en cette saison !), pas possible de visiter le jardin sans les bâtiments malgré 2 prix affichés (rien à voir avec les 5 lev annoncés dans le guide), illico les gens vous orientent vers un parking payant assez cher, pour accéder à l’entrée il faudra traverser 500 m de marchands attrape-touristes et pour couronner le tout les gens qu’on rencontre tirent une tronche de 10 m de long sauf un jeune gardien sympa, souriant qui apporte des explications en anglais mais c’est bien le seul… Bref, c’est un spot touristique détestable. Le contraste nous saute aux yeux avec la chaleur et la bonne humeur des Roumains.

Bulgarie
Donc, impasse sur ce jardin réputé.
On tente alors de trouver les boues thérapeutiques et une source d’eau chaude mais sans succès…

On reprend donc la route, direction Varna.
Arrivés à Varna, on trouve un parking sur le jetée. Pendant que je finis l’article de la semaine 10 (Serbie), Véro et les enfants vont visiter Varna, une ville balnéaire fin 19 eme début 20eme. Ça fait du bien de se retrouver seul et pouvoir se concentrer sur quelque chose plus de 5 minutes !

Bulgarie

Véro a trouvé de l’eau de rose, spécialité bulgare. À leur retour à Slowpy, on cherche un bivouac. On tombe sur un immense parking le long de la mer. Il doit y avoir un monde fou à la belle saison ici. On continue le plus loin qu’on peut et là tadaaaaam on tombe sur ce que cherchait Véro depuis plusieurs jours : une source d’eau chaude populaire ! Elle n’est indiquée ni dans le guide ni sur maps.me mais le flaire légendaire de Véro l’a trouvée ! Une belle piscine ouverte, gratuite, entre 30 et 40°C, légèrement soufrée, sur la plage… bingo ! Il fait déjà nuit mais on y va quand même, c’est trop bon ! On en profitera même pour en prendre dans nos réserves, elle semble potable. La classe, on fera la vaisselle à l’eau chaude !

 

Dimanche 12 Novembre Varna – Kamchia

Allez hop ! Dès le réveil tout le monde à l’eau ! Un bain chaud, dehors, sur la plage, il fait beau, on est pas mal ! Une dame nous explique en allemand qu’un Russe s’occupe de l’entretien annuel de cette piscine et que les habitués participent à hauteur de 2 à 5 lev par mois aux frais d’entretien et que c’est elle qui se charge de collecter l’argent.
Je me permettrais même un bain dans l’eau froide de la Mer Noire.

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Après un gros dej’ et la lecture biblique, on va visiter ensemble la ville de Varna. On y rencontre quelques francophones et un turc très aimable, prés à nous aider à trouver une laverie. C’est une ville agréable qui nous fait penser un peu à Vichy. On sillonne les rues piétonnes jusqu’à la cathédrale orthodoxe et on croisera un petit marché de petits vendeurs : mamies vendant les chaussettes de laine tricotées, petits vendeurs de fruits et légumes, …

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Aprés avoir traversé le grand et beau jardin, on reprend la route direction l’embouchure de la rivière Kamchia. Trés joli spot où le coucher de soleil sera un moment de ressourcement pour Véro. Les gars sont heureux, c’est une grande plage où ils peuvent jouer. Et moi, je me dis que c’est une opportunité à ne pas rater pour un feu de camp ! C’est parti pour une soirée marmite ! Au menu, soupe de légumes au bors.

Bulgarie Slow and Curious famille Bouhier Pillot
Quand tout le monde sera couché et que tout sera nettoyé et rangé, je m’octroierai de délicieuses minutes contemplatives avec le feu, la mer et les étoiles…

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Lundi 13 Novembre Kamchia – Nessebar

On profitera du beau temps et du lieu pour reprendre la gym matinale qu’on a délaissée depuis … ouh laaaa… pour cause de froid. On en profite aussi pour aérer Slowpy et faire un peu de ménage et là on s’aperçoit que la couverture de survie qu’on avait mis sous notre matelas pour se protéger du froid n’est absolument pas respirante… le matelas est tout mouillé… opération sauvetage, du coup on va rester là une bonne partie de la journée , le temps que ça sèche. J’en profite pour bricoler un peu : un nouveau système avec une corde à linge pour éviter que les virages et les bosses continuent de remettre en cause le rangement de nos habits, … Et pour peindre « bonjour » en bulgare sur Slowpy. Les gars auront eu leur journée à la plage tant rêvée !

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Bulgarie Slow and Curious famille Bouhier Pillot

On remballe tout et on avance. Direction Nessebar.

Le parking à l’entrée de Nessebar est gratuit hors saison. C’est pas un trés beau bivouac mais bien pratique pour la visite. Les enfants, surtout Joseph, se sont pris de passion pour le Monopoly… argh… alors on fait une partie avec eux. Et ce soir c’est eux qui cuisinent ! Noé à l’entrée et Joseph aux pattes !

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Mardi 14 novembre Nessebar – Bourgas

Visite de Nessebar. C’est une ville perchée sur une presqu’ile rocheuse. Passé les complexes touristiques de masse (Sunny Beach… même le nom est énorme !), la vieille ville sur son rocher vaut le détour. Classée au patrimoine de l’Unesco, on y retrouve une architecture traditionnelle de la pèche faite de maison en bois à étage en encorbellement. Nessebar compte aussi pas mal d’églises byzantines… et énormément de boutiques à touristes… Heureusement, nous sommes hors-saison est l’ambiance est paisible.

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Une boutique quand même nous attire l’oeil avec des faïences très jolies et abordables, on en achètera quelques unes. Le commerçant sait y faire : thé offert, proposition d’articles sans en faire des tonnes et respect de la tranquillité… En partant, on achète une guirlande de poissons séchés pour tester.

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Après Nessebar, direction Pomorié. Ville signalée pour ses boues thérapeutiques mais on ne les trouveras pas… Pendant que Véro et les gars vont se promener, je prépare la newsletter pour toi public et je travaille un peu pour Shop&Coop.

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Quand ils reviennent on cherchera encore ces boues mais sans succès. Par contre, on rencontrera un bulgare désirant visiter Slowpy car il souhaite s’équiper d’un camping-car pour aller voir son fils en Allemagne.

On quitte Pomorié pour Bourgas oú on trouvera un bivouac dans le parc prés de la plage. Ce soir je prépare une soupe avec des poissons séchés de Nessebar mais j’ai eu la main lourde avec les épices… ce n’est pas vraiment au goût du reste de l’équipage mais moi j’en ai repris plusieurs fois.

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Mercredi 15 Novembre Bourgas – Ropotamo

La nuit a été venteuse et pluvieuse. Les gars ont fait les maths hier soir, on part donc plus tôt pour la balade. La plage de Bourgas a la particularité d’avoir un sable noir.

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Cette couleur contraste avec la blancheur de l’écume des vagues, les dessins de l’eau dans le sable sont étonnants. Nous marchons sur cette plage jusqu’à atteindre un ponton qui mène à un observatoire.

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Nous revenons à Slowpy par le grand parc qui longe la plage. Un parc très agréable avec des statues, des grandes allées et plein de feuilles d’automne pour s’amuser à faire scruntch scruntch en marchant dedans ! On y croise un homme d’un certain âge, occupé à faire sa muscu avec sa femme, sur les installations dédiées. La conversation s’engage en anglais, il est pasteur évangélique et a pas mal voyagé. Il nous invite au prochain culte mais notre programme nous pousse à avancer avant le froid de l’hiver qui nous talonne depuis Bucarest et qui s’annonce en Bulgarie pour la fin de la semaine… Dans ce parc, on remarquera aussi un monumental mémorial dédié aux combattants anti-fascistes hérité de la période communiste dont le style est reconnaissable.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On réembarque à bord de Slowpy, direction Sozopol, sans les poissons séchés qui puent et qu’on abandonne pour les chats du quartier. Mais avant de quitter Bourgas on tombe sur un marché, on en profite donc pour découvrir les produits locaux : moules de la Mer Noire, saucisson, fromage, …

Bulgarie Slow and curious famille bouhier pillot

Arrivés à Sozopol, on visite cette petite ville qui ressemble à Nessebar mais sans Sunny Beach avant, sans les tonnes de boutiques à touristes. Les remparts de la ville forment une promenade en bord de mer et l’architecture semble plus authentique qu’à Nessebar.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot

On repart direction de la réserve Ropotamo en longeant la côte pour profiter des beaux paysages de la Mer Noire : plages et falaises. On s’enfonce ensuite dans la forêt de la réserve pour trouver un beau bivouac prometteur. Mais le bivouac qu’on visait n’est pas accessible, on en trouve un autre sur le site thrace de Beglik Tash.

 

Jeudi 16 Novembre Ropotamo – Tsarévo

On fait les maths, ça va mieux pour Noé, je sens qu’un déclic s’est produit. Après l’instruction, balade ! Noé aimerait voir des animaux mais malgré nos conseils et mises en garde, il ne parvient pas à la discrétion requise…

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot
On prend en photo des champignons, on sais jamais ça pourrait servir ultérieurement pour un cours de science.
Le chemin en forêt débouche sur le site de Beglik Tash, un site thrace avec des mégalithes. Une ambiance particulière y régne et le site est assez grand. Il y a des restes de repas et de bougies, est-ce les traces d’un rendez-vous amoureux ? Un délire de jeunes ? Ou des néo-païens tentant de faire survivre un rite fantasmé ? …

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Les enfants courrent, jouent, s’inventent des histoires incroyables de chevalier-samouraï-jedi-sorcier, le lieu s’y prête… Bon, on a fait le tour, il est temps de rentrer. On appelle les garçons,… pas de réponse. Un partie de cache-cache s’improvise ? On les cherche… mais on ne les trouve pas… On appelle plus fort. On leur dit de sortir, que ce n’est plus drôle, qu’on ne les fâchera pas, qu’on s’inquiète maintenant… toujours rien… Véro me demande si c’est normal, je réponds que non. Alors je crie pour les appeler, Véro appelle les secours. Je crie, je crie … toujours rien… les images viennent en tête, les plus sordides, les plus tristes, comme si l’esprit se préparait à une émotion-tsunami. Puis, j’ai l’intuition qu’ils sont peut-être à Slowpy. Je pose mon matos vers Véro et je cours vers Slowpy qui est garé à 1,5 km de là. Je crie, je cours et enfin vers la moitié du chemin j’entends leurs petites voix ! Je crie de plus belle, je les vois, je les prends dans mes bras, je leur crie que je les aime, évidemment on pleure tous les 3… On court vers Véro, il faut vite la rassurer. On est réuni tous les 4… enfin… On a eu une sacrée frousse…

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot En fait, les enfants nous avaient perdus de vue. Ils nous avaient appelés mais nous n’avons rien entendu, les mégalithes ont dû faire écran. Ils ont donc eu peur qu’on soit parti sans eux et ils ont couru à Slowpy (1,5 km), arrivés à Slowpy, ne nous voyant pas ils ont rebroussé chemin et c’est là que je les ai retrouvés. On restera longtemps dans les bras, puis tranquille tous les 4 à l’abri dans Slowpy, un peu sonnés. On a parlé de nos émotions, de la manière de gérer une situation de crise, du fait qu’ils ont réussi à faire équipe, Noé par son sang froid et Joseph par ses capacités déductives.
Le temps de digérer ses émotions fortes et on repart se balader.
D’abord prés d’un rocher qui ressemble à un crocodile et qui est un spot de plongée sous-marine, ensuite le long de la plage de Primorsko où les enfants joueront à cache-cache dans les dunes, le débriefing a été efficace, ils n’ont pas l’air traumatisés.

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On avance ensuite vers Tsarévo où nous établirons notre bivouac sur la plage. On voit dans les villes et les villages les gens faire leurs stocks de bois dans la rue, l’hiver s’annonce.

Vendredi 17 Novembre Tsarévo – Sinemoret

On fait un petit tour de Tsarévo.
On continue notre route de la côte, alternant falaises et plages, désertes en cette saison.
On trouvera de l’eau à Varvara auprès d’une fontaine mignonne proche de l’église. On tente bien des coucous aux gens mais on a moins de retour qu’en Roumanie.

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillot
Notre visite de la région continue : Akhtopol et son port, Sinemoret et l’embouchure de la Veleka. Vraissemblablement c’est réputé être le plus bel endroit de la côte. On fait une halte, c’est un espace protégé. On arrive à établir le dialogue avec un homme en anglais qui nous raconte que parfois quand la mer est trop forte, elle bouche l’embouchure, le niveau de la rivière monte et les militaires sont obligés d’intervenir pour dégager le débouché à coup de dynamite. Ça impressionne beaucoup les gars !

Bulgarie slow and curious famille bouhier pillotLe lieu tient ses promesses, c’est effectivement préservé, il y a des installations pour observer les oiseaux et une digue de sable sépare la rivière de la mer. Nous aurons la chance de voir des hérons et un grand oiseau blanc non identifié.

Bulgarie Slow and curious famille bouhier pillot Les gars ont trouvé là un super coin leur inspirant des histoires fantastiques. Véro aura de quoi se faire une balade ressourçante et moi je prendrai le temps de confectionner un labyrinthe avec du bois trempé !

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On reprend la route pour Rezovo, village le plus au sud de la côte, après c’est la Turquie, d’ailleurs on voit la Turquie ! La rivière Rezovska fait la frontière. Pour accéder à ce village, on traverse une forêt où se dresse des lignes de barbelés. Dans le village on remarque ce qui ressemble à des milices. Ici se joue une guerre, la guerre aux migrants, la guerre aux pauvres, la guerre aux réfugiés. C’est la frontière de l’Union Européenne.

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Mais voilà, ce n’est pas ici que nous passerons : il n’y a pas de pont ! Il faut aller 100km dans les terres pour trouver le premier Poste frontière ! On a même envisagé de prendre un ferry mais il n’y a aucune liaison maritime entre la Bulgarie et la Turquie ! Les antécédents historiques n’ont pas l’air d’être digérés entre les deux pays…
Retour donc sur nos pas jusqu’à Sinemoret. On a tenté un bivouac avant mais il s’est avéré trop hasardeux pour notre Slowpy. La plage de Sinemoret fera notre bivouac, on y trouvera une maison escargot !

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Samedi 18 Novembre Sinemoret – Malko Tarnovo

On reprend la route en direction de Malko Tarnovo, là où on trouve le premier passage frontiére.
Il faut remonter jusqu’à Tsarévo pour être sur la bonne route. C’est une route en forêt et en moyenne montagne. On sent bien qu’elle ne fait pas l’objet d’un effort d’investissements ou de maintenance. Lors d’une pause, Véro discutera avec les gens qui ramassent les nèfles en forêt.
Arrivés à Malko Tarnovo, on dépense nos derniers levs à l’épicerie du coin. Pas grand chose à voir dans cette ville à part de belles maisons dans le quartier riche. On en profite pour aller voir un village dans la région signalé par le guide : Brachlyan.

Bulgarie Slow and Curious Famille Bouhier Pillot Un village où on peut voir l’architecture traditionnelle du coin : des belles petites maisons en bois.
On retourne à Malko Tarnovo pour trouver un bivouac prés des HLM sur la route du poste frontière.

Fin de la Bulgarie (semaine 16)

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