6 mois ! Episode 2

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3 Mar

6 mois ! Episode 2

6 mois ! Episode 2

Le 30 janvier, on a eu six mois ! Six mois qu’on a quitté maison, amis, famille, travail, école, activités, douche chaude et Saint Nectaire. Six mois qu’on voyage à travers le continent.
Pour ce bilan, on a reçu toutes vos questions !
Alors, on va essayer de vous répondre honnêtement.

Dans cet épisode 2 :

  • Avez-vous fait tout le programme de votre voyage ? Comment choisit-on le temps passé dans chaque endroit pour rester dans les temps prévus à la base ?
  • Comment vous êtes-vous préparés au départ ?

C’est parti !

« Avez-vous fait tout le programme de votre voyage ? Comment choisit-on le temps passé dans chaque endroit pour rester dans les temps prévus à la base ? »

Véro : Sur ce point-là, j’ai un outil très pratique : mon ingénieur de mari ! Il avait judicieusement défini les repères géographiques à franchir par rapport au défilement des saisons. Ça n’est jamais facile de savoir si on reste là où on est une nuit ou deux ou trois parce qu’il faut aussi avancer. C’est un tiraillement récurrent. Jusqu’à la mer Noire, on a avancé sans trop traîner parce qu’on sentait le froid arriver. En Grèce en ce moment, on fait beaucoup plus souvent des toutes petites étapes et on reste plus facilement posés deux ou trois nuits de suite sur une belle plage. Puis la bougeotte nous reprend !
Nous n’avions pas de programme très précis. Nous lisons les guides de voyage au fur et à mesure. Et nous recevons plein de suggestions de visites et de lieux à travers les rencontres avec d’autres voyageurs ou la lecture de blogs et pages Facebook. Et nous fonctionnons beaucoup au feeling, ce qui nous vaut quelques belles pistes et des virages que nous n’oublierons pas 😉 Sans oublier la boussole que nous utilisons pour se trouver des bivouacs avec soleil levant pour vite se réchauffer le matin (le top étant le bivouac avec coucher ET lever de soleil)
Nous avons eu un gros coup de cœur pour la Turquie et nous y sommes restés plus longtemps que prévu. On est allés explorer le détroit des Dardanelles qui nous intriguait sur la carte.
En ce moment, on est dans le Péloponnèse. C’est magnifique mais là on vient de visiter un Magne particulièrement désertique et vide d’habitants si bien qu’on a envie de tracer à nouveau, direction Kalamata pour nos diverses réparations puis direction Patras pour le carnaval.
C’est chouette de faire en fonction des ressentis, de l’humeur des troupes et de la météo !

Manu : Alors là, franchement j’ai tout délégué à Véro ! Non seulement parce qu’elle est diplômée dans le tourisme et qu’elle adore éplucher les guides de voyage. Plein de copains nous en ont prêté avant de partir (merci à eux) et on a acheté ceux qui nous manquaient. Mais aussi parce que j’avais déjà fort à faire pour organiser le largage de mes amarres autant professionnelles qu’associatives. J’avais juste deux ou trois exigences : aller voir la famille Heidecker en Autriche, revoir Vienne et passer par des capitales.
Au début, j’avais souhaité continuer avoir une activité lucrative pendant le voyage. La perspective de vivre complétement sur les réserves amassées depuis tant d’années m’était particulièrement difficile. C’était pour les coups durs ou les études des petits, pas pour un voyage… Alors j’avais imaginé qu’on fasse un e-boutique pour vendre en ligne les produits d’artisanat découverts pendant le voyage en faisant des stations de 15 jours. Mais quand j’ai vu le temps nécessaire avec une autre aventure de e-boutique, ça ne marchait pas avec le voyage. Donc abandon de ce projet.
Pour établir un programme, il faut d’abord poser des jalons. Ce qui influe beaucoup, c’est la date de départ. En partant fin juillet, on réduit le temps disponible avant les mois froids. 1er jalon : être à Noël en Grêce (passer l’hiver au chaud). A partir de ce repère, on définit à la louche une période pour des étapes intermédiaires mois par mois. Ensuite, chaque week end, on planifie la semaine suivante. Ce qui a influencé le temps passé à chaque endroit, c’est la météo, les rencontres, notre état physique et notre état d’esprit, la beauté ou non des lieux, les recommandations …

« Comment vous êtes-vous préparés au départ ? »

Véro : Je dirais qu’il y a trois plans de préparations: administratif, matériel et affectif.
Pour les deux premiers, un peu de bon sens et de lecture de blogs avisés font l’affaire. Les gros morceaux, c’est faire sa lettre au travail pour dire « au revoir Président », écrire à l’inspecteur d’académie pour lui dire qu’on va se débrouiller nous-même pour l’école, acheter le véhicule de ses rêves avec le moins d’argent possible pour en avoir encore pour le voyage, acheter les guides de voyage (d’occasion à Emmaüs, ça marche !) ou se les faire prêter (c’est fou tous les copains qui voyagent !!) Savoir aussi ce qu’on va faire de la maison. On a reçu deux « oui » qui ont été comme des feux verts dans nos têtes : notre maison est habitée par notre amie Belge Nadine. On lui confiait déjà la maison à chaque fois qu’on partait en vacances depuis quelques années. Au fur et à mesure, son rêve de s’installer en France a grandi. On lui a tout naturellement proposé de tester sur une longue durée. Et jeune retraitée, elle a sauté le pas de mettre en location son appartement bruxellois et de quitter tous ses repères pour vivre chez nous. J’en suis encore toute épatée. Le deuxième « oui », c’est celui de Jean-Marie. Il s’était installé dans notre gîte quelques mois auparavant et nous annoncé un beau jour qu’il était ok pour rester jusqu’à notre retour. Ces deux-là sont nos ange-gardiens, on a une immense gratitude à les avoir dans notre vie ! Les deux maisons vivent, chat et poules sont bichonnés, notre courrier est relevé et on peut continuer à rembourser notre emprunt.
Manu me rappelle qu’il avait aussi fait un rétro-planning des tâches à effectuer mois par mois et un WBS à J-26 avec check-list et planning. Le genre de truc que je ne sais absolument pas faire et qui nous avait déjà permis d’organiser notre mariage presque les doigts dans le nez.
Mais revenons-en à la préparation affective : pour partir en juillet 2017, je dirais qu’on a commencé à être brassés en janvier. Je m’imaginais (oui, j’ai une imagination débordante et galopante) qu’on allait passer des heures à bouquiner ensemble, à réfléchir ensemble, à rêver ensemble yeux dans les yeux… Ah ah ah, mes espoirs de symbiose fusionnelle en ont pris un coup ! Pour lui, les six mois pré-départ, ont consisté en un impressionnant marathon fait d’épreuves pour se désengager de tout ou presque de ce dans quoi il était (sur)engagé en dehors de son travail. Des journées au travail et des nuits à préparer son évasion pendant que je ramais à porter le reste (enfants, courses, maison…) J’ai même cru que j’allais finir par partir toute seule tellement il avait l’air pris dans une toile d’araignée. A cette époque, je rêvais tous les jours de pouvoir mettre tout le monde dans Slowpy et de partir dans l’instant ! Je culpabilisais aussi d’avoir des coups de déprime alors qu’on se préparait pour une aventure dont beaucoup rêvent. Restée à peu près centrée sur ce qui compte pour moi m’a sauvée. J’ai pris le temps d’appeler et de voir les copines de mon cœur, sensation de faire le plein pour un an, plus un peu plus de yoga et de balade, l’écriture… Je suis aussi partie une semaine pour jeûner et randonner. J’avais fait du tri à la maison, désencombré, c’était mon tour de me nettoyer et me détacher. Avec du recul, je me dis qu’à cette étape de la préparation, il est utile de clarifier ses intentions, ses envies, sa vision du voyage. Par exemple, lui il imaginait tenir une eboutique d’artisanat local trouvé en route, continuer à faire vivre sa première eboutique Shop&Coop tout en participant à distance à la vie de l’Atelier Logement Solidaire et bien sûr en profitant à 200% du voyage, en tenant le blog et la page Facebook. Et moi, j’aspirais juste à vivre tous les quatre un autre rythme, découvrir l’Europe, passer du bon temps, écrire pour le blog. Ses idées correspondent à un besoin et mon besoin est différent même si nous avons des aspirations communes. Si on n’en parle pas, il y a des chances que ça pète au bout de quelques kilomètres non ? Heureusement, depuis la naissance des garçons, on a acquis quelques compétences de communication positive et bienveillante qui nous sauvent régulièrement.

Manu : Comme expliqué plus haut, je me suis reposé sur Véro pour préparer ce projet. L’important au début c’est de visualiser, prendre une carte et imaginer des parcours, se voir en situation, … Voir le visionboard de Véro tous les jours me motivait et m’encourageait dans les changements que j’avais à opérer. J’ai utilisé quelques outils de conception de projet pour ce voyage. Dans un premier temps on a donc échangé sur nos attentes, nos visions, une sorte de cahier des charges fonctionnel. Ensuite, il y a eu une longue période sur le choix du camping-car et sa préparation. En même temps, j’ai dû trouver un autre président pour l’association, modifier la structure pour lui éviter toutes mes responsabilités, recruter une directrice (rigolo quand on a jamais été directeur soit même…), finir l’accompagnement de mon apprenti au travail, préparer le passage de témoin à celui qui reprenait les travaux de l’aéroport… Et faire la révolution culturelle dans ma tête, pour cela j’ai pu bénéficier de rencontres régulières avec un coach du changement. Doucement mais sûrement, ça m’a permis d’avoir des temps de respiration pour réfléchir à tout ça. Enfin, pour être sûr de partir à la bonne date, histoire de ne pas être tentés par un petit glissement de planning (très pratiqué dans ma profession), on a convié copains et famille pour nous dire au revoir et faire une grosse fête. A ce moment-là, comme il ne fallait pas se louper et que j’avais réussi à me rendre disponible, j’ai sorti les outils de gestion de projet pour que tout soit fin prêt…
Au final, il a juste fallu faire demi-tour le jour du départ parce que j’avais oublié mon portable à la maison… J’adore qu’un plan se déroule sans accroc…

Les autres épisodes de la série :

Episode 1 : l’idée, le parcours

Episode 3 : est-ce qu’on pense au retour ? Le chargement du camping-car

Episode 4 : comment se passe l’école en voyage ? Avez vous une journée type ?

Episode 5 : les enfants profitent ? sont-ils les plus heureux du monde ? Est-ce que les copains et la famille leurs manquent ? les cheveux de Noé, la vie nomade.

Episode 6 : Comment c’est les enfants en espace réduit ? le couple 24h/24 ensemble ?

Episode 7 : est ce que notre vision de la vie a changé ? Est-ce qu’on conseillerait ce voyage ? Est-ce qu’il nous manque quelque chose de français ?

Episode 8 : Notre plus gros coup de foudre ? plus grande émotion ? plus belle colère ? plus belle galère ?  image la plus colorée ?

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Vous avez remarqué ? Il n’y a pas de pub sur notre blog ! Si vous aimez ce qu’on fait, si vous rêvez avec nos mots et nos photos, si on vous apporte un peu de chaleur et de soleil, vous pouvez participer à la cagnotte Leetchi !

 

5 Comments

  1. Bonsoir,
    Merci de me faire partager votre voyage et ces articles sur votre blog. Je vous suis depuis peu de temps après votre départ. Votre voyage et votre façon de le vivre m’inspire beaucoup. J’ai moi-même un projet de tour d’Europe en camping-car, en solo, avec mon fils de 12 ans. Je me sens comme Manu ces temps-ci, prisonnière de tout ce qui m’attache et me retient à mon quotidien, à la vie matérielle et professionnelle, à mes responsabilités familiales… Ces deux derniers jours, je suis dans une période de doute. Vous lire me rassure sur la faisabilité de mon projet, vous me donnez le sourire, vos photos et petis com sur FB me motivent ! Je vous souhaite une bonne suite. Amitiés. Valérie.

    1. N’hésitez pas à nous poser des questions si besoin ! C’est un beau projet, il ne faut pas le lâcher et les « sacrifices » sociaux en valent la peine !

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