Mois : avril 2018

26 Avr

L’Albanie (sud) Du 5 au 17 mars 2018 par Véro

Le sud de l’ Albanie.

Un an de voyage en famille en camping-car à travers l’Europe ! En mars, 8éme mois du périple, la famille Bouhier-Pillot quitte la Grèce qui les a protégés de l’hiver, pour partir à la découverte du monde compliqué des Balkans… On commence par le sud de l’ Albanie.

Lundi 5 mars « Albanie, Albanie, pays de rêve, … » ( sketch des Inconnus)

AlbanieNous passons la frontière vers 15h en provenance de Ioannina en Grèce. On fait notre photo rituelle devant un grand panneau avec la carte d’ Albanie. Ça nous fait tout bizarre d’être là : ça fait trois mois qu’on n’a plus passé de frontière avec notre long séjour hivernal de trois mois en Grèce.


Nous roulons 30km pour atteindre Girokastra où nous voulons retirer de l’argent et acheter une carte SIM. La route est pour l’instant meilleure que ce qu’on imaginait. En revanche, nous longeons une rivière, le Drin, qui draine des kilos de déchets, des tonnes même… Les arbres servent de filtre. La plaine ressemble à une déchèterie à ciel ouvert. Gravas et ordures s’y mélangent. On dirait que tout ça est régulièrement brassé par des pelleteuses. C’est choquant, vraiment. Pas juste une petite décharge sauvage comme on en voit régulièrement depuis la Roumanie. Là c’est des kilomètres de honte. Comment est-ce possible ? La configuration géographique ne doit rien arranger : on est dans une plaine entre deux barres de montagnes : effet de couloir pour les vents ?

Je crois que j’ai passé la soirée à ruminer, à demander pardon à la Terre pour ce que nous humains lui faisons subir et à me demander si chez nous c’est mieux ou pire. La seule solution est de ne pas produire de déchets. Je pense très fort à Harmonie, ma copine qui a changé beaucoup de choses dans son quotidien et qui ne produit presque plus de déchets. Il faut qu’on arrête de se complaire dans notre petit confort et qu’on en fasse autant.

De ces premiers kilomètres, Joseph retient que toutes les maisons ont l’air en chantier. En fait, les maisons se construisent au fur et à mesure qu’il faut de la place pour une nouvelle génération donc on laisse dépasser les fers à béton sur les toits pour pouvoir agrandir. Nous nous baladons entre deux averses vers la forteresse de Girokastra. Je me demande encore comment Slowpy a atteint le parking : on s’est retrouvés engagés dans une rue ultra pentue avec des pavés glissants et des balcons bien bas…. je n’étais pas fière au volant. J’ai vu arriver le moment où j’allais redescendre/glisser en marche arrière…. Autour de nous, il y a des maisons tout en pierre, même le toit. Beaucoup sont à moitié en ruine. Girokastra Manu a mal au dos (effet frontière ?) alors nous n’insistons pas. Un vieil homme a voulu nous servir de guide pour quelques lekés. Il nous a dit être professeur de français à la retraite. On dirait qu’il a eu un AVC, une partie de son visage et de son corps semble paralysée. A supposer qu’il ait une retraite, elle ne doit pas être bien grosse pour qu’il essaye encore de grappiller quelques euros.Girokastra
Nous nous garons pour la nuit près d’un petit lac assez sympa juste à la sortie de Girokastra. On dirait qu’il n’y a pas de déchets. Ouf, il n’y en a pas partout !!

Mardi 6 mars A la rencontre de l’oeil bleu…

Il a plu toute la nuit et il pleut encore… A la première accalmie, les garçons et moi partons explorer les bords du lac. Il y a un beau chemin et même une piste cyclable ! On échange quelques mots en anglais avec un homme. Puis une femme vient nous dire bonjour. Elle me sert la main et m’attire à elle pour me faire deux bises. Il me dit que c’est la façon de faire traditionnelle. Je suis un peu embarrassée, c’est familier pour moi et je ne la connais pas. Noé, lui, a déjà été embrassé deux fois et le monsieur lui a affectueusement pincé la joue. Je regarde Noé du coin de l’oeil car c’est assez intrusif mais ça va. La femme marche avec nous et en même temps vide les poubelles. Je me dis qu’elle doit être une sorte d’employée municipale. Je suis contente de voir que le concept poubelle et zone propre existe après l’expérience d’hier. Une fois qu’elle a deux sacs en plastiques remplis, elle me fait comprendre qu’il faut l’attendre un instant. Elle pique un sprint jusqu’à des buissons un peu plus haut et balance tout par-dessus. Je suis verte, les bras m’en tombent, je ne sais si je dois fondre en larme ou éclater d’un rire nerveux. Je lui dis qu’il ne faut pas jeter comme ça dans la nature. Elle croise quelqu’un qu’elle connait et lui raconte. Ils sont morts de rire. Ok… On essaie de bifurquer pour marcher juste nous trois. Elle finit par nous lâcher. Elle n’est pas désagréable mais la barrière de la langue est pesante. Elle a l’air gentille mais je ne sais pas ce qu’elle attend de nous. Ah, tiens, elle me demande si j’ai du parfum pour elle. Bon, nous on avance. On rejoint des hommes qui observent une mare. Il y a plein de crapauds en pleine reproduction. On voit même des chapelets d’oeufs. Il y a aussi des tritons. Les hommes poussent les crapauds avec des bâtons pour les faire bouger et qu’on les voit mieux. Pardon les crapauds… Il se remet à pleuvoir. On retrouve ma nouvelle copine et on rentre avec elle. Elle récupère un énorme sac à main qu’elle avait accroché à un poteau et offre des bonbons aux garçons. On lui dit au revoir et on file à l’abri dans Slowpy.
Ensuite, on retourne dans Girokastra. Je sors juste avec Noé explorer la ville. On s’amuse à compter les Mercedes. Il y en a en abondance et de tous les âges. Il y a plein de petits vendeurs sur les trottoirs : des mamies qui vendent leurs tricots (chaussons, écharpes, chaussettes, layette), des paysans avec oeufs, salades, olives, des vendeurs de tabac en vrac. Il y a des boutiques de vêtements mais je me demande si c’est du seconde main ou du neuf. On hume avec plaisir les boutiques de café. On tombe sur un petit marché où l’on choisit des carottes, des courgettes et de la ciboulette pour deux euros. Les gens m’ont l’air majoritairement pauvres. Il y a des gens très vieux qui vendent ce qu’ils ont dû réussir à faire pousser dans leurs jardins. On rentre à Slowpy sous la pluie. Cette ambiance aquatique commence à être pénible et n’aide pas à égayer le paysage. On renonce même à visiter la forteresse tant la vue est bouchée.
On reprend la route direction un tekke, monastère bektashi. C’est l’aventure! Dès qu’on quitte la route principale, on se retrouve sur une voie en béton puis une piste. On se gare à 2km du tekke quand la piste se rétrécit vraiment trop. A ce moment-là, la pluie redouble. Grrrrrr…. on repart sans avoir mis le nez dehors…
Nous voilà repartis direction une curiosité naturelle, l’oeil bleu. On y arrive juste avant la nuit. On se pose vers des cabanes en bois. On reste à l’abri pour faire les leçons de français du jour. Je suis d’humeur aussi sombre que le ciel, ras le bol de cette pluie, j’ai l’impression que Slowpy a rétréci et qu’on se marche les uns sur les autres.
Croisons les doigts pour qu’il fasse meilleur demain ! Je commence à saturer d’être autant fermée. Manu a toujours le dos tendu. Positivons, c’est le temps idéal pour qu’il reste allongé et se reposer.

Mercredi 7 mars Vers le plus romantique des sites antiques…

Je suis réveillée depuis 5h30. Je suis encore au rythme grec (il y a une heure de décalage). Je profite du wifi gratuit pour écrire aux copines et me chercher des nouveaux livres à télécharger. Joseph est presque aussi matinal et en profite pour lire avec sa liseuse. Quand Noé se réveille, ils viennent se glisser sous notre couette. Vu que j’étais ronchonchon hier soir, je suis contente de les retrouver. Mais ça gonfle illico Manu qui n’a pas eu le temps de se réveiller calmement… Me voilà partagée entre mes 3 amours. Bon, il vaut mieux qu’on en reste à notre organisation : les câlins familiaux, c’est le weekend ! Manu est durablement grognon… chacun son tour…
On dirait que les nuages ont fini de pleurer. Il y a même un rayon de soleil. On file s’oxygéner dehors ! L’oeil bleu est une source avec un fort débit qui forme une rivière d’un bleu de porcelaine sur fond karstique.Oeil bleu blue eye
Ensuite, les garçons font les maths du jour. J’en profite pour aller laver quelques bricoles. Quand je suis accroupie, occupée à frotter le linge, j’ai l’impression de communier avec les femmes de la terre entière. Gestes ancestraux et universels…
On reprend ensuite la route direction la mer et Butrint. On s’arrête profiter du soleil sur une plage blanche léchée par une eau couleur lagon. Les garçons sont heureux comme tout et courent dans tous les sens en s’inventant des histoires. Une belle averse nous chasse de ce petit coin de paradis.
Nous arrivons à Butrint où il y a un parc naturel et un site archéologique. On a tous beaucoup apprécié la visite du site. Les ruines baignent dans l’eau. Les fleurs forment un décor digne d’un conte de fée. Et surtout, on y a vu plein de tortues et des têtards. Les enfants réussissent à attraper les deux. C’est génial de voir ces tortues de si près!

Butrint

Butrint

 

Jeudi 8 mars Tout ça pour ça…

Butrint Je me réveille avec une envie de balade en vélo. Il fait beau, on est entre la mer et un lac, j’ai repéré des petites routes à plat… Mais les vélos des garçons ont les pneus crevés et je crains que Manu n’ait pas envie de tout décharger et réviser. Trop chou, il se lance pour me faire plaisir. Pendant ce temps-là, les garçons avancent dans leur programme de maths. Puis ils bricolent des radeaux à base de bouchons, cure-dent et ficelles… Pendant que Manu est toujours en chantier vélo. Toutes les rustines y sont passées… Faut dire qu’en Roumanie, les gars avaient roulé dans des herbes qui font des graines à épine et les chambres à air neuves n’ont pas aimé… Bon, nous voilà prêts ! On s’avance vers le bac pour traverser le canal qui va du lac à la mer. L’employé nous demande où on veut aller. J’explique et il nous dit que c’est trop dangereux à cause des chiens errants. Grrrr, ça commence à m’agacer ces histoires de chien. Être limité dans sa liberté par des chiens, ça m’agace. Oh ! on se réveille les pouvoirs publics !? Bon, on suit son conseil et on abandonne notre virée en vélo. Allez, on remballe tout…
On redémarre pour changer de bivouac. J’ai entendu parler d’une longue plage où les voyageurs aiment se retrouver, à Borsh. Sur la carte, ça s’annonce bien : montagnes qui se jettent dans une large baie sableuse. Dans la réalité, c’est une plage de graviers jonchée de constructions hétéroclites inachevées et de déchets et pas un voyageur en vue…Albanie
On tente notre chance un peu plus loin au pied d’une forteresse. La nuit tombe, on explorera demain.
Pendant le dîner, on parle de la reproduction des batraciens. Noé a une hypothèse pour expliquer pourquoi les crapauds et les tortues restent accouplés si longtemps: « C’est chaud et doux alors ils aiment bien rester » De fil en aiguille, on en vient à parler sexualité en général, les années collège, les premiers bisous, le plaisir, le consentement, les sentiments… oh là là, ils grandissent nos oiseaux!!
Notre robinet, notre seul et unique point d’eau courante à bord, nous lâche au milieu du rinçage de la vaisselle. Il y a des jours comme ça… Manu Gyver nous bricole une installation de fortune en attendant de trouver mieux.

Vendredi 9 mars On a trouvé un nostalgique !

Porto palermoNous nous réveillons à Porto Palermo, au pied de la forteresse d’Ali Pacha. C’est un lieu vraiment original qui décuple l’imagination des garçons: avec la lampe frontale, nous en explorons les moindres recoins: chambre du pacha, chambre des officiers, salle de réunion, cuisine, dortoir des soldats, terrasses, bastions. Il fait beau, la camomille colonise les pierres, c’est beau !
Porto Palerme Albanie Ali pachaQuelques kilomètres plus loin, on s’arrête visiter le village de Vunoï. Il y reste pas mal de vieilles maisons en pierre, des ruelles pentues entre des arcades. En ce moment c’est un immense chantier. Un couple de retraités nous invite à boire le café. On essaie de se comprendre avec quelques mots d’italien. Achille et Floreza habitent dans deux pièces et Achille est fier de nous montrer leur salle de bain avec douche. Floreza sert un café accompagné d’un verre de rakia (gnôle) à Manu. J’imagine l’estomac se tordre. Non, ça va, il résiste. Pour les enfants et moi c’est caramel et verre d’eau. Achille explique que depuis la chute du communisme tout est difficile… Surtout pour lui : il était officier de police si on a bien compris et à la chute du régime, autant dire qu’il a été « remercié »… En tout cas, on aura eu l’opportunité de rencontrer un nostalgique du régime communiste le plus dur d’Europe. Dommage pour la barrière de la langue, on aurait bien aimé en savoir plus…Vunoi
Nous poursuivons la route pour rejoindre le point de départ d’une randonnée. Nous marchons dans un paysage de garrigue sur la rive d’un grand canyon jusqu’à une plage restée assez sauvage (canyon de la Gjipe). Un petit camping sommaire y est aménagé. On s’y verrait bien passer une semaine entre les gorges et la plage, adresse idéale pour débrancher!
Après cette belle sortie, j’ai envie d’une bonne douche chaude. La dernière c’était à Patras, il y a presque 3 semaines. On se lave tous les jours quand même, je vous rassure mais l’eau chaude, le savon qui mousse… Nous tentons notre chance pour un éventuel camping en bord de mer un peu plus loin à Dhërmi. A vrai dire, il n’y a pas vraiment de plage, tout est défoncé, en travaux. Mais un homme nous fait signe de le suivre. Il nous propose un chalet à 1000 lekes la nuit soit 7 euros. Il nous fait visiter deux chambres d’hôtel aussi pour 15 euros mais ça n’est pas très attirant : les plâtres tombent, la moisissure colonise la douche. Le chalet est parfait pour notre mission douche ! Quel bonheur de se coucher la peau douce et propre ! Seule petite ombre au tableau : Manu a glissé dans des rochers en allant pêcher et il a très mal au poignet et au pouce. Glups, on verra demain comment ça évolue…

Samedi 10 mars Une douche chaude et une dose de nature

Ça va, le poignet de Manu bouge encore mais un bel hématome apparait…
On se fait un petit-déjeuner trois étoiles sur la terrasse de l’hôtel avec nos graines, des bananes, du bon miel, du pain et du saucisson. On est assez étonnés de constater que toutes les installations sont en piteux état. Soit ils remettent tout en état avant chaque saison soit ils bricolent juste ce qu’il faut pour que ça tienne debout. Mais quelle clientèle se satisfait de ça ??
Allez, en route. On est au pied de 17km de lacets pour atteindre un col et le parc naturel de Llogara. Slowpy monte tout doux à 20km/h. On a le temps d’admirer le paysage ! En Albanie, les montagnes se jettent dans la mer. C’est beau mais qu’en restera-t-il dans moins de 10 ans? Sous nos yeux, par exemple, une magnifique zone de forêt et de maquis et une longue plage de sable… creusée, hachée et défigurée par les pelleteuses et des constructions anarchiques sans aucune cohérence ou respect du cadre naturel… On a l’impression que toute la côte est menacée par la même gangrène…
Nous voilà au col: on se croirait dans les Alpes, pins noirs, ruisseaux, crocus… On fait une jolie balade jusqu’à un panorama : le « passage de César », s’il vous plaît ! D’ici la vue sur la mer est magnifique. On repère une longue bande de sable entre un lac et la mer. C’est parti!
On déchante vite. La fameuse bande de sable est en fait un bout de marais insalubre grignoté par des cabanes, le tout délicatement parsemé de déchets divers et variés. C’est ignoble. La route est particulièrement défoncée. La totale. On se console avec quelques carrés de chocolat sur la « plage » et on joue à viser un bunker avec des cailloux. L’Albanie c’est le pays des bunkers: 17000 ont été construits sous l’ère communiste pour surveiller le pays et empêcher toute entrée ou sortie du territoire.
On fuit à Vlorë. Une visite de la ville, rien d’extraordinaire et les seules maisons intéressantes tombent en ruine… Passons… Notre seul consolation : tomber sur un supermarché Conad et faire un stock de produits Italiens qui nous rappellent la Sicile : Grana padano, câpres énormes, café, …
Au terme d’une portion de route défoncée, on atterrit sur une longue plage qui ne serait pas si mal sans les ordures. Allez, on ne trouvera pas mieux aujourd’hui et on a un objectif feu de camp : faire des frites à la marmite (la touche Tuche) ! Apprentissage du maniement de la hache pour Joseph. Au moment où on passe à table, le propriétaire du restaurant d’à coté passe voir ce qu’on fait. On arrive à se comprendre avec quelques mots d’allemand. On l’invite à dîner. C’est chouette de partager ! Avec son affaire, il travaille trois mois en été et apparemment ça suffit. Ici c’est noir de monde en été. On imagine qu’ils font un énorme travail de nettoyage de la plage avant que les touristes débarquent… Il explique que la corruption empêche tout système de ramassage des ordures de fonctionner. L’argent pour des investissements ne touche jamais son but mais remplit certaines poches…

Dimanche 11 mars Un peu de plage avant la surprise

Nous nous réveillons sous un soleil généreux. Petit-déjeuner et conseil de famille les pieds dans le sable. Nous parlons de ce que nous avons aimé, pas aimé et de nos demandes. Albanie Puis chacun vaque tranquillement à ses occupations: Manu peint sur la carrosserie « pershendetie » , bonjour en Albanais, je vais marcher avec Noé, Joseph joue… PershendetjeDes pêcheurs en pédalo tirent leurs filets et fournissent en poisson frais les restos de la plage ouverts. Les gars remarquent d’étranges crabes bleus dans leur prise.Crabe bleu
On prend tranquillement la route pour Berat en début d’après-midi. Enfin c’est plutôt la route qui nous prend : je ne peux pas quitter des yeux la chaussée un seul instant tellement il y a de trous. A certains endroits d’ailleurs il vaut mieux rouler à gauche pour pouvoir avancer donc on partage avec ceux qui viennent en face. Ajoutons à ça une poignée de poules, chiens, vaches, mobylettes et des kilos de poussière … J’ai parfois l’impression d’être en Inde!!! On sent que ça fait travailler Slowpy alors on y va tout doux… On traverse la ville de Fier : il y a des trottoirs et les immeubles ont des façades multicolores. C’est gai ! Le pot de peinture est un excellent remède à la tristitude urbaine ! Fier
L’arrivée à Berat est une bonne surprise. C’est une ville classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. On arpente les ruelles pentues de la vieille ville aux 1000 fenêtres.Berat Et on y fait une séance résolution de conflit. Les garçons sont en mode « c’est lui qui a commencé, non c’est lui » . Manu en est au stade où il les revendrait bien pour voyager rien qu’avec moi. Et moi je voudrais juste me balader tranquillement après ces deux heures de route éprouvantes qui m’ont moulu les épaules … Bon, on continue la visite plus zen. Je suis toujours épatée de l’efficacité d’une juste expression des sentiments et des besoins ! Manu n’est pas encore tout à fait satisfait, il n’a pas pu les revendre… BeratBon, à Berat, Il y a aussi une longue promenade piétonne longée de bars et restaurants. En ce dimanche soir, c’est très fréquenté. BeratOn se choisit une table pour croquer la pizza tant rêvée par les garçons. Ça fait du bien de partager ce bon moment ! Avec Noé on danse sur nos chaises et on papote, Joseph et Manu jouent aux échecs.

Lundi 12 mars Nos premiers byreks

On grimpe à la citadelle de Berat de bon matin et on y fait deux belles rencontres: une jeune femme Albanaise qui parle très bien français puis Valeria, une Franco-Italienne qui est là pour quelques jours en voyage organisé. Son chéri est Clermontois ! Elle est vraiment agréable et ensemble on désorganise un peu le groupe car d’autres membres viennent nous poser des questions et prendre des photos. Ensuite on redescend en centre-ville et on passe par un quartier commerçant : café moulu sous nos yeux et byrek (sorte de pâte feuilletée) aux épinards et au fromage. Comme souvent, les commerçants qui parlent quelques mots de français ou d’italien nous parlent de Platini ou Zidane. Ils sont fans de nos footeux et ont du mal à comprendre que nous non… A l’office de tourisme, on rencontre une jeune française qui est en Service Volontaire Européen puis deux Americains qui font partie d’une association humanitaire. C’était matinée chaleur humaine 😉
Ensuite, on prend la route pour Elbasan. On vient là pour la fête de l’été, Dita e verës, qui se tient mercredi. C’est une célébration païenne du retour des beaux jours. C’est un jour férié. Il y a déjà plein de vendeurs de gâteaux, les ballokums qui ressemblent à des gros macarons à base de farine de maïs, de jaune d’oeuf et de sucre.

Ça fait une semaine qu’on est en Albanie et je crois qu’on commence juste à s’y habituer. Les premiers jours et leur cortège de déchets dans la nature et d’urbanisation incontrôlée sur la côte nous ont peu plombés. C’est grâce aux habitants chaleureux et communicatifs ainsi qu’à quelques beaux paysages et sites magnifiques qu’on prend plaisir à être là.

Mardi 13 mars La fête de l’été à Elbasan

Nous nous réveillons dans une ville déjà très animée ! Le bivouac en centre ville qu’on a trouvé hier soir est très prisé ce matin ! On est cerné ! On sort prendre la température de la fête qui s’annonce. Il y a déjà plein de petits vendeurs partout : ballokum et beaucoup de gadgets made in china… Dans nos déambulations on traverse deux beaux marchés: oranges, citrons, olives, aillet, poireaux, choux, carottes, salades, fromages frais type feta et fromage de vache plus secs, oeufs… Et dans un forum on croise l’Alliance Française qui promeut ici la francophonie ! Sur les trottoirs, les paysans vendent leurs modestes productions : le lait de vache en bouteilles de coca, des sachets de plantes, des figues séchées… A vrai dire, on n’ose pas acheter de légumes. Elbasan était un immense complexe industriel sidérurgique sous l’ère communiste. Les terres sont dites impropres à la culture, contaminées par les substances toxiques des industries. Dans notre guide, il est aussi écrit que la région est si polluée qu’on y enregistre les pires taux de maladies respiratoires, cancers et malformations utérines d’Albanie. Glups… Enfin, je vous rassure, comme dit Joseph, on n’a pas vu d’enfants phosphorescents dans la nuit… Plus loin, on passe par un bazar à fripes, un trottoir à bricolage et électricité, des vendeurs de tabac en vrac. Les pâtisseries nous rappellent la Turquie: il y a des gros gâteaux crémeux de toutes les couleurs.
Manu passe un bon moment à réparer une cosse de la batterie qui a lâché à cause des vibrations.
Nous finissons la journée au milieu de la foule avec des boules kiès. Il y a une grande scène avec des spectacles de danses traditionnelles entrecoupés de hip hop, le tout avec un niveau sonore à réveiller les morts… Les garçons se lassent assez vite et nous n’avons pas non plus le coup de foudre pour l’ambiance… Vers minuit, je suis réveillée en sursaut par un feu d’artifice : on le regarde depuis notre lit, bien au chaud sous la couette et je me rendors comme si ça n’avait été qu’un rêve. Moment magique !Elbasan

Mercredi 14 mars Tirana, nous voilà !

A 8h, il y a déjà du monde dans la rue, plein de petits vendeurs installés. On sort se balader après le petit-déjeuner. La foule est de plus en plus dense. La musique à fond redémarre. Des hommes se mesurent dans une épreuve de  force. On s’offre nos bracelets traditionnels rouges et blancs, deux brins de laine qu’on enlèvera quand on verra notre première hirondelle. On entre au musée ethnographique. Costumes traditionnels et vieux outils sont présentés. Les visiteurs touchent à tout et se photographient. Les garçons hallucinent de les voir jouer avec ses vieux objets et il y a de quoi ! Pour la conservation du patrimoine, peut mieux faire…
Bon, le tour est fait. On a notre dose de bruit et de foule, on choisit de filer à la capitale, Tirana.
Exceptionnellement, on prend l’autoroute, l’autre route est vraiment trop sinueuse. A vrai dire, l’autoroute est plutôt une sorte de voix express. Il n’a pas de marquage au sol et on y fait des rencontres insolites: des femmes qui vendent leurs salades et poireaux sur le bas côté, un piéton avec sa valise, un minibus qui s’arrête récupérer des passagers sur le terre-plein central…
A Tirana, on finit par réussir à se garer gratuitement en bordure du Grand Parc, côté chic, près des restaurants aux allures de chalets ou châteaux. On fait un peu tâche dans le décor mais les gardiens finissent par accepter.
On part à pied et en trottinette pour notre première exploration de la ville. Pyramide, place Skanderbeg, Block… Tirana fête aussi le jour de l’été, leurs « champs élysées », le boulevard Deshmorët e Kombit, est bloqué à la circulation, les arbres sont décorés, les rosalies investissent la chaussée et quelques podiums délivrent leurs décibels. Ce boulevard va de la place Mére Thérésa à la place Skanderbeg. Mère Thérésa est née en Macédoine mais se considérait Albanaise ( c’est un peu le problème dans les Balkans…) et Skanderbeg est un des pères historiques de la nation Albanaise qui a résisté aux Ottomans au XVeme siécle.
On croise un « I love Tirana » avec un cœur gigantesque, Tirana semble travailler sa com’. Il y a même un service genre vélib’ mais le défi est de comprendre comment ça marche et de trouver un vélo en bon état…
La pyramide, c’est un bâtiment abandonné, héritage de la période communiste. Elle devait être un musée dédié à Enver Hoxha, dessinée par sa propre fille… A la chute du Régime, la pyramide est devenue un centre culturel, puis une base logistique d’ONG, puis une boîte de nuit… Aujourd’hui, elle sert de point de rencontre de la jeunesse qui la brave pour contempler la ville d’en haut ; enfin il y a ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas… Pyramide Evidemment nos gars ont tenté leur chance… On se dit qu’en France, laisser un tel site, potentiellement dangereux, en libre accès, au coeur d’une grande ville, serait complètement impossible.
On se rend compte en rentrant qu’on a vu l’essentiel. Tirana est une toute petite capitale !

Jeudi 15 mars Plongée dans l’Albanie communiste… Devoir de mémoire…

On change de parking au réveil pour ne pas abuser de la tolérance des gardiens. Cette fois-ci, on atterrit près du marché central. On file visiter l’expo Bunk Art 2. C’est un musée installé dans le bunker du ministère de l’intérieur sous le régime communiste et qui retrace l’histoire de la police. Sous le régime autoritaire d’Enver Hoxha, le dirigeant indéboulonnable, le contrôle de la population est digne des films de James Bond : micros cachés, appareils photos miniatures … et plus grave encore et peu connu : camps d’internement et de travaux forcés… Enver Hoxha était tellement radical qu’il avait rompu avec tous les autres pays communistes, les trouvant trop modérés… Plus stalinien que Staline lui-même… Ce genre de visite te rappelle que le multi-partisme c’est quand même moins pire que ces régimes qui virent parano.
Puis on choisit de déjà quitter Tirana. On a envie de retrouver la nature et des paysages plus propres. On vise le lac d’Ohrid. En chemin, on trouve une scierie où l’on refait le plein de copeaux de bois pour nos toilettes sèches. Et au panorama sur le lac, on rencontre Cyril, un trentenaire qui vit en camion avec son chat Chépas. Chouette, ça fait longtemps qu’on n’a pas rencontré de voyageur ! On se suit jusqu’à Pogradec où on dîne ensemble au restaurant : demi canard rôti et pâtes fraîches aux herbes au menu, miam ! Il nous invite ensuite chez lui. L’intérieur de son camion est magnifique, tout est en bois. Il a un poêle à bois. Ça sent bon et on se sent bien!

Vendredi 16 mars Pause au lac d’Ohrid avec Cyril et Chépas

On se croirait en novembre aujourd’hui : ciel gris, vent et quelques gouttes. Alors on se fait marmottes : on traîne sous la couette, on se fait des crêpes, on sort jouer un peu dehors, on discute avec Cyril, on partage une quiche chaude sortie de son four et la journée passe… On a juste bougé pour faire le plein d’eau et de légumes. Les commerçants sont vraiment agréables, essaient toujours de poser quelques questions avec des mélanges d’anglais et d’italien. Et quand on n’a pas les mots, il reste le mime : fou rire mémorable quand j’ai mimé la poule qui pond pour avoir des œufs à l’épicerie et que les employées se sont mises à caqueter avec moi !!

Samedi 17 mars Aprés l’Albanie, la Macédoine !

Au revoir Cyril, au revoir Chépas et au revoir Albanie. Nous entrons en Macédoine ! On a aimé les contacts humains en Albanie, quelques jolis coins de nature mais on se sent fatigués, usés d’avoir vu tant de déchets et de chantiers défigurant l’environnement. Ce n’est qu’un au revoir parce qu’après la Macédoine et le Kosovo, nous passerons par le Nord de l’Albanie.

Véro (et un soupçon de Manu)

A paraître bientôt : La Macédoine

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Relire la Grece en Février

Découvrir le côté obscur du voyage

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10 Avr

Trois événements importants de la mythologie grecque par Joseph Bouhier

Qui a créé le monde selon les Grecs ? Qui sont les titans ? Comment Zeus est devenu roi des dieux ? Voulez-vous avoir les réponses à ces questions ? Oui ? Alors plongez dans mon article ! En premier, je vous parlerai de la création, ensuite du règne des titans et pour conclure cet exposé, la titanomachie !

CRÉATION DE L’UNIVERS ET APRÉS…

Au début, l’univers était un gros brouillard appelé Chaos. Chaos créa Gaïa (la terre), Éros (le désir) et Nyx (la nuit). Gaïa enfanta Ouranos (le ciel). Ces derniers s’unirent pour donner naissance aux trois Cyclopes (des géants à un œil), aux trois Hécatonchires (des géants à cent bras et à cinquante têtes) et aux six Titans (des géants mâles) et six Titanides (des géantes femelles). Ouranos les enchaîna tous et les jeta dans le tartare (le tartare est l’endroit le plus profond des enfers) car il les trouva répugnants. Gaïa n’en pouvait plus. Alors, elle dit à ses enfants «Celui qui tuera votre père deviendra le roi de l’univers.» Cronos (le plus jeune des titans) accepta avec l’aide de ses quatre frères Coéos, Japet, Crios et Hypérion (Océanos, lui préfèra rester en dehors de tout cela). Pendant que les frères de Cronos immobilisaient Ouranos, Cronos tua Ouranos avec l’aide d’une faucille que Gaïa avait façonné dans la pierre. Cronos laissa tomber le sexe d’Ouranos à la mer qui donna naissance à la déesse Aphrodite.

RÈGNE DES TITANS

Aprés quoi, Cronos donna l’ouest à Japet, l’est à Hypèrion, le sud à Crios et le nord à Coèos. Il s’appropria l’univers et se proclama seigneur du temps. Mais il avait une confiance limitée envers les Cyclopes et les Hécatonchires, ainsi, il les renvoya dans le tartare sous la surveillance de Campée (une femme au corp de dragon et cent têtes autour de la taille) . Ensuite, il s’unit à sa sœur Rhèa qui donna naissance à Hestia, Demeter, Hèra, Hadès et Poséidon (les premiers dieux) . Cronos les dévora tous parce que les dernières paroles d’Ouranos était :«Si tu me tue, un de tes enfants te tuera à son tour. ». Lorsque Rhèa sentit qu’elle allait accouché d’un sixième enfant, sa mère lui dit d’aller en Crête pour donner l’enfant au nymphes du mont Ida. Là, Rhèa appela son fils Zeus. Dix années plus tard, le jeune dieu entra au service de son père en tant qu’échanson (celui qui apporte à boire) . Un jour, au lieu de donner du vin à son père, il lui donna un vomitif qui lui fit recracher les jeunes dieux. A peine recrachés, ils se révoltèrent contre leur père.

LA TITANOMACHIE

Alors que les titans se rassemblaient, les dieux allèrent libérer les Cyclopes et les Hécatonchires qui avaient été emprisonnés dans le tartare par Cronos . Pour remercier les dieux, ils les munir d’ armes. La foudre pour Zeus, le trident pour Poséidon et la kunée (un casque qui projette des ondes de terreur et qui peut rendre invisible) pour Hadès. Ensuite, Zeus les apporta à l’Olympe pour leur donner de l’ambroisie et du nectar pour leur redonner des forces. Les titans avaient élu domicile sur le mont Othrys, en face du mont Olympe. Les dieux et les Hécatonchires envoyèrent éclairs, tempêtes, tremblements de terre, ondes de terreurs et rochers sur le mont Othrys. Les titans et les dieux se reposèrent un moment mais les Hécatonchires ne connaissaient pas la fatigue, de leurs 300 bras unis ils jetèrent 300 pierres sur les titans. Ainsi la victoire des dieux assurée, Zeus jeta les titans dans le tartare. Zeus obtient le ciel, Poséidon la mer et Hadès les enfers. Ensuite, Zeus proposa de faire de la terre un territoire neutre. Ainsi les dieux règnèrent sur le monde.

J’ai acquis ces connaissances à travers mes lectures de Percy Jackson: une série de livres qui mèle la fantaisie et la mythologie grecque. J’ai aimé ce livre car il permet d’aborder la mythologie grecque pour les enfants et m’a permis de connaitre certains lieux, visités pendant le voyage comme Olympie, Delphes ou encore Dodone.

Joseph Bouhier

9 Avr

Février 2018 en Grèce : De Sparte aux Météores en passant par Patras et Leucade

Février en Grèce : De Sparte aux Météores en passant par Patras et Leucade

Le mois où on a touché le point le plus au sud de notre voyage !

grèce

Nous nous sommes réveillés le 1er février sur la belle plage près de Neapoli que nous squattions depuis déjà deux jours. Après une ultime baignade et une mémorable séance de gym aquatique à  base de course, cris sauvages, pompes et natation, nous avons joyeusement repris la route direction Sparte où nous espérions trouver du gaz.

Le casse tête du gaz

Oui, on avait vu un peu léger en partant pour 1 an avec une seule bouteille de gaz même s’il ne nous sert qu’à cuisiner… Des adaptateurs ? Le truc que tous les voyageurs emportent ? Ah, non plus… même pas stressés, on peut faire du feu et on a un mini réchaud de camping… oups la bouteille de gaz est presque vide aussi… On nous dit qu’on va pouvoir remplir la bouteille avec du GPL, cool.

Sauf qu’une dizaine de stations-service plus tard, on est toujours bredouille, les embouts ne s’assemblent pas… Le lendemain, on va de commerces en commerces mais rien à faire, ça ne veut pas. On essaie même les plombiers… On finit par lâcher prise et on part visiter le musée de l’olive à Sparte. En plus les copains du Cargot Voyageur arrivent pour récupérer leur camion qui était en réparation depuis une bonne semaine. Copains de galère, unissons-nous !

On se fait un super resto tous ensemble parce qu’après nos chemins ne se recroiseront plus avant la France: tsipouradiko (saucisse à l’orange), porc au fromage fumé, patates au citron, salade grecque, purée de fèves, beignets de courge, feta au miel et tsipouro… En sortant, Mika propose d’essayer un adaptateur qu’il a en soute. Miracle, ça nous permet de raccorder une bouteille grecque à notre lyre française !! Nos sauveurs !! On achète donc une bouteille grecque… Après un ultime petit-déjeuner de crêpes le lendemain face aux montagnes enneigées, nos routes se séparent.

Mistra

Nous partons visiter Mistra avec le pique-nique.

C’est une colline qui domine la plaine de Sparte et qui a commencé à être construite au XIII eme siècle par Guillaume de Villehardouin. Au plus fort de son développement, cette ville a compté jusqu’à 20 000 habitants et fut un haut lieu des arts, des lettres et de la philosophie jusqu’à ce que les Turcs s’en emparent au XVI eme siècle, puis les Venitiens puis les Turcs à nouveau, suivis des Russes puis des Albanais.

Bref, aujourd’hui c’est un ensemble de ruines plein de charme avec des églises étonnamment bien conservées.

Le Magne

Nous terminons la journée à Gythion, porte d’entrée du Magne. Nous collons Slowpy à une petite chapelle pour nous abriter du vent, tempête et orage sont annoncés. Je file marcher une bonne heure avant la pluie et découvre une première tour carrée caractéristique du Magne.
Ici, les maisons ont des allures de forteresse avec leurs tours carrées massives. Même les constructions récentes sont bâties comme ça avec un aspect rempart mi écroulé en haut pour faire ancien.


Le lendemain, après une nuit bien moins horrible que prévu, nous entamons le tour de la péninsule du Magne. Nous longeons une longue plage où il devrait y avoir une association de protection des tortues marines carreta carreta. Depuis qu’on en a découvertes deux mortes sur la plage d’Alexandropoli, nous aimerions mieux les connaître. Hélas, à cette saison, il n’y a personne pour nous informer. Nous nous retrouvons sur une piste longeant la plage et frôlons l’ensablement… et le pire c’est que nous devons repasser par le même chemin après avoir échoué dans un cul de sac. Ça s’appelle jouer avec le feu… Je prends de l’élan et croise les doigts pour ne pas rester coincée. On sent bien le poids de nos 3,5 tonnes… ouf, ça passe !


Nous passons la journée à rouler de villages en villages où l’on se balade entre deux averses. L’ambiance est à la désolation : une longue partie de la côte a été ravagée par des incendies et les villages sont quasiment vides d’habitants. Le Magne vit au rythme des touristes estivaux.

Nous avons cependant bien apprécié Lagia, petit village où l’on s’est baladés entre les murets de pierre, découverts de savants réseaux d’eau et réservoirs anciens.

Nous nous arrêtons pour la nuit à Porto Kaggio, bien à l’abri du vent. Un couple d’allemands est déjà là, Manu échange quelques mots avec eux. Voyant notre message peint sur Slowpy, ils proposent leur douche, Manu n’ose pas… Pas facile d’avoir tout le temps la « oui attitude » !

Petite balade du soir tous les quatre au soleil couchant. Le lendemain matin, un boulanger passe par là. Sa visite est comme un cadeau après la journée sans présence humaine d’hier. Joseph trouve même dans sa camionnette la pizza dont il avait envie depuis une éternité ! Puis on toque à notre porte. C’est Jean-Paul, un adorable papi qui voyage dans un van Wolkswagen sans âge. Son histoire me touche. Il a pris la route après le décès de sa femme en tout début de retraite. Il improvise un cours de géométrie pour les garçons avec des cadres en bois mobiles. J’adore sa voix qui rappelle Albert Jacquart et ses yeux pétillants. Ouahou, ce lundi 5 février commence bien !

Cette journée va s’avérer délicieuse jusqu’au bout : nous allons au Cap Ténaro, le point le plus au Sud de notre voyage qui est aussi une des entrées des enfers dans la mythologie grecque. Il fait chaud, le ciel est bleu, le vent s’est enfin calmé. Nous savourons un goûter au phare et nous livrons à nos plaisirs simples : étirements, yoga, QiGong, sieste de lézard. Encore un endroit dont on n’a pas envie de partir. Voilà qu’on rêve à voix haute de nos projets futurs. On se sent connectés, heureux. Clic clac, souvenir assuré 😉 Nous terminons la journée dans une petite crique où les trois gars se douchent tiède grâce à notre douche solaire.
Le lendemain, le vent et la grisaille sont de retour. On se réfugie dans la grotte de Dirou, réputée pour ses stalactites et stalagmites. La visite se fait en barque et c’est effectivement très beau… surtout si on fait abstraction des nombreuses concrétions massacrées à coups de rame et de marteau pour fabriquer l’itinéraire… ça fait mal au coeur… On se console en se disant que le parcours ne représente qu’un dixième de la totalité de la grotte… et on croise les doigts pour que le reste soit davantage préservé… On finit la journée sous la couette pour un ciné en famille. On a choisi les Tuche. A l’unanimité, on a adopté cette famille du Nord qui gagne au loto. Les personnages sont caricaturaux mais vraiment attachants et les messages sont positifs et plein d’amour. On a bien ri !! Manu fait des recherches sur les communautés intentionnelles : des gens qui choisissent de vivre à plusieurs avec des valeurs communes. On ira en visiter une en Slovénie. On réfléchit à continuer à vivre à plusieurs à notre adresse. C’est ce qui nous est arrivé un peu par hasard ces deux dernières années et c’est top !

 

La fête de la viande à Kalamata

Le lendemain, on débarque pleinement confiants à Kalamata pour réparer notre chauffage. Ça fait deux semaines qu’on nous dit que là bas, on trouvera un réparateur! Les enfants chantent d’ailleurs qu’ « à Kalamata y a tout ce qui fa » On tombe sur un garagiste adorable qui prend vraiment la peine de regarder. Il essaie de nettoyer les tuyaux, vérifie l’électricité… mais non, rien à faire, ça ne marche pas… Peut être à Patras… Mais oui, c’est ça… On en a ras le bol d’être baladés de garage en garage, de ville en ville… On se console en profitant de la fête de Tsiknopempti ou jeudi de la viande ou jour de la fumée. Les orthodoxes entament le dernier weekend où ils peuvent manger de la viande avant le carême. Il y a des barbecues partout dans la rue. Au marché, les commerçants offrent des brochettes, les souvlakis. Une mamie nous prend sous son aile et veut absolument qu’on soit servis en premier. Elle essaye même de piquer des brochettes pour nous directement sur le barbecue. Elle nous parle en grec, elle est à fond, trop mimi ! On se balade dans les rues ensoleillées. Il y a un concert sur la place de la vieille ville. Les gens dansent à tour de rôle, comme une déclaration avec le corps, c’est original et ça donne envie de se lancer ! Avec Noé, on s’amuse comme des petits fous dans un magasin qui vend des tonnes de déguisements. Le carnaval a l’air d’être une institution importante en Grèce. On sort tous les quatre en soirée avec l’idée de profiter de la fête mais on dirait que c’est fini. On craque pour des grosses glaces trop bonnes.

 

La Messenie

Nous poursuivons la route direction Koroni. Avec la pluie, la forteresse a des airs d’Irlande. On en profite pour écrire, lire, avancer dans les leçons, cuire un cookie géant à la poêle… Je me lance dans la couture pour fabriquer deux doudous vaudous avec des vieux chaussons. Je suis assez fière du résultat (pour le moindre point de couture habituellement, j’appelle ma mamounette) et ils sont tout de suite adoptés par les garçons qui les intègrent illico dans leurs scénarios fantastiques.
Puis nous redémarrons pour rejoindre le lagon de Voïdokila. Son accès est rendu compliqué par un ruisseau en crue. Il y a de l’eau partout. Qu’a cela ne tienne : je traverse en tong et petite culotte. Le lagon est d’une beauté renversante et voilà que Joseph surgit au détour d’une dune. Mon coeur de maman irradie, il m’a suivie dans ma petite folie et a aussi traversé le ruisseau en slip ! On court comme des fous en criant, le sable nous fouette dans le vent. On se réfugie pour la nuit loin de l’eau et près d’une petite chapelle a l’abri du vent. Ça souffle toute la nuit et il pleut par seau d’eau toutes les 5mn. On croise les doigts pour qu’il n’y ait pas d’infiltrations… Le lendemain, nous avons rendez-vous vous avec une famille de Québécois. C’est leur locataire qui nous a découverts sur Internet et qui leur a conseillé de nous contacter ! On passe un très bon moment avec eux. On a de nombreux centres d’intérêt communs. Ils donnent envie d’aller voir de plus près leur beau pays ! Le lundi 12, la météo est enfin propice à une longue balade. A 9h15 on est tous dehors sac au dos pour explorer le lagon et la forteresse, oh yeah ! Nous cheminons dans les dunes entre le lagon et les marais. Dès que la température monte un peu, les moustiques viennent se taper un petit-déjeuner cinq étoiles sur mon épiderme savoureux. Je remets vite fait bien fait un pull… Puis nous grimpons jusqu’à une forteresse en ruine qui offre une vue panoramique à couper le souffle. On est bien là haut, c’est très photogénique. On redescend par le même chemin et découvrons de magnifiques crocus où les abeilles viennent se ravitailler. Puis nous arrivons au marais sur la pointe des pieds et approchons de près une colonie de flamands roses. Noé est tout ému. En été, toute cette zone est couverte de voitures alors que c’est une réserve naturelle sensible. Nos parcs nationaux et régionaux français sont un vrai trésor. En six mois de voyage, nous n’en avons visité aucun où la nature est vraiment protégée. Nous terminons la journée sur une autre plage magnifique, une zone où les tortues viennent pondre au printemps, ce qui n’empêche pas les gens d’y rouler et d’y jeter leurs ordures…

 

Olympie, la mythique  !

Le 13 février, nous arrivons à Olympie. Un énorme camion aménagé y est déjà posé. C’est la maison d’Amandine, Nicolas, Liam et Keren. Ils passent l’hiver au chaud avant de retourner travailler en France. C’est un plaisir d’échanger avec eux. Ils sont courageux, leurs petits sont encore tout petits, vous savez, ces années où on dort peu et où on vit au rythme des siestes… Les sourires de bébé Keren aux yeux bleus font tout oublier !!! Le lendemain, nous visitons le site. Au musée, Joseph et Noé repèrent avant nous les bas-reliefs racontant les 12 travaux d’Hercule. On ne les arrête plus ! Au stade, on entre par la porte des athlètes (mythique !) et on pique le sprint traditionnel. Ça devait être une ambiance de dingue quand le stade était rempli de 45 000 spectateurs ! Le soir même, nous avons rendez-vous avec d’autres « camionneurs » , Hugues, Emmanuelle et Mia et proposons à Amandine et Nicolas de nous suivre. Nous voilà donc garés entre deux poids lourds. Slowpy parait tout rikiki. Le courant passe bien avec Hugues et Emmanuelle. Hugues est un touche à tout épris de liberté. J’adore sa joie de vivre et ses baskets de toutes les couleurs. Emmanuelle est toute en douceur. J’aime bien parler avec eux. Le courant passe bien entre Mia et Noé qui zizaguent entre les flaques d’eau en trottinette. Joseph, lui, profite que tout le monde soit bien occupé pour lire à volonté. Il a aussi adoré jouer au foot avec Nicolas. Le soir, Amandine et Nicolas nous accueillent tous dans leur home sweet home. Leur intérieur de camion tout en bois est magnifique. La vie de ces deux familles de nomades sans école ni maison ni job régulier nous fait réfléchir sur la liberté, nos croyances et nos valeurs morales. Le lendemain matin, il pleut encore mais on se rend visite les uns les autres, on s’échange des livres et des chaussures, c’est joyeux ,)

 

Patras, une expérience carnavalesque !

Nous reprenons la route direction Patras où le Carnaval va se tenir. Surprise, nous y retrouvons le Cargot voyageur que nous ne devions plus revoir avant la France. Ils sont allés jusqu’à Tirana en Albanie où ils sont tombés en panne de boîte de vitesse. Ils ont fini par en trouver une sur Internet mais ont dû revenir en Grèce pour la récupérer… Tous ensemble, on va se choisir des costumes. C’est comme ça que Mika nous accueille dans le hall de leur hôtel 4 étoiles payé par leur assurance, déguisé en cro-magnon !!! On profite à fond de la douche chaude de leur chambre et sortons déambuler dans les rues animées. Pendant 3 jours, c’est la fête jusqu’à 7h du matin ! On est plus sages que ça mais c’est vrai qu’on aurait bien aimé traîner plus entre adultes. On se fait le dernier des derniers restos avec les copains. Vous savez, on ne les reverra qu’en France… enfin normalement… On se balade jusqu’à la forteresse de Patras d’où la vue à 360 degrés est magnifique: mer et montagnes enneigées en un regard! Le samedi soir, on découvre une longue parade couverte de décibels qui font vibrer nos entrailles. Dans les rues noires de monde, il y a des vendeurs de sifflets, de déguisements et de brochettes. On s’endort moulus ! Mais à 4h du matin, je me réveille en sursaut. On dirait que quelqu’un a frappé à la porte. Je me lève sur la pointe des pieds et jette un oeil dehors en soulevant discrètement un coin de rideau. Je ne vois rien. J’ai dû rêver. Mais 2 minutes plus tard, j’entends un franc craquement vers la porte. « Manu ! Y a quelqu’un ! » Il saute du lit à la vitesse de l’éclair. Ça a suffit pour faire fuir l’indélicat visiteur. Le lendemain, on voit que quelqu’un a effectivement glissé un outil pour forcer la serrure. Glups, on préfère changer de bivouac ! On rejoint un groupe de camping-caristes grecs. Ils nous accueillent chaleureusement et nous rassurent. Ce coin est mieux surveillé. L’arrivée d’une autre famille de Français nous change les idées. Cette fois-ci c’est Camille et Manou avec leurs garçons Faustin et Louison qui viennent nous rencontrer. Le courant passe tout de suite. On part ensemble profiter de la Grande Parade avec les chars et les groupes costumés. Pendant 3 heures, on regarde ce défilé de créativité, de couleurs, d’euphorie et d’exubérance avec un soupçon de revendications sur fond de crise. Je crois que ce sont nos oreilles qui crient grâce en premier. Les enceintes surdimensionnées hurlent une soupe techno qui finit par tâcher les tympans… On file se ressourcer en bord de mer à notre bivouac, autour d’une casserole de pâtes et des souvlakis achetés dans la rue. Les garçons ont encore l’énergie de s’inventer plein d’histoires ! On redémarre pour assister au feu d’artifice final sur le port. Je crois qu’on pourrait encore papoter pendant des heures mais la fatigue et le froid ont le dessus. Le lendemain matin, les copains repartent. C’est la fête de kathara deftera… Comme les grecs, nous sortons les cerfs-volants mais il manque l’ingrédient principal : le vent… On se sent un peu perdus comme un lendemain de fête. La fête est finie, chacun est reparti de son côté, nos organismes ont du mal à se raccrocher à un espace temps quelconque. On trouve l’énergie de faire du repérage pour le lendemain : laverie et garage pour le chauffage trouvés. On finit la journée devant une assiette de calamars, spécialité de ce jour férié. J’appelle mon amie Nadège comme je serais passée la voir, ça fait plaisir de l’entendre. Dodo!
Mardi 20 février, sur la route pour le garage, Manu fait une dernière tentative de réparation sur le chauffage et au moment où le garagiste grimpe dans Slowpy, le chauffage se remet à fonctionner !!! Manu a simplement dévissé et revissé un dernier tuyau. Est-ce que les vibrations l’avaient desserré ou y avait-il une bulle d’air ??? Nous n’en saurons jamais rien mais toujours est il que ça fonctionne. On a même du mal à y croire vu que ça fait pratiquement un mois que nous en étions privés. Heureusement qu’il a fait chaud et beau pendant presque toute cette période. Nous voilà rassurés, nous pouvons quitter le Péloponnèse et remonter vers le Nord sans crainte du froid. Comme c’est jour de chance, je récupère dans une laverie nos 10kg de linge tout lavé séché plié en 2h pour 10 euros. Magie!!!
Nous quittons Patras et le Sud de la Grèce en ferry, direction Rio… à 10mn ! Souvent, quand nous quittons un lieu auquel nous nous sommes attachés, le temps change et la pluie arrive comme pour que nous ayons moins de regret à redémarrer. Donc il pleut en ce 20 février 😉

La belle Leucade

Nous arrivons en fin d’après midi à Messolonghi où nous investissons dans une paire de botte en caoutchouc chacun Manu et moi. Vu la météo de la semaine et l’odeur qui se dégage de nos baskets mouillées qui ne sèchent jamais vraiment, ça devient vital…
Le lendemain matin, nous partons explorer autour de notre bivouac dans la tempête. Ici les maisons sont bâties sur pilotis et il y a des marais salants. On découvre une ancienne saline totalement dévorée par la rouille. Manu improvise une leçon en plein air sur la rouille ! Je me dis que nos deux oiseaux ont de la chance d’apprendre comme ça!
Le jeudi 22, nous rejoignons la presqu’île de Leucade. Manu s’achète un peu de matériel de pêche et les garçons se choisissent chacun un couteau.
Nous allons tout au Sud par des routes étroites et sinueuses avec des panoramas à couper le souffle. Nous sommes émus par la beauté parfaite de la plage de Kastsiki: falaises calcaires et eau bleu lagon. C’est le genre de moments où on savoure notre chance d’être là. En été, ce lieu doit être noir de monde vu la taille des parkings. En revanche, nous n’aurons pas l’opportunité de goûter au miel de la région, toutes les petites échoppes de bord de route sont fermées.
Nous nous endormons tout au bout de Leucade, au Cap Lefkadas, près du phare.
Le lendemain matin, Manu s’offre une douche tiède face à la mer. Pas mal comme salle de bain XXL!
Nous avançons ensuite jusqu’à Vassiliki pour une belle randonnée jusqu’à la plage d’Aghiofili: une crique sauvage de sable blanc et eau turquoise. Je ne résiste pas à la baignade. Je me sens comme une sirène dans cette eau incroyable.
Le soir, nous sommes de retour à Leucade. Manu et Noé partent à la pêche tester le nouveau matériel. J’en profite pour rester un long moment sur Messenger avec Nadine, l’amie qui habite chez nous. Et Joseph lit, bien sûr! Mais 3h plus tard, mes deux pêcheurs ne sont toujours pas de retour. Habituellement, ils ne partent guère qu’une heure. L’inquiétude monte… je vais faire un tour pour les chercher mais je ne sais pas dans quelle direction ils sont partis et Manu est parti sans téléphone ni papier ni argent… Il y a des Suédois près de nous. Je leur explique la situation et repart pour une 2eme recherche en sachant que Joseph est gardé. Et là je retrouve Noé et Manu, ouf !!! Ils n’ont pas vu l’heure passer enfin si un peu mais c’était trop bien pour Noé, il a pêché trois bars ! Je suis grognon, avec Joseph on s’est vraiment inquiétés et l’épisode bulgare nous a déjà suffisamment marqués…
Le samedi 24 nous quittons Leucade avec une bonne réserve d’oranges et citrons direction Ioannina au Nord. Le temps est à nouveau à la pluie. On fait une pause en route au bord du lac Ziros le temps d’une éclaircie. Les gars retentent leur chance à la pêche pendant que je fais le tour du lac à pied. Je tombe nez à nez avec deux écureuils. On se regarde yeux dans les yeux un long moment, j’en suis toute émue.

 

Les Météores

Nous arrivons pour la nuit à Ioannina et allons dîner en ville. Nos copains nous ont recommandé d’énormes et savoureux gyros. On ressort calés pour un moment ! D’ailleurs, depuis, je crois que nous n’avons pas remangé de viande (deux semaines). On visitera la ville dans quelques jours, on veut d’abord filer vers les Météores avant la neige. On fait le plein d’eau et de nourriture. Ça me rassure au cas où nous serions coincés en route par le froid.
J’ai eu le nez fin parce que le lundi 26 nous nous réveillons face au Grand Météore avec 15cm de neige tout autour de nous ! C’est magique! Quel cadeau de découvrir les Météores comme ça ! Je saute dans mes bottes pour aller aider un monsieur qui s’est coincé en voulant faire demi-tour. Le chasse-neige passe ensuite mais ne déneige que la route et pas la zone de demi-tour. Manu panique un peu pour la suite des événements. J’essaie de le rassurer en lui montrant que la situation est parfaite : paysage grandiose, chauffage, nourriture, eau. Nous ne manquons de rien et pouvons patienter sur place plusieurs jours en attendant que ça fonde. Nous allons visiter à pied le monastère de Varlaam. Les garçons sont heureux comme tout de faire d’énormes boules de neige et de sauter partout. La tisane chaude dans notre doux foyer au retour est la meilleure du monde. Le lendemain, le soleil est de retour et la route déjà parfaitement dégagée. Nous allons visiter Aghios Stephanos et Aghia Triada. Puis nous roulons jusqu’à Vlachava pour voir les Météores d’en haut. Ce phénomène géologique est vraiment étonnant. Nous terminons la journée à Kalambaka et savourons quelques pâtisseries. On recherchait des souzoukis, des fils de noix trempés dans une sorte de mélasse, une spécialité locale mais nous n’en avons pas trouvé. Le succulent gâteau imbibé de sirop à l’orange nous a bien consolés…
Nous plantons le bivouac à Trikali face aux Météores.
Le mercredi 27, nous partons sac au dos pour une randonnée qui va nous permettre de visiter Aghios Nikolaos et passer entre Varlaam et le Grand Météore. Le temps est idéal, les enfants gambadent, on fait de belles photos, tout est parfait. Journée de rêve. Les Météores dégagent vraiment une énergie particulière propice à la méditation, on comprend les moines venus là, s’installer dans des grottes pour vivre intensément leur spiritualité.
Le jeudi 28, nous visitons les deux derniers monastères que nous n’avons pas encore vu : le Grand Météore et Roussanou. Puis nous rentrons à Ioannina. Nous trouvons des souzoukis en bord de route!
Objectif de fin de semaine : terminer tous nos articles sur la Grèce et notre fameux bilan des 6 mois. Il fait un temps lamentable. On ne met pas le nez dehors pendant presque deux jours. Des crocs me poussent, je vais bientôt mordre… J’accepte que c’est une bonne idée de terminer nos écrits mais rester enfermée est un supplice pour moi. Je m’octroie des pauses téléphone. Ben oui quoi, après on sera hors UE alors c’est le moment de faire le plein de papoti téléphoniques avec les copines. Ah ouf, dimanche il fait soleil et Manu accepte une pause : on va se balader dans la ville !


Nous voilà arrivés au 5 mars. Bye bye la Grèce! Et merci pour tes plages somptueuses, tes bons petits plats, tes belles routes, ton patrimoine extraordinaire, ta diversité…

 

Véro (et un soupçon de Manu)

La suite : L’Albanie du sud

Voir toutes les photos de la Grèce (Magne, Patras, Météores, …. ) 

Relire la Grece en Janvier

Découvrir le côté obscur du voyage

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9 Avr

Février 2018 en Grèce : De Sparte aux Météores en passant par Patras et Leucade

Février en Grèce : De Sparte aux Météores en passant par Patras et Leucade

Le mois où on a touché le point le plus au sud de notre voyage !

grèce

Nous nous sommes réveillés le 1er février sur la belle plage près de Neapoli que nous squattions depuis déjà deux jours. Après une ultime baignade et une mémorable séance de gym aquatique à  base de course, cris sauvages, pompes et natation, nous avons joyeusement repris la route direction Sparte où nous espérions trouver du gaz.

Le casse tête du gaz

Oui, on avait vu un peu léger en partant pour 1 an avec une seule bouteille de gaz même s’il ne nous sert qu’à cuisiner… Des adaptateurs ? Le truc que tous les voyageurs emportent ? Ah, non plus… même pas stressés, on peut faire du feu et on a un mini réchaud de camping… oups la bouteille de gaz est presque vide aussi… On nous dit qu’on va pouvoir remplir la bouteille avec du GPL, cool.

Sauf qu’une dizaine de stations-service plus tard, on est toujours bredouille, les embouts ne s’assemblent pas… Le lendemain, on va de commerces en commerces mais rien à faire, ça ne veut pas. On essaie même les plombiers… On finit par lâcher prise et on part visiter le musée de l’olive à Sparte. En plus les copains du Cargot Voyageur arrivent pour récupérer leur camion qui était en réparation depuis une bonne semaine. Copains de galère, unissons-nous !

On se fait un super resto tous ensemble parce qu’après nos chemins ne se recroiseront plus avant la France: tsipouradiko (saucisse à l’orange), porc au fromage fumé, patates au citron, salade grecque, purée de fèves, beignets de courge, feta au miel et tsipouro… En sortant, Mika propose d’essayer un adaptateur qu’il a en soute. Miracle, ça nous permet de raccorder une bouteille grecque à notre lyre française !! Nos sauveurs !! On achète donc une bouteille grecque… Après un ultime petit-déjeuner de crêpes le lendemain face aux montagnes enneigées, nos routes se séparent.

Mistra

Nous partons visiter Mistra avec le pique-nique.

C’est une colline qui domine la plaine de Sparte et qui a commencé à être construite au XIII eme siècle par Guillaume de Villehardouin. Au plus fort de son développement, cette ville a compté jusqu’à 20 000 habitants et fut un haut lieu des arts, des lettres et de la philosophie jusqu’à ce que les Turcs s’en emparent au XVI eme siècle, puis les Venitiens puis les Turcs à nouveau, suivis des Russes puis des Albanais.

Bref, aujourd’hui c’est un ensemble de ruines plein de charme avec des églises étonnamment bien conservées.

Le Magne

Nous terminons la journée à Gythion, porte d’entrée du Magne. Nous collons Slowpy à une petite chapelle pour nous abriter du vent, tempête et orage sont annoncés. Je file marcher une bonne heure avant la pluie et découvre une première tour carrée caractéristique du Magne.
Ici, les maisons ont des allures de forteresse avec leurs tours carrées massives. Même les constructions récentes sont bâties comme ça avec un aspect rempart mi écroulé en haut pour faire ancien.


Le lendemain, après une nuit bien moins horrible que prévu, nous entamons le tour de la péninsule du Magne. Nous longeons une longue plage où il devrait y avoir une association de protection des tortues marines carreta carreta. Depuis qu’on en a découvertes deux mortes sur la plage d’Alexandropoli, nous aimerions mieux les connaître. Hélas, à cette saison, il n’y a personne pour nous informer. Nous nous retrouvons sur une piste longeant la plage et frôlons l’ensablement… et le pire c’est que nous devons repasser par le même chemin après avoir échoué dans un cul de sac. Ça s’appelle jouer avec le feu… Je prends de l’élan et croise les doigts pour ne pas rester coincée. On sent bien le poids de nos 3,5 tonnes… ouf, ça passe !


Nous passons la journée à rouler de villages en villages où l’on se balade entre deux averses. L’ambiance est à la désolation : une longue partie de la côte a été ravagée par des incendies et les villages sont quasiment vides d’habitants. Le Magne vit au rythme des touristes estivaux.

Nous avons cependant bien apprécié Lagia, petit village où l’on s’est baladés entre les murets de pierre, découverts de savants réseaux d’eau et réservoirs anciens.

Nous nous arrêtons pour la nuit à Porto Kaggio, bien à l’abri du vent. Un couple d’allemands est déjà là, Manu échange quelques mots avec eux. Voyant notre message peint sur Slowpy, ils proposent leur douche, Manu n’ose pas… Pas facile d’avoir tout le temps la « oui attitude » !

Petite balade du soir tous les quatre au soleil couchant. Le lendemain matin, un boulanger passe par là. Sa visite est comme un cadeau après la journée sans présence humaine d’hier. Joseph trouve même dans sa camionnette la pizza dont il avait envie depuis une éternité ! Puis on toque à notre porte. C’est Jean-Paul, un adorable papi qui voyage dans un van Wolkswagen sans âge. Son histoire me touche. Il a pris la route après le décès de sa femme en tout début de retraite. Il improvise un cours de géométrie pour les garçons avec des cadres en bois mobiles. J’adore sa voix qui rappelle Albert Jacquart et ses yeux pétillants. Ouahou, ce lundi 5 février commence bien !

Cette journée va s’avérer délicieuse jusqu’au bout : nous allons au Cap Ténaro, le point le plus au Sud de notre voyage qui est aussi une des entrées des enfers dans la mythologie grecque. Il fait chaud, le ciel est bleu, le vent s’est enfin calmé. Nous savourons un goûter au phare et nous livrons à nos plaisirs simples : étirements, yoga, QiGong, sieste de lézard. Encore un endroit dont on n’a pas envie de partir. Voilà qu’on rêve à voix haute de nos projets futurs. On se sent connectés, heureux. Clic clac, souvenir assuré 😉 Nous terminons la journée dans une petite crique où les trois gars se douchent tiède grâce à notre douche solaire.
Le lendemain, le vent et la grisaille sont de retour. On se réfugie dans la grotte de Dirou, réputée pour ses stalactites et stalagmites. La visite se fait en barque et c’est effectivement très beau… surtout si on fait abstraction des nombreuses concrétions massacrées à coups de rame et de marteau pour fabriquer l’itinéraire… ça fait mal au coeur… On se console en se disant que le parcours ne représente qu’un dixième de la totalité de la grotte… et on croise les doigts pour que le reste soit davantage préservé… On finit la journée sous la couette pour un ciné en famille. On a choisi les Tuche. A l’unanimité, on a adopté cette famille du Nord qui gagne au loto. Les personnages sont caricaturaux mais vraiment attachants et les messages sont positifs et plein d’amour. On a bien ri !! Manu fait des recherches sur les communautés intentionnelles : des gens qui choisissent de vivre à plusieurs avec des valeurs communes. On ira en visiter une en Slovénie. On réfléchit à continuer à vivre à plusieurs à notre adresse. C’est ce qui nous est arrivé un peu par hasard ces deux dernières années et c’est top !

 

La fête de la viande à Kalamata

Le lendemain, on débarque pleinement confiants à Kalamata pour réparer notre chauffage. Ça fait deux semaines qu’on nous dit que là bas, on trouvera un réparateur! Les enfants chantent d’ailleurs qu’ « à Kalamata y a tout ce qui fa » On tombe sur un garagiste adorable qui prend vraiment la peine de regarder. Il essaie de nettoyer les tuyaux, vérifie l’électricité… mais non, rien à faire, ça ne marche pas… Peut être à Patras… Mais oui, c’est ça… On en a ras le bol d’être baladés de garage en garage, de ville en ville… On se console en profitant de la fête de Tsiknopempti ou jeudi de la viande ou jour de la fumée. Les orthodoxes entament le dernier weekend où ils peuvent manger de la viande avant le carême. Il y a des barbecues partout dans la rue. Au marché, les commerçants offrent des brochettes, les souvlakis. Une mamie nous prend sous son aile et veut absolument qu’on soit servis en premier. Elle essaye même de piquer des brochettes pour nous directement sur le barbecue. Elle nous parle en grec, elle est à fond, trop mimi ! On se balade dans les rues ensoleillées. Il y a un concert sur la place de la vieille ville. Les gens dansent à tour de rôle, comme une déclaration avec le corps, c’est original et ça donne envie de se lancer ! Avec Noé, on s’amuse comme des petits fous dans un magasin qui vend des tonnes de déguisements. Le carnaval a l’air d’être une institution importante en Grèce. On sort tous les quatre en soirée avec l’idée de profiter de la fête mais on dirait que c’est fini. On craque pour des grosses glaces trop bonnes.

 

La Messenie

Nous poursuivons la route direction Koroni. Avec la pluie, la forteresse a des airs d’Irlande. On en profite pour écrire, lire, avancer dans les leçons, cuire un cookie géant à la poêle… Je me lance dans la couture pour fabriquer deux doudous vaudous avec des vieux chaussons. Je suis assez fière du résultat (pour le moindre point de couture habituellement, j’appelle ma mamounette) et ils sont tout de suite adoptés par les garçons qui les intègrent illico dans leurs scénarios fantastiques.
Puis nous redémarrons pour rejoindre le lagon de Voïdokila. Son accès est rendu compliqué par un ruisseau en crue. Il y a de l’eau partout. Qu’a cela ne tienne : je traverse en tong et petite culotte. Le lagon est d’une beauté renversante et voilà que Joseph surgit au détour d’une dune. Mon coeur de maman irradie, il m’a suivie dans ma petite folie et a aussi traversé le ruisseau en slip ! On court comme des fous en criant, le sable nous fouette dans le vent. On se réfugie pour la nuit loin de l’eau et près d’une petite chapelle a l’abri du vent. Ça souffle toute la nuit et il pleut par seau d’eau toutes les 5mn. On croise les doigts pour qu’il n’y ait pas d’infiltrations… Le lendemain, nous avons rendez-vous vous avec une famille de Québécois. C’est leur locataire qui nous a découverts sur Internet et qui leur a conseillé de nous contacter ! On passe un très bon moment avec eux. On a de nombreux centres d’intérêt communs. Ils donnent envie d’aller voir de plus près leur beau pays ! Le lundi 12, la météo est enfin propice à une longue balade. A 9h15 on est tous dehors sac au dos pour explorer le lagon et la forteresse, oh yeah ! Nous cheminons dans les dunes entre le lagon et les marais. Dès que la température monte un peu, les moustiques viennent se taper un petit-déjeuner cinq étoiles sur mon épiderme savoureux. Je remets vite fait bien fait un pull… Puis nous grimpons jusqu’à une forteresse en ruine qui offre une vue panoramique à couper le souffle. On est bien là haut, c’est très photogénique. On redescend par le même chemin et découvrons de magnifiques crocus où les abeilles viennent se ravitailler. Puis nous arrivons au marais sur la pointe des pieds et approchons de près une colonie de flamands roses. Noé est tout ému. En été, toute cette zone est couverte de voitures alors que c’est une réserve naturelle sensible. Nos parcs nationaux et régionaux français sont un vrai trésor. En six mois de voyage, nous n’en avons visité aucun où la nature est vraiment protégée. Nous terminons la journée sur une autre plage magnifique, une zone où les tortues viennent pondre au printemps, ce qui n’empêche pas les gens d’y rouler et d’y jeter leurs ordures…

 

Olympie, la mythique  !

Le 13 février, nous arrivons à Olympie. Un énorme camion aménagé y est déjà posé. C’est la maison d’Amandine, Nicolas, Liam et Keren. Ils passent l’hiver au chaud avant de retourner travailler en France. C’est un plaisir d’échanger avec eux. Ils sont courageux, leurs petits sont encore tout petits, vous savez, ces années où on dort peu et où on vit au rythme des siestes… Les sourires de bébé Keren aux yeux bleus font tout oublier !!! Le lendemain, nous visitons le site. Au musée, Joseph et Noé repèrent avant nous les bas-reliefs racontant les 12 travaux d’Hercule. On ne les arrête plus ! Au stade, on entre par la porte des athlètes (mythique !) et on pique le sprint traditionnel. Ça devait être une ambiance de dingue quand le stade était rempli de 45 000 spectateurs ! Le soir même, nous avons rendez-vous avec d’autres « camionneurs » , Hugues, Emmanuelle et Mia et proposons à Amandine et Nicolas de nous suivre. Nous voilà donc garés entre deux poids lourds. Slowpy parait tout rikiki. Le courant passe bien avec Hugues et Emmanuelle. Hugues est un touche à tout épris de liberté. J’adore sa joie de vivre et ses baskets de toutes les couleurs. Emmanuelle est toute en douceur. J’aime bien parler avec eux. Le courant passe bien entre Mia et Noé qui zizaguent entre les flaques d’eau en trottinette. Joseph, lui, profite que tout le monde soit bien occupé pour lire à volonté. Il a aussi adoré jouer au foot avec Nicolas. Le soir, Amandine et Nicolas nous accueillent tous dans leur home sweet home. Leur intérieur de camion tout en bois est magnifique. La vie de ces deux familles de nomades sans école ni maison ni job régulier nous fait réfléchir sur la liberté, nos croyances et nos valeurs morales. Le lendemain matin, il pleut encore mais on se rend visite les uns les autres, on s’échange des livres et des chaussures, c’est joyeux ,)

 

Patras, une expérience carnavalesque !

Nous reprenons la route direction Patras où le Carnaval va se tenir. Surprise, nous y retrouvons le Cargot voyageur que nous ne devions plus revoir avant la France. Ils sont allés jusqu’à Tirana en Albanie où ils sont tombés en panne de boîte de vitesse. Ils ont fini par en trouver une sur Internet mais ont dû revenir en Grèce pour la récupérer… Tous ensemble, on va se choisir des costumes. C’est comme ça que Mika nous accueille dans le hall de leur hôtel 4 étoiles payé par leur assurance, déguisé en cro-magnon !!! On profite à fond de la douche chaude de leur chambre et sortons déambuler dans les rues animées. Pendant 3 jours, c’est la fête jusqu’à 7h du matin ! On est plus sages que ça mais c’est vrai qu’on aurait bien aimé traîner plus entre adultes. On se fait le dernier des derniers restos avec les copains. Vous savez, on ne les reverra qu’en France… enfin normalement… On se balade jusqu’à la forteresse de Patras d’où la vue à 360 degrés est magnifique: mer et montagnes enneigées en un regard! Le samedi soir, on découvre une longue parade couverte de décibels qui font vibrer nos entrailles. Dans les rues noires de monde, il y a des vendeurs de sifflets, de déguisements et de brochettes. On s’endort moulus ! Mais à 4h du matin, je me réveille en sursaut. On dirait que quelqu’un a frappé à la porte. Je me lève sur la pointe des pieds et jette un oeil dehors en soulevant discrètement un coin de rideau. Je ne vois rien. J’ai dû rêver. Mais 2 minutes plus tard, j’entends un franc craquement vers la porte. « Manu ! Y a quelqu’un ! » Il saute du lit à la vitesse de l’éclair. Ça a suffit pour faire fuir l’indélicat visiteur. Le lendemain, on voit que quelqu’un a effectivement glissé un outil pour forcer la serrure. Glups, on préfère changer de bivouac ! On rejoint un groupe de camping-caristes grecs. Ils nous accueillent chaleureusement et nous rassurent. Ce coin est mieux surveillé. L’arrivée d’une autre famille de Français nous change les idées. Cette fois-ci c’est Camille et Manou avec leurs garçons Faustin et Louison qui viennent nous rencontrer. Le courant passe tout de suite. On part ensemble profiter de la Grande Parade avec les chars et les groupes costumés. Pendant 3 heures, on regarde ce défilé de créativité, de couleurs, d’euphorie et d’exubérance avec un soupçon de revendications sur fond de crise. Je crois que ce sont nos oreilles qui crient grâce en premier. Les enceintes surdimensionnées hurlent une soupe techno qui finit par tâcher les tympans… On file se ressourcer en bord de mer à notre bivouac, autour d’une casserole de pâtes et des souvlakis achetés dans la rue. Les garçons ont encore l’énergie de s’inventer plein d’histoires ! On redémarre pour assister au feu d’artifice final sur le port. Je crois qu’on pourrait encore papoter pendant des heures mais la fatigue et le froid ont le dessus. Le lendemain matin, les copains repartent. C’est la fête de kathara deftera… Comme les grecs, nous sortons les cerfs-volants mais il manque l’ingrédient principal : le vent… On se sent un peu perdus comme un lendemain de fête. La fête est finie, chacun est reparti de son côté, nos organismes ont du mal à se raccrocher à un espace temps quelconque. On trouve l’énergie de faire du repérage pour le lendemain : laverie et garage pour le chauffage trouvés. On finit la journée devant une assiette de calamars, spécialité de ce jour férié. J’appelle mon amie Nadège comme je serais passée la voir, ça fait plaisir de l’entendre. Dodo!
Mardi 20 février, sur la route pour le garage, Manu fait une dernière tentative de réparation sur le chauffage et au moment où le garagiste grimpe dans Slowpy, le chauffage se remet à fonctionner !!! Manu a simplement dévissé et revissé un dernier tuyau. Est-ce que les vibrations l’avaient desserré ou y avait-il une bulle d’air ??? Nous n’en saurons jamais rien mais toujours est il que ça fonctionne. On a même du mal à y croire vu que ça fait pratiquement un mois que nous en étions privés. Heureusement qu’il a fait chaud et beau pendant presque toute cette période. Nous voilà rassurés, nous pouvons quitter le Péloponnèse et remonter vers le Nord sans crainte du froid. Comme c’est jour de chance, je récupère dans une laverie nos 10kg de linge tout lavé séché plié en 2h pour 10 euros. Magie!!!
Nous quittons Patras et le Sud de la Grèce en ferry, direction Rio… à 10mn ! Souvent, quand nous quittons un lieu auquel nous nous sommes attachés, le temps change et la pluie arrive comme pour que nous ayons moins de regret à redémarrer. Donc il pleut en ce 20 février 😉

La belle Leucade

Nous arrivons en fin d’après midi à Messolonghi où nous investissons dans une paire de botte en caoutchouc chacun Manu et moi. Vu la météo de la semaine et l’odeur qui se dégage de nos baskets mouillées qui ne sèchent jamais vraiment, ça devient vital…
Le lendemain matin, nous partons explorer autour de notre bivouac dans la tempête. Ici les maisons sont bâties sur pilotis et il y a des marais salants. On découvre une ancienne saline totalement dévorée par la rouille. Manu improvise une leçon en plein air sur la rouille ! Je me dis que nos deux oiseaux ont de la chance d’apprendre comme ça!
Le jeudi 22, nous rejoignons la presqu’île de Leucade. Manu s’achète un peu de matériel de pêche et les garçons se choisissent chacun un couteau.
Nous allons tout au Sud par des routes étroites et sinueuses avec des panoramas à couper le souffle. Nous sommes émus par la beauté parfaite de la plage de Kastsiki: falaises calcaires et eau bleu lagon. C’est le genre de moments où on savoure notre chance d’être là. En été, ce lieu doit être noir de monde vu la taille des parkings. En revanche, nous n’aurons pas l’opportunité de goûter au miel de la région, toutes les petites échoppes de bord de route sont fermées.
Nous nous endormons tout au bout de Leucade, au Cap Lefkadas, près du phare.
Le lendemain matin, Manu s’offre une douche tiède face à la mer. Pas mal comme salle de bain XXL!
Nous avançons ensuite jusqu’à Vassiliki pour une belle randonnée jusqu’à la plage d’Aghiofili: une crique sauvage de sable blanc et eau turquoise. Je ne résiste pas à la baignade. Je me sens comme une sirène dans cette eau incroyable.
Le soir, nous sommes de retour à Leucade. Manu et Noé partent à la pêche tester le nouveau matériel. J’en profite pour rester un long moment sur Messenger avec Nadine, l’amie qui habite chez nous. Et Joseph lit, bien sûr! Mais 3h plus tard, mes deux pêcheurs ne sont toujours pas de retour. Habituellement, ils ne partent guère qu’une heure. L’inquiétude monte… je vais faire un tour pour les chercher mais je ne sais pas dans quelle direction ils sont partis et Manu est parti sans téléphone ni papier ni argent… Il y a des Suédois près de nous. Je leur explique la situation et repart pour une 2eme recherche en sachant que Joseph est gardé. Et là je retrouve Noé et Manu, ouf !!! Ils n’ont pas vu l’heure passer enfin si un peu mais c’était trop bien pour Noé, il a pêché trois bars ! Je suis grognon, avec Joseph on s’est vraiment inquiétés et l’épisode bulgare nous a déjà suffisamment marqués…
Le samedi 24 nous quittons Leucade avec une bonne réserve d’oranges et citrons direction Ioannina au Nord. Le temps est à nouveau à la pluie. On fait une pause en route au bord du lac Ziros le temps d’une éclaircie. Les gars retentent leur chance à la pêche pendant que je fais le tour du lac à pied. Je tombe nez à nez avec deux écureuils. On se regarde yeux dans les yeux un long moment, j’en suis toute émue.

 

Les Météores

Nous arrivons pour la nuit à Ioannina et allons dîner en ville. Nos copains nous ont recommandé d’énormes et savoureux gyros. On ressort calés pour un moment ! D’ailleurs, depuis, je crois que nous n’avons pas remangé de viande (deux semaines). On visitera la ville dans quelques jours, on veut d’abord filer vers les Météores avant la neige. On fait le plein d’eau et de nourriture. Ça me rassure au cas où nous serions coincés en route par le froid.
J’ai eu le nez fin parce que le lundi 26 nous nous réveillons face au Grand Météore avec 15cm de neige tout autour de nous ! C’est magique! Quel cadeau de découvrir les Météores comme ça ! Je saute dans mes bottes pour aller aider un monsieur qui s’est coincé en voulant faire demi-tour. Le chasse-neige passe ensuite mais ne déneige que la route et pas la zone de demi-tour. Manu panique un peu pour la suite des événements. J’essaie de le rassurer en lui montrant que la situation est parfaite : paysage grandiose, chauffage, nourriture, eau. Nous ne manquons de rien et pouvons patienter sur place plusieurs jours en attendant que ça fonde. Nous allons visiter à pied le monastère de Varlaam. Les garçons sont heureux comme tout de faire d’énormes boules de neige et de sauter partout. La tisane chaude dans notre doux foyer au retour est la meilleure du monde. Le lendemain, le soleil est de retour et la route déjà parfaitement dégagée. Nous allons visiter Aghios Stephanos et Aghia Triada. Puis nous roulons jusqu’à Vlachava pour voir les Météores d’en haut. Ce phénomène géologique est vraiment étonnant. Nous terminons la journée à Kalambaka et savourons quelques pâtisseries. On recherchait des souzoukis, des fils de noix trempés dans une sorte de mélasse, une spécialité locale mais nous n’en avons pas trouvé. Le succulent gâteau imbibé de sirop à l’orange nous a bien consolés…
Nous plantons le bivouac à Trikali face aux Météores.
Le mercredi 27, nous partons sac au dos pour une randonnée qui va nous permettre de visiter Aghios Nikolaos et passer entre Varlaam et le Grand Météore. Le temps est idéal, les enfants gambadent, on fait de belles photos, tout est parfait. Journée de rêve. Les Météores dégagent vraiment une énergie particulière propice à la méditation, on comprend les moines venus là, s’installer dans des grottes pour vivre intensément leur spiritualité.
Le jeudi 28, nous visitons les deux derniers monastères que nous n’avons pas encore vu : le Grand Météore et Roussanou. Puis nous rentrons à Ioannina. Nous trouvons des souzoukis en bord de route!
Objectif de fin de semaine : terminer tous nos articles sur la Grèce et notre fameux bilan des 6 mois. Il fait un temps lamentable. On ne met pas le nez dehors pendant presque deux jours. Des crocs me poussent, je vais bientôt mordre… J’accepte que c’est une bonne idée de terminer nos écrits mais rester enfermée est un supplice pour moi. Je m’octroie des pauses téléphone. Ben oui quoi, après on sera hors UE alors c’est le moment de faire le plein de papoti téléphoniques avec les copines. Ah ouf, dimanche il fait soleil et Manu accepte une pause : on va se balader dans la ville !


Nous voilà arrivés au 5 mars. Bye bye la Grèce! Et merci pour tes plages somptueuses, tes bons petits plats, tes belles routes, ton patrimoine extraordinaire, ta diversité…

 

Véro (et un soupçon de Manu)

La suite : L’Albanie du sud

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