Janvier 2018 : De la Grèce centrale au Péloponnèse en passant par Athènes (Véro)

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23 Mar

Janvier 2018 : De la Grèce centrale au Péloponnèse en passant par Athènes (Véro)

De la Grèce centrale au Péloponnèse en passant par Athènes

par Véro

 

On commence cette nouvelle année en Grèce. Nous nous sommes réveillés en 2018 sur la plage d’Afissos, sur la côte Ouest du Pélion. J’aime quitter une année écoulée en me baladant et démarrer la nouvelle… en me baladant !

Cette année, joie suprême, j’ai partagé ce rituel avec mes trois amours pour une belle balade dans le village tout en escalier d’Afissos. Le Golfe Pangasétique était limpide, calme comme un lac. Je me suis jetée à l’eau glacée pour nager une dizaine de minutes. Le froid brûlait légèrement ma peau, je nageais avec le soleil en face, clic clac, un grand bonheur engrangé pour bien démarrer l’année !

 

Au pays des Centaures…

On continue notre découverte du Pélion en allant jusqu’à sa pointe, au village de Agia Kyriaki. La route est magnifique, on y voit les premières maisons blanches et bleues. On croise des criques de toute beauté.

Sur notre passage, on s’arrête visiter Argalasti. C’est dans ce village que Joseph nous a stupéfaits en nous faisant la présentation de Chiron, le centaure représenté sur le dallage de la place.

Avant d’arriver à destination, on fait une petite halte au hameau de Geroplina. C’est un tout petit port tout mignon. On entamera une balade jusqu’au phare en famille mais je la termine seule, les gars sont repartis à Slowpy car on a oublié de le fermer… Ça me donne une occasion de courir un peu sur le chemin du retour avant que la nuit ne tombe ! Ce petit port nous offre un coucher de soleil grandiose.

Une fois à Agia Kyriaki, on descend visiter le village de nuit. On traverse d’abord un chantier naval, avec la pleine lune ça donne une ambiance spéciale !

Dans le village, il y a deux restaurants ouverts. On se laisse tenter. Il y a des poulpes qui sèchent sur un fil… étrange… On choisit nos poissons, malheureusement ce ne sont pas les as de la cuisson du poisson…

Le lendemain on redescend voir le village de jour cette fois et on tombe sur un papi qui pêche le poulpe !

Puis on visite la petite ville en hauteur de Trikeri. On reprend la route mais dans l’autre sens, on profite du même paysage avec une autre lumière et un autre angle de vue !

Une rivière d’eau chaude !

Rapidement, après une pause shopping à Volos (mes chaussures en cuir qui avaient à peine 4 ans d’utilisation intensive m’ont lâchée !!), nous avons mis le cap sur les Thermopyles. Je vous avoue qu’on a assez lâchement survolé l’aspect historique du lieu (une grosse baston en 480 avant JC qui a contribué à la victoire des Grecs sur les Perses) pour se prélasser deux jours durant dans une rivière chaude alimentée par une source à 45 degrés délicatement soufrée.

Se baigner, déjeuner, lire un peu, se re-baigner, manger, papoter, se re-baigner, re-manger, dormir… pas facile tout ça !! Cerise sur le gâteau, on y a fait des belles rencontres. Renaud qui est en route pour le Mongolie en VTT. Il a rendez-vous là-bas mi-août pour une course de vélo !! Et un couple franco-autrichien, Maëla et Gabriel accompagnés de leur furet Emile et qui voyagent dans un van aussi vieux que notre Slowpy !

On a trouvé le centre du Monde !

Etape suivante : Delphes. J’en gardais un souvenir ému d’un voyage scolaire de lycée. Quelle joie de partager cet émerveillement avec mes amours ! Delphes a longtemps été considérée comme le centre du monde. La mythologie raconte que Zeus fit décoller deux aigles d’une extrémité à l’autre de la terre et qu’ils se sont rencontrés ici. Nous avons eu la chance d’avoir le site rien que pour nous pendant une bonne heure tôt le matin, avantage majeur des voyages hors saison.

C’est émouvant de marcher sur la Voie Sacrée comme les pèlerins de l’antiquité. Joseph et Noé nous ont épatés par les connaissances qu’ils ont engrangées avec leurs lectures. Ils nous guident dans les musées maintenant ! Nous nous sommes tous les quatre émerveillés devant la finesse et la technicité des grecs antiques. Manu philosophe devant la maçonnerie des fondations : chaque pierre est taillée en gardant la singularité et en s’adaptant au contour des autres…

Une belle allégorie de la société idéale : chacun respecté dans son individualité mais tous unifiés pour tenir des millénaires… Moment d’émotion devant le fameux « trésor des athéniens » où il était inscrit « Connais-toi toi-même », première étape de toute quête…

Depuis quelques jours, le retour occupe l’esprit de Manu, comme il n’est encore sûr de rien, son humeur est parfois …houleuse… La beauté du site de Delphes et une petite mise au point le ramènent avec nous… La technique du sourire maintenu 30 secondes aide aussi à changer d’état d’esprit.

Puis visite du monastère d’Ossios Loukas. C’est un monastère-forteresse à l’architecture byzantine inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’Unesco. L’atmosphère y est très apaisante et nous a fait du bien. C’est l’opportunité d’une petite recherche sur la signification des positions des doigts sur les icônes byzantines.

La veille, j’avais formulé le vœu que les moines accueillent l’amoureux pour une nuit ou deux mais ça n’a pas marché, ils ne proposent pas de retraite. Une simple visite aura suffi pour respirer et repartir mieux connectés, ouf.

Janvier, au-delà de toutes les découvertes, visites et rencontres a été un mois assez remuant sur le plan psychologique. La moitié du voyage approchait à grands pas, sensation de compte à rebours qui commençait. Stress du futur à imaginer, de l’équilibre à réinventer au retour… On a beaucoup échangé, creusé dans nos têtes et nos tripes, écrit. Le voyage est bien plus qu’une simple succession de visites !! Il nous emmène au fond de nous-même, face à nos peurs, nos blessures et nos aspirations et désirs !

 

Athènes la mythique

Dans cette ambiance un brin prise de tête, Athènes a été un vrai bain de jouvence ! Manu y a trouvé un beau labyrinthe vers Le Pirée.

A peine posés, on est partis dans une longue balade à pied jusqu’au sommet de la colline du Lycabette. Comme à Delphes, c’était un pèlerinage pour moi. Je devais avoir 17 ans quand j’y ai mis les pieds avec mes profs de lycée (ne jamais sous-estimer l’impact d’un voyage scolaire !)

On a longé l’Acropole, traversé Plaka (quartier pittoresque d’Athènes ultra investi par les touristes qu’on a vraiment effleuré) et la place Syndagma puis grimpé tout là-haut. C’est le point culminant de la ville à 277m d’altitude.

De là-haut, Athènes se dévoile jusqu’à la mer dans une mosaïque de stores oranges et verts. Athènes vue du haut, c’est des milliers de balcons couverts où l’on doit tenter de capter un brin d’air en été, pas de longues avenues bordées de monuments particuliers ou de monuments remarquables sauf un qui capte les yeux du monde entier : l’Acropole !

Place Syngdama , il y a le Parlement et sa garde qui chaque heure est relevée. On est tombés sur ce rituel par hasard et avons savouré : costume impeccable, pas d’équilibriste et pigeons à volonté !

Le deuxième jour, nous avons davantage épargné nos pieds en prenant le métro jusqu’à l’Université et le musée Archéologique. Un retraité grec nous a abordé dans un français parfait. On a parlé de la fameuse crise grecque : imaginez, du jour au lendemain, perdre 67% du montant de votre retraite. Il a fait le signe de « se serrer la ceinture » En l’occurrence, il n’a plus grand-chose à serrer…

Le musée archéologique national est super. Toutes les époques antiques sont représentées : Cycladique, Minoenne, Mycénienne, Archaïque, Classique…

Manu y a découvert un labyrinthe vieux de 3600 ans gravé sur une tablette d’argile, retrouvé vers Pylos. Malheureusement toutes les salles ne sont pas ouvertes par manque de personnel. La crise est passée par là et les solutions libérales ne consistent pas à faire partager plus ceux qui ont plus mais à donner moins à ceux qui n’ont pas grand-chose, donc à réduire les services publics… De fait, Manu est déçu de ne pas voir en vrai le mécanisme d’Anticythère mais est tout excité à l’idée qu’il n’est pas loin. Le génie de ce mécanisme étonne et montre à quel point la civilisation grecque était féconde.

Moi je suis plutôt attirée par les postérieurs galbés des Kouroï… Joseph, lui est à la recherche des représentations d’Athéna et autres dieux de la mythologie. Il dévore les livres de Percy Jackson, une série de livre fantastique qui s’inspire de la mythologie grecque. Du coup il en connait un rayon maintenant et il fait bien le lien avec le voyage.

Athènes la politique

Sortis du musée, nous traversons l’Université (Ecole Polytechnique). C’est un haut lieu du mouvement étudiant. Il y a encore, en monument mémoriel, les grilles écrasées par les chars du régime des colonels lors de la répression du mouvement étudiant pour la démocratie le 17 novembre 1973. Ce mouvement a été réprimé mais la dictature est tombée un an plus tard.

De nos jours, l’Université semble toujours un lieu de foisonnement politique et artistique. C’est un peu déroutant d’ailleurs. A première vue, on se demande si c’est squatté ou s’il y a toujours des cours ! Les murs sont tagués mais les mouvements de personnes ressemblent à ceux d’une Université.

On demande et oui, l’Université est bien toujours en activité ! La libre expression rupestre doit être un héritage de l’histoire du lieu. Les tables d’information des syndicats étudiants rappellent de bons souvenirs à Manu. Dans une cour, sur un mur, il y a un immense graffiti en souvenir du rappeur grec antifasciste Pavlos Fyssas alias Killah P, assassiné par les Néonazis d’Aube Dorée le 18 septembre 2013.

Après l’Université, c’est le quartier Exarchéia… Quartier très surveillé par la police mais de l’extérieur ! Ici l’uniforme n’est pas vraiment bienvenu. C’est le noyau dur de la contestation et des mouvements révolutionnaires. Il n’est pas rare de voir flotter aux balcons le drapeau noir de l’anarchie, rouge du communisme ou noir et rouge de l’anarcho-syndicalisme.

On fait une pause au K-vox, bar autogéré, espace social libre. Malgré une tentative de rencontre, nous n’arriverons pas à entamer une discussion avec quelqu’un… Dommage. Dans ce quartier, on trouvera une bonne cantine à prix modique où on peut goûter plein de plats !

C’est aussi le jour où Noé a opté pour une coupe radicale chez une coiffeuse du quartier d’Exarcheia. Ses belles boucles blondes n’ont pas résisté aux baignades prolongées dans l’eau ultra calcaire et soufrée des Thermopyles. En 6 mois de voyage, il est passé de végétarien à cheveux longs à omnivore à cheveux courts ! Joseph s’est choisi une nouvelle paire de baskets et c’était chouette de le voir marcher, heureux dans ses baskets donc et réaliser qu’il se transforme petit à petit…

Athènes et ses intrigues familiales…

Le troisième jour, nous avons profité d’un ciel bleu magnifique pour grimper à l’Acropole. On redoutait la foule. Belle surprise, hors saison, c’est moitié prix et moitié foule !

Je me rends compte qu’il m’aura fallu faire le tour de tout le site avant de retrouver un brin de sérénité. De bon matin, on s’était tous bien fâchés, envie de les larguer… Je ne sais même plus quel est le point de départ du schmilblick, juste le souvenir d’en avoir ras le bol… Noé de mauvaise humeur, Manu manquant de sommeil et de patience, un mauvais coup entre les frères et patatra… Sur le chemin, je prends mes distances, Manu fait parler Noé, ils semblent être parvenus à quelque chose.

A l’Acropole, Joseph cherche obstinément la grande statue d’Athéna, l’Athéna parthénos. Mais malheureusement elle n’y est plus depuis plus de 2000 ans… Le site impressionne tout de même !

Nous profitons d’une pause au théâtre de Dyonisos pour échanger sur nos émotions, ressentis, états d’esprit, … Cette fois c’est comme si c’était moi qui n’avait plus d’espoir et Manu qui trouve encore des raisons d’espérer. Noé semble faire un bout de chemin…

Finalement, je crois que c’est au Musée de l’Acropole qu’on a fini par opter pour un gros câlin familial de réconciliation. Il faut dire que ce musée est un havre de paix d’un génie architectural de toute beauté. Limite je ne sais plus ce que j’y ai vu tellement j’ai aimé les murs. Il est tout en transparence, ouvert sur la ville. Le genre d’endroit où tu aimerais qu’on t’oublie pour la nuit 😉

La hache de guerre a été définitivement enterrée autour d’un gyros et d’un paquet de frites au fromage succulentes.

Athènes et ses rencontres

Le quatrième jour, nous avions rendez-vous avec Clara, qui avait répondu positivement à la demande de rencontre de Manu sur un groupe Facebook de francophones. On l’a retrouvée avec son amie Marieke au marché d’Exarcheia.

Elles nous ont régalés d’une bonne salade de crudités et surtout, Clara nous a enrichis de sa fabuleuse histoire de vie. Elle est une jeune femme épanouie, nourrie d’une enfance et adolescence à l’école buissonnière avec ses parents artistes. Je lui ai posé toutes les questions qui me brûlaient les lèvres sur sa vie sans école, ses relations avec ses parents, sa sœur… Il y a des années, j’avais passé un Noël fantastique clouée au lit par une vilaine grippe avec entre les mains un livre qui m’a durablement bouleversée, « Et je ne suis jamais allé à l’école » d’André Stern. L’auteur y témoigne de sa vie instruit en famille. Avec Clara, c’était encore mieux 😉 Merci infiniment !

Nous avons fini la journée au marché municipal : abondance d’étals sanguinolents côté bouchers et ambiance maritime chez les poissonniers, nombreux marchands de noix, noisettes, noix de cajou, amandes, fruits et légumes. Une ambiance qu’on aime !

Le dimanche, je suis restée savourer 5h de solitude silencieuse dans Slowpy pendant que les gars ont à nouveau bien marché jusqu’au parlement, le jardin national où ils ont rencontré un français installé là, le stade panathéique, l’Olympéio, la porte d’Hadrien et le mont Philipopapou. Cinq heures pour écrire, téléphoner, lire… ah le bonheur !!

Le soir, nous avions rendez-vous au Nord d’Athènes chez une famille franco-grecque. Céline, ses trois filles et ses parents venus pour trois semaines nous ont bichonnés : pastitsio (gratin de macaronis, viande hachée et béchamel) terrine de lapin française maison et galette des rois à la frangipane. Quelques-uns de nos fantasmes culinaires franchouillards ont été assouvis 😉 Plus des chouettes conversations, deux machines de linge et une douche chaude : nous sommes gâtés !!

Cap sur les beautés du Péloponnèse !

Le lundi 15 janvier, nous mettions le cap sur le Péloponnèse via le canal de Corinthe et Epidaure.

Nous n’avons pas traîné à Corinthe, juste une petite pause sur le pont enjambant le profond canal. Une petite particularité rigolote tout de même : ici ce ne sont pas des cadenas que les amoureux accrochent aux grilles du pont mais des … détritus ! Poches plastiques, emballages, … une curieuse et rigolote façon de recycler !

Au port d’Epidaure, nous avons fait encore une belle rencontre : Joël et Annick, joyeux retraités amoureux de la Grèce en vacances dans l’appartement d’amis. Avec eux, nous avons fini la mission lessive et savouré l’ouzo en attendant que la machine ait fini de tourner, ce qui nous a valu une belle barre au crâne le lendemain matin !

La visite du théâtre d’Epidaure était parfaite : le site juste pour nous pendant une belle heure ensoleillée. On s’y est bien sûr amusés à chanter et faire des tests avec notre voix. Quand tu es au centre, ta voix porte comme si tu avais un micro, c’est bluffant !

J’en ai aussi profité pour faire un brin de yoga, des étirements. Joseph a fait une sieste de lézard. Noé a dompté un chat à coup de croquettes mais n’a pas réussi à le faire miauler assez fort pour que sa voix porte dans tout le théâtre. Manu a arpenté les gradins pour les photos. Un moment de grâce, clic clac et encore un lieu dont on a du mal à repartir tellement on y est bien !

Maintenant, je vous emmène visiter le Péloponnèse. Nous avons parcouru ses côtes d’Est en Ouest, sans oublier une seule de ses péninsules.

Argolide

Pour commencer, il y a la péninsule de l’Argolide avec la presqu’île de Méthana. On a dormi sur une petite plage où l’on trouve une source chaude dans les rochers. 32°, un peu juste pour nous maintenant habitués à des sources chaudes très chaudes…

On s’habitue à tout, nous voilà presque blasés ! N’empêche, c’était un régal d’être allongés dans cette eau tiède, les yeux fermés, bercés par le son des vagues. Nous avons fait le tour de la presqu’île par des routes étroites et sinueuses heureusement très peu fréquentées. A un endroit, les vagues venaient même lécher la chaussée ! Nous avons fait une chouette balade à la fin du jour vers une coulée de lave avant de passer la nuit à l’abri d’une belle tempête dans une crique sobrement appelée « Coast of love », parce que nous le valons bien 😉

Nous avons poursuivi la visite du Péloponnèse en prenant un bateau pour une traversée ultra courte en bateau jusqu’à l’île de Poros. Avant cela, nous nous sommes arrêtés acheter des tomates, des poivrons, des aubergines et des patates à une petite mamie trop mimi. Elle nous a offert presque autant qu’on lui a acheté dont des oranges pour les enfants. Elle nous a raconté plein de trucs en grec et a regardé dans Slowpy. Une rencontre comme on les aime !

Poros, c’est une adorable petite ville avec des maisons blanches sur fond d’eau bleue. Avec le soleil ce jour-là, c’était paradisiaque ! On y a rencontré un couple d’Espagnols avec un bébé qui nous a invités à bord de leur bateau amarré dans le port. Ils nous ont offert des sardines qu’un pêcheur leur avait offert. C’était chouette de parler de nos expériences. Eux sont moniteurs de plongée et profitent un peu en attendant le début de la saison touristique.

Le soir, nous avons grillé les sardines sur le feu, installés sur les hauteurs d’Hermioni, autre petit village sympathique. Il y avait un beau ponton de bois, ancienne terrasse d’un restaurant abandonné. Spot de rêve pour faire notre gym du matin largement zappée depuis trop longtemps.

Nous sommes ensuite restés 4 jours à Nauplie où nous avons fait le plein de chaleur humaine : Juliette et Théo, un couple de français avec leur chien en van aménagé, un autre couple en vélo, Julie et Timothée et nos copains du Cargot Voyageur sans oublier un papa serbo-espagnol avec ses deux enfants mi-japonais parfaitement trilingues 😉

La police nous a délogés de notre premier spot, une belle plage honteusement couverte de déchets. Je n’avais jamais vu d’agent de police de cette sorte : une femme à talons aiguilles ! Avec son acolyte, elle a voulu nous faire signer un papier et nous faire payer 300€ Nous avons refusé et ils sont partis en grommelant et en nous disant que tout ça nous suivrait en France… On s’est trouvé un autre beau spot en bord de mer et nous sommes remis de nos émotions avec une côte de bœuf grillée à 17h.

Les retrouvailles avec le Cargot voyageur prennent toujours des allures de restaurant gastronomique ;))) A Nauplie, j’ai adoré mon escapade seule en vélo le premier matin par un beau chemin côtier. Manu a savouré une séance de QiGong sur la plage. Ensemble, on s’est baignés dans une jolie petite crique près du centre. Joseph m’a scotchée : il a sauté à l’eau depuis les rochers. Il en avait rêvé, il l’a fait !! L’eau est plutôt glacée et lui réputé pour être frileux.

Ça aussi ça a bien changé en 6 mois !!

Il y a eu les bons moments en équipe : Camille et moi en virée shopping (hop, une écharpe toute douce pour l’amoureux !), Camille et moi en balade au soleil couchant, les hommes en virée courses pour nos festins, en virée café en tête à tête, avec les enfants au marché et aussi une belle balade tous ensemble jusqu’à la forteresse, un petit déjeuner de gaufres… Bref, la dolce vita !!!

Le 24 nous redémarrions chacun dans différentes directions, avec la pluie et le froid, fin de la fête.

Leonidion

C’est là qu’on s’est rendu compte que notre chauffage avait rendu l’âme… On est allés réchauffés nos corps et nos âmes dans un café coopératif très agréable dans le village de Léonidion.

Léonidion, c’est le paradis des grimpeurs : un petit village coiffé d’une longue barre rocheuse ! Au café, il y a les topos d’escalade, des revues d’escalade, de la bière bien sûr : bref c’est là qu’on vient parler de ses perfs du jour ! Souvenirs souvenirs, j’ai eu grimpé, il y a… outch… presque 20 ans… !

Nous avons dégoté le bivouac idéal pour nous pauvres humains sans chauffage : abrité du vent et au soleil presque toute la journée, sur le port de Plaka. Manu et Noé sont partis pêcher mais sont encore rentrés bredouilles. Manu a laissé traîner une ligne le temps qu’on dîne. Il a ramené d’horribles vers marins plein d’espèces de piquants berk.

On a bien ri !!! (Grâce à Isa qui suit notre périple, on sait que c’est une Néréis, vers annélide polychète qui n’a pas de pattes mais des parapodes) Le matin, je suis allée à l’auberge la plus proche demander s’ils connaissaient un garage où on pourrait nous réparer le chauffage. La dame a appelé quelqu’un et m’a dit qu’il allait passer. On a passé la journée à l’attendre et il est finalement arrivé le lendemain matin ! Pour nous orienter vers un autre garagiste, qui nous a orientés vers un autre garagiste… Tous nous parlaient de Kalamata, grande ville où pour sûr on trouverait une solution !

C’est à ce moment-là que la direction a émis d’étranges résistances et qu’un bouchon du circuit de gasoil a explosé… Glups, à l’aube de nos 6 mois, un festival d’avaries s’est déclenché !! On est resté assez zen en philosophant, en se disant que tout ça venait tester notre motivation à continuer… et on a choisi de continuer la route… qu’on verrait à Kalamata voire en Albanie pour des grosses réparations si nécessaire. Depuis, la direction ne s’est plus jamais plainte et le chauffage a été réparé. C’est Manu lui-même qui a fini par trouver le problème : un écrou dévissé par les vibrations et autres secousses du voyage ! Y a pas que nos têtes qui prennent du jeu…

Monemvassia

Ce jour-là, je me suis régalée à conduire sur des routes de montagne (encore de la neige !) et même une belle piste bordée d’anémones et d’oliviers. Nous visions Monemvassia mais vu le temps de trajet, nous avons échoué à Geraki Port. Quelle chance ! C’est un petit port au bord d’une sorte de fjord. On a eu un beau coup de coeur pour cet endroit : baignade pour moi, sensation d’être un poisson en Norvège, cueillette de salicorne, balade panoramique sur l’ancienne acropole… Rencontre avec un papi danois dans un van sans âge et un couple de Suédois qui nous a donné envie de visiter leur pays.

Et le lendemain, retour du Cargot Voyageur ! Cette fois-ci, il a fallu aller les dépanner. C’était leur journée poisse : après un détour de deux heures à cause d’un col enneigé, ils sont passés par la même piste que nous et ont crevé à 3km de nous… Sauf qu’une fois la roue changée, elle frottait leur châssis… glups… Ils ont fini en airbnb financé par leur assurance le temps que leur cargot soit réparé : une barre de leur châssis s’était rompue ! Heureusement, des copains à eux étaient là pour quelques jours avec une voiture de location si bien qu’ils ont pu se balader quand même. D’ailleurs, c’est ces copains-là, Yann et Stéphanie qui nous ont livré la liseuse tant attendue pour assouvir la soif de lecture de Joseph.

Nous avons fini par repartir de ce petit paradis pour rejoindre Monemvassia. On l’a exploré avec le sac à dos et le pique-nique, savouré tout en haut du rocher. On a compris pourquoi tout le monde nous parlait de cet endroit : c’est un village fortifié très bien préservé, un vrai bijou.

Et c’est aussi un spot à rencontres pour les voyageurs ! Nous avons fait la connaissance d’une jeune couple adorable, Agnès et Valentin et une petite famille avec qui nous avons un rendez-vous manqué. On devait se voir le lendemain matin et ils sont partis précipitamment. Nous étions un peu inquiets parce que la veille, un de leurs petits a fait une belle chute… Ils roulent avec un vieux camping-car tout vert et violet et viennent de Florac. Si vous croisez leur route, donnez-leur nos coordonnées. On avait vraiment hâte de passer du temps avec eux ! Une fois tout ce petit monde reparti, nous avons terminé un gros dossier : l’enregistrement par les garçons de leur récit de voyage pour la Roumanie, Bulgarie et Turquie !

Avant de quitter Monemvassia, on a une (autre) petite avarie à faire réparer : un tout petit clou s’est logé dans un de nos pneus…

Puis nous avons roulé quelques kilomètre de plus pour nous poser sur une longue plage de sable près de Néapoli. C’est une plage « sensible » où les tortues viennent pondre au printemps. Ecœurée qu’elle soit souillée par les déchets, j’ai pris un sac poubelle et j’ai ramassé tout ce qui traînait. En Grèce, on trouve partout des verres en plastiques avec un couvercle et la paille. C’est un véritable fléau !

Nous avons passé là deux belles soirées autour de la marmite sur le feu, éclairés par une énorme pleine lune, avec un jeu inventé : l’un de nous cherche et garde dans sa tête un sujet, l’autre un verbe, le 3eme un adjectif et le 4ème complément circonstanciel. Puis, on les dit dans l’ordre, ce qui forme généralement une phrase hilarante ;). Pendant que Manu terminait le montage de la vidéo des gars, je me suis aussi évadée pour une belle balade au coucher de soleil. On s’est tous baignés et douchés sur la plage. On a bullé, respiré… le bonheur !

 

Véro (et un soupçon de Manu)

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One Comments “Janvier 2018 : De la Grèce centrale au Péloponnèse en passant par Athènes (Véro)

  1. magnifique photos , on espere le faire un jour nous aussi , pour l’instant nous allons visiter l’espagne dans la foulèe le maroc et au retour le portugal , bon voyage a vous .

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