Croatie

10 Nov

Croatie

La Croatie en 5 actes

Acte 1 : le Nord de la Croatie en septembre

Vendredi 29 septembre : Donafalva (Hongrie) – Kopacki rit (Croatie)

On se réveille dans le jardin de Sylvia et Robert. Ils nous ont laissé la clé de la maison. Ils la laissent toujours sur la porte de toute façon. Eux sont partis tôt au travail. Hier soir, ils nous ont donné des bonnes pommes de leur jardin, des poires et des confitures aussi. Joseph et Noé profitent encore un peu des chatons. On laisse sur la table de la cuisine un petit mot pour leur dire notre gratitude.

Nous revoilà sur la route, le cœur plein d’émotions, direction la Serbie et la Croatie. Eh oui, aujourd’hui, nous passons deux frontières !

Nous pourrions rester en Serbie, sur la rive gauche du Danube mais ça nous priverait d’une région tout au Nord de la Croatie, la Slavonie, dans laquelle j’ai repéré un Parc Naturel : Kopacki Rit. On s’arrête dans une épicerie dépenser nos derniers Forints hongrois. Les garçons ont eu leur première boîte de claque-doigts, ils sont tout foufous. On rencontre des Suisses et des Autrichiens installés là pour vivre plus à l’aise avec leur maigre retraite. L’aspiration à mieux vivre est universelle !

[commentaire de Manu] Il y a aussi une migration des pays les plus développés économiquement vers les moins développés : celle des retraités aux petites pensions… Les retraités vont là où c’est bon marché et les actifs vont là où il y a du travail… [fin du commentaire].

La frontière hongroise est hérissée d’une triple rangée de barbelés qui fait froid dans le dos. L’entrée en Serbie impressionne les garçons : le douanier entre dans Slowpy, ils sont presque au garde-à-vous ! Nos passeports nous reviennent tamponnés. C’est étrange pour nous quarantenaires européens de vivre le contrôle, la frontière, la douane. On avait presque oublié que ça existe. Ressentir un instant le stress de celui qui demande à entrer mais bien protégés par nos passeports français. Deuxième contrôle à l’entrée en Croatie. On file à Osijek visiter la citadelle (construite par les Habsbourg et épargnée par la guerre) et retirer des kunas à la banque, nouvelle occasion de faire des maths pratiques avec les garçons ! On remarque les traces de la guerre de 1991 : il reste des murs criblés de traces de balles, ça refroidit.

On arrive dans le Parc naturel à la fin du jour et on a la chance de faire une belle balade aménagée sur des pontons au-dessus du marais. Des milliers d’oiseaux migrateurs passent par là, nous espérons en voir ! Le crépuscule est sonore ici : on a droit à un concert d’oiseaux et de grenouilles impressionnant sur le lac Sakadas.

Kopacki rit

Toujours curieux de cette recette de cuisine au chaudron, on pousse la porte de l’auberge du Cormoran. La préparation est assez longue mais ça en vaut la chandelle ! On nous sert un succulent bouillon de paprika dans lequel ont cuit des morceaux de carpe et de brochet, accompagné de pâtes fraîches maison qu’on ajoute dans l’assiette. Les garçons ont opté pour de la carpe panée. Je redoutais un vieux goût de vase mais non, c’est vraiment fin.

Dans la salle, il y aussi une tablée de gaillards truculents. On pouffe de rire en les voyant se nouer autour du cou une sorte de grand bavoir rose avant d’attaquer la marmite de soupe. Par-dessus ça, ils ingurgitent un plat gargantuesque de poissons, à une vitesse redoutable. Puis ils prennent leurs instruments de musique, s’accordent et partent jouer dans une autre salle.

On irait bien les rejoindre mais le serveur nous explique que c’est une soirée privée. Leur musique semble nostalgique, on imagine qu’elle raconte l’amour du pays, les souvenirs, les amours passés. On rentre se coucher et on s’endort en les écoutant de loin. Le patron nous a autorisés à rester sur son parking pour la nuit.

Samedi 30 septembre : parc Kopacki Rit

On fait un petit bout de route pour commencer un peu plus loin une balade à vélo.

[Commentaire de Manu] Lors de la balade, je casse ma chaîne de vélo et on perd le saucisson ! Pause obligatoire, heureusement j’ai le matériel pour réparer ma chaîne et en revenant vers l’eau pour me laver les mains, je retrouve le saucisson ! Plus tard, je me trompe sur la carte et on se retrouve sur un chemin difficilement praticable, l’heure avance et l’angoisse monte. Heureusement, on s’en aperçoit et on fait demi-tour à temps. [fin du commentaire]

Kopacki

Dans un champ, on découvre émerveillés une colonie d’oies sauvages. Elles sont des milliers à prendre une pause sur leur longue route vers l’Afrique. Dans la journée, nous aurons aussi la chance de voir des aigles. Je savoure toute la journée le soleil radieux. Manu, lui, s’éclate avec son appareil photo. Le soir venu, les hommes partent à la pêche. Nos p’tits gars se débrouillent de mieux en mieux. Pendant ce temps, je savoure le silence en préparant quelques travaux scolaires.

Kopacki rit

En se couchant, on pense aux mines : le guide recommande de ne pas s’éloigner des chemins balisés car il reste encore des mines dans les forêts depuis la guerre. L’horreur de la guerre paraît irréelle : comment tout cela est-il possible ?? En tout cas, on est sagement resté sur les pistes. Les garçons se souvenaient très bien de l’exposition sur les mines du ballon des Vosges…

kopacki

Dimanche 1er octobre : Kopacki rit – Ilok

D’abord, un peu d’école. On essaie de se caler sur le rythme des copains. Les maîtresses des garçons nous envoient régulièrement des mails pour nous dire où elles en sont et partager leurs documents. Ce temps qu’elles prennent pour les enfants nous touche ! En voyage, il y a maths les lundis et mardis, français les mercredis et jeudis et tout le reste les autres jours. Mais en réalité, tout se rencontre et interfère au quotidien. Les apprentissages sont très concrets. Bon, avec le beau temps, les visites, les rencontres, la route etc, lundi devient vite mercredi ! Objectif ; avoir fait le travail de la semaine quand le dimanche arrive !

Kopacki rit

Ensuite, on quitte le Parc. Un dernier serpent sur la route, ça faisait longtemps ! Je crois que j’en ai vu plus en deux semaines qu’en 20 ans !! Quand j’arrive à les repérer à l’avance, ça va, j’arrive à les observer, les photographier pour ensuite chercher dans nos livres. Mais bon sang, qu’est-ce que je n’aime pas quand ils déboulent dans mes pieds sans prévenir !!! Je sens alors l’appréhension prendre le dessus… C’est mon papa qui serait heureux ici, lui il adore les reptiles !

Nous voilà arrivés à Vukovar. On sait que c’est là que les habitants ont le plus longtemps résisté quand la guerre a éclaté en 91 mais on prend l’horreur de la guerre en pleine tête quand même. J’ai des souvenir d’avoir vu ça aux infos quand j’étais petite, un certain Milosevic, les charniers. C’était loin mais je ne comprenais pas tous ces massacres. On visite le mémorial d’Ovcara.Read More

9 Nov

Interview de Manu sur le voyage 20 septembre 2019

Manu a été interviewé le 20 septembre 2019 sur RCF dans l’émission Libres Propos.

Avant le voyage, Manu participait régulièrement comme débatteur à l’émission Libres Propos sur RCF 63 où un thème était donné et un panel de participants échangent leurs idées sur ce thème. Cette fois, pour l’émission du 20 septembre, Manu est l’invité ! Le thème de l’émission portait sur le voyage en général et notre voyage en particulier.

Bonne écoute !

10 Sep

La Bosnie du 18 avril au 1er mai 2018 par Véro

Deux semaines en Bosnie

Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 18 avril au 1er mai on découvre la Bosnie  après le Monténégro et avant la Croatie. Découvrez avec nous des cheminées de fées, des étranges pyramides, des vestiges des jeux olympiques, les belles Sarajevo et Mostar, les traces d’une religion perdue, des rivières magnifiques…

Les ceintures sont bouclées ?! Les placards et le frigo sont fermés ?! Les fenêtres et les portes verrouillées ?! Les rideaux sont ouverts ?! Plus rien ne peut tomber ?! Contrôle visuel ok ; Niveaux ok ; eau ok ; vidange ok …

On démarre ! 

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Mercredi 18 avril  : Premier pas en Bosnie… enfin, en République Serbe de Bosnie…

Le temps est à la pluie. Nous entrons en Bosnie, en République Serbe de Bosnie précisément, par le poste frontière de Scepan Polje en provenance du Monténégro par une route percée dans la montagne avec pas moins de 56 tunnels et au bout d’un pont en bois large pour un seul véhicule… Nous avions déjà fait une tentative d’entrée en Bosnie une semaine auparavant mais refoulés pour non présentation de l’original de notre carte verte d’assurance. On croise donc les doigts pour que cette fois-ci on ne nous demande rien. Quand on arrive, les douaniers sont occupés à fouiller de fond en comble une voiture occupée par quatre jeunes autrichiens. On se dit que ça va être quitte ou double pour nous : soit les douaniers sont déjà assez occupés comme ça soit c’est un poste frontière tatillon et en ce cas, on risque d’être encore refoulés… Chance, on passe!! Ouf…. 

La route qui suit est plutôt une piste boueuse pleine de trous. Étrange comme voie frontalière surtout qu’elle est empruntée par pas mal de camions. La route longe la Drina, le canyon a l’air chouette et les stations de rafting me font rêver… Sur la route on trouve aussi pas mal de bâtiments meurtris par la guerre.

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On s’arrête dans la petite ville de Foča pour trouver une carte sim (10 Giga pour 5 € !) et faire quelques courses. Je suis garée comme un pied au milieu des taxis mais ils sont cools. Je papote en anglais avec le chauffeur d’à côté qui est curieux de savoir ce qu’on fait là. Manu revient avec la carte magique et nous achète aussi quelques victuailles bosniennes dont de la viande séchée succulente.

Manu a repéré sur la carte des pyramides intrigantes près de Stovic. On s’embarque sur une piste sans trop savoir où on va et ce qu’on va y trouver. Comme au Kosovo, les petites merveilles semblent se mériter !  La surprise est très sympa : ce sont de jolies cheminées de fées, étonnantes colonnes de concrétions coiffées de roche. On passe la nuit là en espérant découvrir le lieu avec un rayon de soleil le lendemain.

Jeudi 19 avril : Se réveiller au milieu de belles cheminées de fées

bosnieOn est exaucés : on est réveillés par le soleil et les oiseaux qui chantent! Après quelques dernières photos du lieu, on démarre pour rejoindre des voyageurs qui ont eu eux aussi bien du mal à entrer en Bosnie pour la même raison que nous. Hugues, Emmanuelle et Mia et leur chien Goji voyagent en poids-lourd, on s’est rencontré en Grèce à Olympie, on se suit sur Internet et on a hâte de se revoir.

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On se retrouve à Igman Moutains, site de saut à ski des jeux olympiques de 1984. Il y a un immense parking désert au pied des pistes. Ils ont déjà exploré les lieux et ont le courage de regrimper avec nous jusqu’en haut des pistes. J’ai adoré m’asseoir en haut du grand tremplin de saut à ski et me mettre 5mn dans la peau des skieurs oiseaux qui s’élançaient de là!! L’aire d’atterrissage parait minuscule… En bas, il y a encore le podium olympique et on photographie nos enfants champions. 

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On se passe une belle soirée autour de la marmite sur le feu. On aime vraiment discuter avec eux, de notre quotidien, de nos idéaux, de nos choix de vie, de l’instruction et de l’éducation des enfants. Ils sont sincères et cerise sur le gâteau, ils ont de l’humour ! Les enfants eux ont tout l’espace pour faire du vélo et de la trottinette. 

 

Vendredi 20 avril : atterrissage raté à Sarajevo

La journée passe à papoter encore et encore, les enfants jouent, Manu bricole l’interrupteur du robinet de l’évier… En fin d’après-midi, on se décide à démarrer pour descendre à Sarajevo en pensant que ça sera facile de s’y garer après que les travailleurs soient partis. Hélas, c’est une galère sans fin. Les parkings nous refusent sous prétexte qu’on risque de se faire cambrioler dès qu’on va quitter nos véhicules. Toutes les rues sont payantes. Avec nos deux véhicules, on a besoin de beaucoup de places. On tourne et on vire jusqu’à s’enfuir !

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On se dit qu’on retentera notre chance dimanche et on file dans le noir plus au Nord à Visoko, réputée pour ses mystérieuses pyramides. Arrivés là-bas, dur dur de se trouver un bivouac dans le noir. Usés on squatte un parking de bus interdit la nuit… Les enfants sont frustrés qu’on n’ait pas eu de soirée tous ensemble alors on invite Mia à bord pour partager les pâtes avec elle. Avant de s’endormir, on fait quelques recherches internet sur les pyramides. On trouve plein d’explications pseudo scientifiques qui paraissent assez fumeuses. Je ne sens pas cet endroit…

Samedi 21 avril  :  pyramides ou pas pyramides ?

bosnieLes premiers bus arrivent à 7h30!!! Je me gare un peu mieux avant qu’on ne se retrouve coincés. Mais qu’est ce que c’est ce que ce bazar? C’est quoi au juste ces pyramides?? Visiblement, ça draine les foules… Réveillée pour réveillée, j’enfile les baskets et vais explorer les alentours. Je découvre un espèce de tunnel qui entrerait dans une pyramide. Guide et casque obligatoire pour parcourir 100m dans une galerie et une première promesse de réaligner ainsi nos chakras moyennant quelques euros… Visiblement, il faut aussi avoir le porte-monnaie épanoui. Un kilomètre plus loin, je tombe sur une course de motocross et sur le retour, je longe un beau parc sur le thème de la méditation et des énergies. Il y a même un labyrinthe ! Mais je ne vois pas de pyramide. On est entourés de collines boisées. On passe un bon moment dans ce parc tous ensemble. S’il n’y avait pas de bruit de débroussailleuse ou d’odeur de peinture sur le parcours, ça serait plutôt agréable. 

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On fait quelques kilomètres de plus pour se garer au pied de la pyramide du soleil sur laquelle on espère grimper et résoudre le mystère des pyramides. Il fait très chaud alors on se réfugie sous les arbres pour pique-niquer. Emmanuelle et moi partons ensuite faire quelques courses avec leur poids-lourd. On s’est bien marrés en voyant les têtes des passants. Deux femmes seules à bord de ce gros camion, ça ne passe pas inaperçu !! 

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Pour la pyramide, il faut d’abord s’alléger de quelques euros avant d’espérer ressentir les ondes telluriques du sommet… Cette « pyramide » est censée avoir été construite par des « intelligences venues d’ailleurs ». Manu rétorque que si c’est pour faire des bétons aussi médiocres c’est pas la peine de traverser l’univers … Pour lui, il est clair que ce qu’on a sous les yeux est d’origine géologique et non le fruit d’une quelconque intelligence consciente terrestre ou extraterrestre. Ça monte raide, Manu et moi finirons l’ascension en amoureux, enfants confiés aux copains ! Sur le chemin du retour, on croise un « guide », je me permets de l’asticoter sur cette histoire de pyramide, il ne démord pas du discours de son employeur. C’est bizarre, le lieu n’a transcendé personne… Au sommet, la vue est sympathique, c’est déjà ça…Et on s’aperçoit que l ascension par la face opposée est gratuite…

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On se trouve un bivouac bien cool au bord d’une rivière. On commence par ramasser les lingettes et autres détritus, comme d’habitude. Manu confectionne une douche sauvage au bord de la rivière. On se régale du pesto d’ortie préparé par Hugues et on papote, encore, et on s’aperçoit même que Manue connaît la sœur de Manu !

Dimanche 22 avril : Sarajevo, atterrissage réussi !

On retente notre chance à Sarajevo. Comme on est dimanche, il y a de la place dans les rues et le stationnement est gratuit, on profite du bon plan du Cargot Voyageur. On commence la visite de Sarajevo ensemble puis nos 2 familles se séparent un peu pour continuer chacune sa propre visite. C’est pas mal comme ça, ça permet de partager un moment et aussi de faire une visite à son rythme et selon ses habitudes.

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La ville est encore marquée par la guerre de 1992. Sarajevo avait été assiégée par les Serbes. La situation géographique de la ville la rend très vulnérable : elle est au fond d’une vallée, entourée de collines. L’armée de Milosevic n’avait qu’à s’installer tout autour et pilonner la ville. Il y a des lieux de mémoire où se sont déroulés des massacres : le marché, devant la cathédrale catholique, etc. Bien sûr des musées et des expositions entretiennent le souvenir et nous permettent de revenir sur une période difficilement comprise à l’époque. Ces derniers jours Manu se visionne une série de documentaires sur cette guerre.

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On se balade un peu au quartier ottoman puis sur les hauteurs. Un groupe de migrants s’est installé dans un square et une ONG semble prodiguer nourriture et soins. Les routes se fermant pour les migrants, ils tentent d’accéder à l’Europe par les Balkans. La Bosnie n’étant pas dans l’UE et ayant un mode de gouvernement compliquant (3 Présidents : un bosniaque, un croate et un serbe) fortement la prise de décision, les migrants sont épargnés dans ce pays. Enfin un endroit où ils peuvent souffler un peu après avoir été pourchassés en Grèce et avant d’être maltraités en Croatie ou en Hongrie.

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On se retrouve le soir avec Le Voyage de Mia dans un petit resto où il est possible de trouver de la cuisine végétarienne pour nos copains. On se balade ensuite ensemble pour voir Sarajevo de nuit cette fois. En discutant, j’apprends que Hugues a une formation artistique,  on comprend mieux pourquoi il fait de si belles photos sur son compte instagram !

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Lundi 23 avril : les belles sources de la Bosna.

A 8h, un policier informe Hugues qu’on doit vite s’en aller. Ils sont en train de vider le quartier. On est proche d’une ambassade. On se dit vite au revoir. Nos routes se séparent ici. Noé s’est fort attaché à Mia et c’est émouvant de les voir se serrer dans les bras.

On va se poser quelques kilomètres plus loin à la source de la Bosna. Le parking et l’entrée sont payants. Déjà au Monténégro, on avait eu ce genre de déconvenues avec la nature à péage. C’est difficilement compréhensible pour nous. Heureusement, on va vite découvrir qu’en Bosnie, il y a souvent deux entrées aux sites naturels et qu’en observant bien la carte, on peut se balader librement. Et puis on apporte quand même notre contribution a la préservation de ces lieux en ramassant les déchets. Pour la Bosna, il a suffi qu’on se gare à moins d’un kilomètre. Une fois le petit-déjeuner avalé et l’école faite, on va se balader au bord de l’eau. La source jaillit avec un fort débit et se disperse en plusieurs bras. L’eau est parfaitement limpide. L’endroit est reposant. Un petit oiseau marron avec un ventre blanc qu’on n’a pas su identifier nous émerveille : il vole très vite et plonge à pic en un éclair. On fait une belle cueillette d’orties pour le dîner.

On se décide ensuite à revenir sur nos pas en direction des hauteurs de Sarajevo. Le panorama la-haut est très beau. On rencontre des Français qui vivent en Bosnie. Ils ont eu le coup de cœur pour ce pays il y a quelques années et ne reviendraient pour rien au monde en France. Ils nous conseillent de ne pas sortir des sentiers battus car il reste des mines. En se baladant, on découvre les vestiges de la piste olympique de bobsleigh de 1984 : on peut la parcourir à pied de haut en bas. Elle est couverte de tags. Un défi germe dans ma tête : la descendre en trottinette ! Pour l’instant, la priorité est de se trouver un bivouac panoramique pour le coucher de soleil. On est très gâtés, on trouve une toute petite plate-forme en nid d’aigle juste assez grande pour nos 6 roues et la table de camping. Soirée de rêve à cuisiner et papoter sur ce balcon de luxe…

Mardi 24 avril en piste pour expérimenter les pistes de bobsleigh !

L’école d’abord les gars! Et trottinette!! Ouahou, je me lance la première, suivie de Noé… Les freins sont trop faibles, je prends trop de vitesse, aaaaaaaah!!! Pas fière, je réussis à m’arrêter. Noé lui a continué sans sourciller! Inspirés par d’autres voyageurs, on se fait une petite séance photo façon Rasta Rocket. Ça sera un beau souvenir!

En redescendant on passe par la partie Serbe, on s’arrête faire des courses et on tombe sur une autre marmite avec son trépied ! On ne résiste pas à en faire l’acquisition ! Nous voilà bien équipés avec nos 2 marmites, on pense à d’éventuelles grandes soirées marmite avec des copains à notre retour !

On termine la journée aux tremplins de saut à ski où on était avec les copains. On s’est en effet rendu compte qu’on laissé là-bas une pince à feu qu’on aime bien. Hélas, elle n’y est plus mais Manu en trouve une autre ! On finit la soirée blottis ensemble à regarder l’Echappée Belle sur la Bosnie.

 

Mercredi 25 avril  Mostar, phénix des balkans

On se réveille chauffés par le soleil. Notre route du jour longe la Neretva, grand fleuve parsemé de barrages. Après avoir pique-niqué les pieds dans l’eau, nous rejoignons un greeter (un habitant bénévole qui nous guide dans sa ville) à Mostar. C’est la première fois qu’on teste ce mode de découverte et on apprécie vraiment les explications d’Ivan.

Mostar est célèbre pour son pont. Il relie la partie bosniaque/musulmane à la partie croate/catholique. Pendant la guerre, les Croates et les Bosniaques étaient alliés. Puis un revirement a eu lieu et les Croates se sont retournés contre les Bosniaques. Le pont multicentenaire en a fait les frais… Il a bien sûr était reconstruit depuis avec les pierres originales. C’est un haut lieu touristique aujourd’hui et parfois on peut y voir des jeunes plonger du haut de l’arche.

La ville est aussi très marquée par la guerre comme Sarajevo. Les carcasses de bâtiments sont conservées pour le souvenir et parfois même réhabilitées. On trouve aussi quelques bâtiments typiques de l’architecture titiste et des restes de l’influence autrichienne.

Le 25 avril, c’est aussi l’anniversaire de papi moustache, le papa de Manu : 70 bougies qu’on aurait bien aimé souffler avec lui… On se rattrape en lui chantant/braillant « joyeux anniversaire » dans le téléphone. 

Nous nous endormons au bord d’un stade, entre université et mosquée.

Jeudi 26 avril un spot de rêve

Le muezzin local est aussi matinal que les muezzins turcs : pour la grasse matinée, on repassera… Avant de quitter Mostar, on choisit de rendre hommage aux deux camps en grimpant sur la colline côté croate et la colline côté bosniaque. Des deux côtés, on affirme sa présence et sa supériorité à coup de lettres en rochers sur la colline façon Hollywood ou avec une croix gigantesque. Nous, on voit surtout combien les attaques ont dû être violentes.

La chaleur nous fait fuir et rêver d’eau fraîche: direction la source de la Buna ! Il y a là bas, un très beau tekké, un monastère bektashi. Du coup c’est assez touristique mais nous trouvons l’itinéraire bis et nous voilà bien heureux à pique-niquer les pieds dans l’eau fraîche à l’ombre face à la source et au monastère. 

Nous passons ensuite par Citluk, village au milieu de vignobles. Manu investit modestement dans quelques litres de vin rouge bio en biodynamie. 

Encore quelques kilomètres et nous voilà à Lourdes ou presque : Medjugorge est un haut lieu de pèlerinage catholique en Bosnie. La vierge y est apparue plusieurs fois. La chaleur, les innombrables boutiques et hôtels ne nous incitent pas à rester bien longtemps.

Nous atterrissons avec joie dans ce qui semble être un bivouac de luxe à proximité des cascades de Kravica. On est posés au bord de l’eau fraîche. Il y a comme un grand bassin aménagé, alimenté par la rivière, une terrasse et une sorte de restaurant qui a l’air abandonné et qui a été submergé par la rivière. Pas de barrière. On commence par nettoyer les lieux. On est vraiment choqués qu’un si beau lieu puisse être autant souillé. C’est là que la décision est prise de lancer un appel à tous les voyageurs sur les réseaux sociaux pour le nettoyage systématique des bivouacs. Manu suggère à chacun de nettoyer son bivouac et de poster sur les réseaux sociaux une photo du bivouac et des déchets collectés. On espère ainsi sensibiliser à plus grande échelle sur le rôle que chacun peut jouer pour protéger la planète. On se jette ensuite à l’eau, bienheureux de se rincer de la sueur du jour mais l’eau est vraiment glaciale ! On ne craint plus rien au bout de 8 mois de voyage!

Le propriétaire des lieux passe et nous dit que c’est ok qu’on reste là, qu’on est les bienvenus. Il nous explique qu’il commence à remettre le restaurant en état pour la saison. Ça veut dire enlever tout le bois mort, refaire les terrasses, reconstruire tout ce que la rivière a emporté, comme chaque année. Il a l’air sympa, le courant passe bien.

Pour le dîner, on se régale d’une bonne truite pêchée dans la rivière.

Vendredi 27 chez Ljubo

Il fait toujours aussi chaud alors à l’unanimité, on décide de rester ici pour la journée et une deuxième nuit. La journée passe à se baigner, écrire, faire la sieste, pêcher, dessiner en vue de l’anniversaire de Mia (avec qui on était à Sarajevo quelque jours auparavant).

Le propriétaire, Ljubo passe nous voir une fois, deux fois, papote, nous offre une truite… et nous invite à dîner chez lui ! On se régale de sa cuisine mais ce qui restera gravé dans nos cœurs et nos têtes, c’est son récit de la guerre. Il avait la vingtaine quand la guerre a éclaté en Bosnie en 1992. Il parle de lui, de ses 2 blessures, de son habitude de travailler sans relâche pour ne pas sombrer comme ses copains devenus alcooliques. Les autres sont morts dans les combats ou suicidés depuis. Il nous montre des photos de lui en treillis, c’est dans son téléphone comme si c’était arrivé hier. Il craint qu’une nouvelle guerre éclate dans les 10 ans à venir. 

Samedi 28 les belles chutes de Kravica

De bon matin, nous partons à vélo voir les chutes de Kravica, spot emblématique de Bosnie. Rusés comme des Sioux, on trouve l’itinéraire bis. On finit le vélo sur l’épaule dans les buissons, ça râle dans la troupe mais la récompense est top : sur l’autre berge, parkings, barrières, pontons aménagés et touristes tandis que nous sommes comme des Robinsons de notre côté. On finit en slip dans la rivière pour une belle séance photo (photos de cascades hein, pas de nous en tenue d’Eve)

Sur les conseils de Guillaume, un autre voyageur qui nous suit sur Facebook et qui se prépare à partir en Europe avec sa petite famille, nous allons visiter Pocitelj. C’est un village ottoman en amphithéâtre, avec de jolis petits jardins accrochés aux murs de la forteresse.

Nous avions envie de rester encore avec Ljubo alors on ne lui dit pas adieu mais au revoir : on sera de retour le lendemain.

Plus loin, Manu visite seul la nécropole Bogomile de Radimlja. Les enfants dorment, moi j’ai juste envie de savourer le silence, la chaleur est toujours écrasante. 

Heureusement, on se trouve un nouveau bivouac en bord de rivière, la Bregava qui traverse Stolac. Il fait même frais alors c’est soirée ratataouille à la marmite sous les rayons de la pleine lune. 

Dimanche 29, balade à Stolac

On part explorer les environs à vélo. Encore de belles cascades! Pour la plus grande joie des enfants, une tortue terrestre passe juste devant nos pieds. On voit aussi de belles maisons de bois. On se contente d’admirer la forteresse d’en bas, le soleil tape vite trop fort. Dans cette ville aussi les traces de la guerre sont encore présentes : les maisons portent des signes de reconnaissance selon qu’elles étaient habitées par un bosniaque ou un croate…

Par une toute petite route, on arrive en camping-car à la nécropole bogomile à Boljuni. On se réfugie à l’ombre d’un arbre pour pique-niquer et on visite le site en passant d’une ombre à l’autre.

Pour rentrer chez Ljubo, à une trentaine de kilomètres, on choisit de continuer la petite route sur laquelle on est pour longer un lac et des marécages. La route devient vite piste. La piste rétrécit. La carrosserie frotte des deux côtés sur des buissons de garrigue. Les trous et les bosses alternent. Au milieu de nulle-part, on passe sous l’oeil médusé d’un gars qui semble n’avoir jamais vu de camping-car de sa vie. Je rassure Manu en lui disant que tant que la piste reste à plat, c’est gérable. Hélas, 200m plus loin, on se retrouve en bas d’une côte qui mériterait bien quatre roues motrices… glups, totalement impossible de faire demi-tour… Je passe la première comme si j’avais un 4×4 et je parle à Slowpy comme s’il m’entendait: « Allez, tu montes, on le fait, pas le choix, allez tu peux le faire! » Je mise tout sur ma respiration et je m’accroche. A l’intérieur, tout vole: tringles à rideau, vêtements, épices… On ne sait toujours pas comment on a pu se sortir de là. Slowpy est peut être lent mais c’est un incroyable grimpeur de piste. Avec ses 80 chevaux pour 3,5 tonnes, il s’est transformé en super tracteur!

On arrive chez Ljubo complètement moulus et sales jusqu’aux os. La rivière glacée nous accueille comme une mère. Ljubo nous embarque un gros sac de linge sale qu’il nous ramènera le lendemain lavé et séché. On est profondément touchés par sa gentillesse et sa bonté. Au point, qu’on a une idée folle : et si on restait avec lui pour la saison?? Le lieu est parfait, Ljubo très attachant… pffffff, le coeur gros, on laisse la raison prendre le dessus pour continuer notre périple… La Croatie nous attend.

Lundi 30 avril de chez Ljubo au lac Busko

Après une photo avec Ljubo, nous reprenons la route. 

Le goût à rien, on se retrouve à pousser le caddie dans un supermarché. On fait le plein d’ajvar, une sort de crème de poivrons grillés, plus quelques charcuteries.

Notre bivouac suivant nous console un peu : encore un très bel endroit, au bord du lac Busko. Des locaux sont installés là avec tentes et barbecues. L’accueil est chaleureux. Un vieil homme aux yeux d’un bleu incroyable vient nous parler en allemand. Manu fait un feu pour le plaisir de s’y chauffer. 

Mardi 1er mai du lac Busko à Bosansko Grahovo

C’est a priori notre dernier jour en Bosnie. On traîne au lit, je marche au bord du lac avec Noé, on mange les pieds dans le sable, Manu fait un peu de Qi gong face au lac, il aide des Bosniaques à désensabler leur voiture… Puis on s’avance tout doucement vers la frontière. On s’arrête à la petite ville de Livno pour y chercher un coiffeur. Mais on découvre que le 1er mai est férié en Bosnie aussi ! La ville est toute endormie. On se balade au bord de l’eau. « Encore des cascades, supeeer…. » Les garçons sont blasés des cascades…

A force de traîner, on choisit de ne passer la frontière que le lendemain. On traverse donc tout doucement la grande plaine sauvage qui longe la frontière croate jusqu’à Bosansko Grahovo. Cette non-ville frontalière a la charme d’une ville frontalière… On avait imaginé dépenser nos derniers marks dans un restaurant. On choisit le moins pire et on ne l’oubliera pas : palme d’or des plus mauvais cevapi (saucisses de viande hachée) du voyage, baignant dans l’huile, entre deux tranches de pain lui-même huilé… On trinque au Pipi : sorte d’orangeade star des culottes courtes pour son nom forcément hilarant !

On se gare pour la nuit près d’une église. Le voisin passe savoir qui on est et nous dit qu’il est là si on a besoin de quoi que ce soit. Sympa!

Mercredi 2 mai: Croatie

Allez, il est temps de mettre fin à cette transition entre deux pays. On fait le plein d’essence et on achète quelques bricoles à l’épicerie. Direction la Croatie !

Gros coup de cœur pour la Bosnie, avec son histoire bousculée, la guerre encore visible et qui n’en finit pas de planer au-dessus des têtes, la rencontre avec Ljubo, les multiples rivières à truite, les lacs, nos baignades glacées, les bons moments avec Hugues, Emmanuelle et Mia… 

Véro (et un soupçon de Manu)

A paraître bientôt : La Croatie

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4 Sep

5 minutes pour la Nature #5min4Nature

Un défi pour les  voyageur amoureux de la nature !

Que l’on voyage en France ou à travers le monde, en sac à dos ou en camping-car, on recherche tous la belle nature, les beaux paysages, les bons moments, l’émerveillement, la liberté… Mais souvent (trop) la fête est un peu gâchée par des petites choses qui gâchent une photo, un bivouac, une rando, une baignade ou une plongée… Ces petites choses ce sont les déchets laissés par ceux qui sont passés avant nous. 

Pire qu’une photo ratée, un bivouac sale ou une rando désenchantée, il y a la nature souillée.

On apprécie les coins de nature, propres, authentiques, ressourçants. Il y a des chances que ceux qui viendront après nous, juste après nous, genre le même le jour ou le jour d’après , apprécient aussi. Et puis il y a la Terre que nous laisserons à nos enfants. Voulons-nous leur léguer un patrimoine plein de lingettes, de plastiques, d’emballages, de piles, de mégots, de préservatifs usagés ? 

Les déchets gâchent le voyage, ils nous fatiguent, nous désenchantent. Alors on va s’en occuper, tous ensemble, chacun à son échelle, chacun selon ce qu’il est capable de faire.

#5min4nature

S’y mettre tous, agir ensemble

Déjà il y a de nombreuses initiatives pour nettoyer la nature, journée citoyenne, #selfiedechets, 1 balade = 1 dechet, eboutripers, nettoyage de plage, nettoyage de fonds marins, … Toutes ces initiatives ne sont évidemment pas en concurrence, elles sont complémentaires. 

Ami.e voyageur.euse qui nettoie son bivouac avant de s’installer, qui libère la nature des déchets rencontrés lors d’une rando ou d’une bronzette sur la plage, TU N’ES PAS SEUL.E ! Nous sommes nombreux à ramasser, nettoyer, libérer ! Il nous faut juste un cri de guerre ou de ralliement en commun, un moyen de se faire entendre, de valoriser cette action. Certes ton initiative te semble dérisoire, isolée, désespérée mais imagine que nous ayons un moyen collectif de donner de la force, de la puissance, de l’impact, de la valeur à nos petits gestes pour la nature ! Alors nos gestes se fédérent, ils sont visibles, ils deviennent contagieux … et changent le monde ! C’est l’histoire de la goutte d’eau du colibri, de la rivière qui devient fleuve, du battement d’aile du papillon qui devient tempete à l’autre bout de la Terre, …. Les petites actions éparses sont puissantes une fois rassemblées ! L’Union fait la Force !

#5min4nature

Rassemblons nos actions éparses !

Lors de leur tour d’Europe Manu et Véro en ont eu marre des déchets. Ils ont ramassé, nettoyé, libéré et ils ont eu l’idée de se prendre en photo avec les déchets collectés pour sensibiliser sur ce problème. De nombreux autres voyageurs ont répondu faire la même chose alors l’idée est venue de trouver ce moyen d’unir nos voix. 

L’idée, la voici : trouver un hashtag commun que chacun pourrait utiliser lors de la publication des photos des déchets ramassés sur les réseaux sociaux. Un hashtag, c’est quoi ? C’est une sorte de mot clé précédé d’un #, utilisé dans les publications sur les réseaux sociaux pour exprimer un état d’esprit, pour rendre visible un mouvement, une mobilisation virtuelle ou pour partager des centres d’intérêts. 

#5min4nature

Un mouvement est né !

Un brainstorming géant a été organisé, suivi d’un sondage pour choisir le meilleur hashtag. Finalement 2 ont été choisis : #5min4nature et #Clean4Park 

#5min4nature peut être commun à tous ceux qui s’engagent pour la nature. Il peut fédérer les nettoyeurs de plage, les trieurs, les recycleurs, les joggeurs qui ramassent, les zéro-déchets, les DIY … bref tous les amoureux de la nature qui essaient de réduire l’impact négatif de l’humanité sur les grands équilibres comme sur les petits écosystèmes. 

#Clean4Park est plus spécifique aux voyageurs en camping-car, van ou camion. Il rappelle le nom d’une célèbre application appréciée de ces voyageurs ! Mais on a aussi trouvé une autre qualité à ce hashtag : il est évolutif ! Ça le rend encore plus séduisant ! L’idée qu’il véhicule c’est qu’avant de profiter de la nature, nous avons un devoir envers elle, envers nous-même et envers les autres : nettoyer, enlever les déchets, réduire l’impact néfaste des activités humaines. Ainsi, le hashtag peut se décliner en #Clean4Camp (pour ceux qui ne sont pas en van) , #Clean4Hike, #Clean4Swim, #Clean4Ride, #Clean4Climb etc. A chaque sport ou activité de plein air sa déclinaison du hashtag ! 

#5min4nature

Alors voici le défi pour tous les voyageurs amoureux de la nature : 

Chaque fois que vous voulez profiter de la nature, nettoyez un coin pendant 5 minutes. Tout ramasser ce n’est pas possible alors contentez vous de ce qui est possible : par exemple l’équivalent d’un sac ou 2. 

Prenez le résultat en photo et publiez la photo en y ajoutant le hashtag #5min4nature et le hashtag #Clean4…. le plus adapté ! 

Commencez facile en nettoyant vos bivouacs et en utilisant #Clean4Park ! 

La nature et les générations futures comptent sur vous ! 

#5min4nature #Clean4Park

#5min4nature

#Clean4Park

29 Juin

Le Monténégro 🇲🇪 du 4 au 18 avril par Véro

Le Monténégro au printemps

Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 4 au 18 avril on découvre le Monténégro  après l’Albanie et avant la Bosnie. Découvrez avec nous la belle baie de Kotor, les vallées de la Morača et de la Tara, la gastronomie de montagne qui vaut bien notre aligot et le manque surprenant d’intérêt de la capitale Podgorica….

Les ceintures sont bouclées ?! Les placards et le frigo sont fermés ?! Les fenêtres et les portes verrouillées ?! Les rideaux sont ouverts ?! Plus rien ne peut tomber ?! Contrôle visuel ok ; Niveaux ok ; eau ok ; vidange ok …

On démarre ! 

Présentation du Monténégro

Capitale: Podgorica

Devise: euro

Langue: monténégrin (langue slave très similaire au bosnien, au croate et au serbe)

Population: 626000 habitants

Superficie: 13812 km2

Relief: plus de la moitié du Montenegro se trouve à plus de 1000m au-dessus du niveau de la mer et 15% du pays est situé à plus de 1500m d’altitude

Salaire mensuel moyen: 480€

Histoire récente du Monténégro

Le  Monténégro est indépendant de la Serbie depuis 2006. Son président est Filip Vukanovic depuis 2013 (troisième mandat). En juin 2012, le Monténégro a déposé sa demande d’adhésion à l’Union Européenne. La Commission européenne a noté que « la corruption reste répandue et très préoccupante et entrave les enquêtes pénales menées dans les affaires de criminalité organisée ». Le gouvernement aimerait également rejoindre l’OTAN mais les habitants sont plus mitigés : pendant la guerre du Kosovo, bien que neutre, le Monténégro a vu son aéroport  bombardé par l’OTAN à Podgorica. 

Mercredi 4 avril une entrée bucolique

Nous entrons au Monténégro par le poste frontière de Murikan-Sukobin en provenance de Skoder en Albanie. On se gare pour notre photo traditionnelle d’entrée. Un homme vient nous demander des outils, son pneu arrière de scooter est crevé. C’est sa femme qui nous photographie pendant qu’il s’acharne sur sa roue et explose une de nos clés! On leur propose de les conduire où ils veulent mais un de leurs copains va venir. On redémarre: sur la gauche au loin, il y a la mer Adriatique et sur la droite une longue chaîne montagneuse. Nous allons la franchir par une magnifique route panoramique pour rejoindre le lac de Skadar, plus grand lac des Balkans. C’est un Parc National.  La redescente côté lac est charmante sur une petite route qui court entre des murets de pierre égayés d’arbres en fleurs. Notre bivouac du soir est parfait, au bord de l’eau. Quelques cormorans barbotent ce qui fait dire aux pêcheurs que ça doit mordre ici. La nuit tombe, je mets cuire les pâtes qui resteront végétariennes…

Jeudi 5 avril les charmes du lac de Skadar … Mais pas ceux de Podgorica 

On se réveille avec trois gouttes de pluie, ce qui nous incite à prendre notre temps et faire un peu plus d’école. La route qu’on emprunte ensuite surplombe le lac pour des vues splendides, malheureusement un peu ternies par la grisaille du jour. Pour la première fois depuis longtemps, on croise des touristes. On fait un arrêt dans le petit village de Virpazar, célèbre pour être la porte d’entrée monténégrine du lac et où se concentrent donc locations de bateaux et agences d’excursions sur le lac. On commence par grimper aux ruines du château de Bessac et on a la surprise d’observer des hirondelles dans une maison abandonnée, ce qui plait beaucoup à Noé. De là-haut, rien d’exceptionnel. Dans le bourg non plus mais l’observation d’un pêcheur à filet, en barque, nous plait bien. Sa technique nous paraît acrobatique! 

On poursuit direction la capitale, Podgorica, avec un arrêt chez un caviste. Manu choisit quelques bouteilles de vin rouge : du Vranac,  le cépage qu’on retrouve dans tous les Balkans.

La visite de Podgorica ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Le quartier ottoman a depuis belle lurette disparu et il n’en subsiste qu’une tour de l’horloge et une mosquée qui ne nous ont pas émus. Idem pour les ruines de la forteresse de Ribnica avec son petit pont sur la Ribnica. C’est le le rendez-vous des amoureux… et des ordures qui s’accrochent aux branches…

On a tenté de suivre des jeunes touristes,  on sait jamais peut-être connaissent-ils des beautés cachées… mais non,  même les bâtiments gouvernementaux n’ont aucun intérêt architectural… La loose.  On finit dans une galerie marchande agglutinés sur un banc pour une mission wifi efficace. Ça ne ressemble pas vraiment à mon idée de l’aventure mais j’ai appris à accepter qu’il n’y a pas que des moments exaltants dans le voyage.

Vendredi 6 avril Retour à la nature … et ouf : une belle ville !

Avant de quitter Podgorica, on choisit d’aller au marché de la ville. Quelques jours avant Pâques, on y découvre plein d’étals de décorations pascales et de matériel de loisir créatif pour décorer soi-même des oeufs. On trouve même des sacs de pelures d’oignons comme colorant naturel. Entre nous, l’ambiance est un peu électrique. J’ai l’impression que les enfants n’arrêtent pas de râler, j’ai l’impression de les traîner comme des boulets. Manu est dans sa bulle. On a du mal à choisir ce qu’on fait après. On traîne. Bon, on aimerait avoir un dernier regard positif sur Podgorica alors on se dirige vers le Palais de Petrovic, centre d’art contemporain dans un grand parc. Pas de chance, c’est fermé. L’endroit est agréable tout de même pour pique-niquer et ça nous détend d’un cran. 

On repart, en direction de Rijeka Crnojevic, un petit village à l’extrémité nord-ouest du lac Skadar. La route pour y arriver offre de beaux panoramas sur ce grand lac que nous côtoyons depuis l’Albanie et sur la rivière. Dans le village, il y a un joli pont de pierre en arc mais le niveau de l’eau est tellement haut que le chemin qui le prolonge est englouti. On fait un petit détour par le pont moderne pour marcher en direction de la source de la rivière. Une deuxième fois, nous nous retrouvons bloqués par l’eau. Moi qui avais repéré une belle boucle à pied, ça commence à m’agacer. Faire preuve d’acceptation est visiblement ma leçon du jour… La cueillette d’asperges sauvages et de nombrils de Vénus me change les idées. La Nature est si généreuse…

On termine la journée à Cetinje. On s’y sent bien tout de suite. C’est en fait l’ancienne capitale du pays et la nouvelle n’a rien à lui envier. On s’y promène un peu avant la tombée de la nuit et on est charmés par l’ambiance austro-hongroise, les maisonnettes colorées et les belles villas Art nouveau. Sur la place entourée de bars, une petite fille nous parle. Son papa nous rejoint et on discute un peu. Il est responsable d’une entreprise de transport et vient régulièrement en France. On parle du salaire et du coût de la vie, il se demande comment les gens font ici pour s’offrir un café en terrasse. ..

Samedi 7avril 360• sur le Monténégro !  

Ce matin, on profite du grand soleil pour visiter à nouveau la ville. On grimpe sur les hauteurs mais on ne voit pas encore les sommets enneigés du Lovcéen, la montagne noire à laquelle le Monténégro doit son nom (crna gora en montenegrin, monte negro en italien). On cherche aussi une carte sim pour avoir Internet, pouvoir communiquer avec nos proches et mettre à jour blog et page Facebook. On se rend compte que c’est un de nos besoins fondamentaux et que la tension générale est beaucoup plus élevée quand ce besoin n’est pas satisfait. Manu achète cette carte à un kiosque,  la carte ne marche pas. .. Manu trouve une agence de la compagnie de téléphonie mobile et expose le problème. Normalement la boutique est fermée, le gars présent est un technicien qui ne parle pas anglais… Manu arrive à  se faire comprendre et il comprend à son tour que la dame du kiosque doit faire une manip. Ça va être drôle … Du coup Manu demande avec des signes si le gars peut venir expliquer à la dame du kiosque… et non… il ne peut pas quitter la boutique. Une fois retourné au kiosque,  à force d’incompréhension, la dame va chercher une copine à  elle qui parle anglais  au bar du coin. Tout s’éclaire enfin !  Sauf qu’à la fin il faut soi-même appeler un numéro où ça parle Monténégrin… Heureusement celle qui parle anglais a accepté de le faire pour Manu !  Quelle histoire pour cette carte !  Conclusion : à l’étranger mieux vaut acheter sa carte SIM en agence et non en kiosque !  

La route du jour s’avère des plus plaisantes. On traverse des châtaigneraies, une micro-station de ski, il y a des sources un peu partout puis le décor se fait plus minéral. Par une route qui monte et monte encore, se rétrécit et se déroule entre des hauts murs de neige, nous débarquons dans un cul de sac sur le micro parking du mausolée de Njegos et je cale Slowpy entre un mur de neige et le chasse-neige dans l’unique place restante. On grimpe dans un tunnel les 461 marches qui conduisent au sommet du pic Jezerski. Tout en haut, deux géants de granit gardent l’entrée du mausolée de Pierre II, héros national. On est impressionnés par la grande voûte en mosaïque dorée et la statue funéraire taillée dans un unique bloc de granit noir gardée par un aigle immense. Derrière le monument, on fait encore quelques pas dans la neige jusqu’à une plate-forme panoramique spectaculaire. 

Le froid nous décide à redescendre en altitude et nous roulons jusqu’à Njegusi, alléchés par les deux spécialités locales: le prsut (à vos souhaits!), c’est un jambon fumé et le sir (fromage). On croit à un début d’incendie au moment où on voit de la fumée sortir à travers un toit mais on réalise que c’est un séchoir géant. Le producteur chez qui on s’arrête, nous fait visiter: des dizaines de jambons sont accrochés à la charpente, le parfum est à saliver…. On investit dans un beau jambon, un saucisson, un fromage et une bouteille de rakija (eau de vie) .

La nuit est tombée quand on trouve notre bivouac: un nid d’aigle accroché tout en haut de la fameuse route Serpentine qui relie Kotor au mont Lovcéen: 17km et 25 lacets nous attendent le lendemain! La vue sur Kotor et sa baie illuminée est un vrai cadeau.

Dimanche 8 avril et lundi 9 avril la belle baie de Kotor  la vénitienne.

On démarre assez tôt pour rouler sur cette fameuse Serpentine. J’appréhende un peu d’avoir à y croiser des gros bus de touristes. La route s’avère large et les virages, numérotés, pas si serrés que ça. On a fait bien pire que ça!! On arrive tranquillement à Kotor où un bivouac gratuit au bord de l’eau nous accueille. Kotor est nichée tout à l’intérieur, tout au bout de la baie de Kotor. Il y a la mer qu’on croit lac, les montagnes abruptes et entre deux cette ville protégée de longs remparts. On commence par grimper sous le soleil les 1350 marches jusqu’au sommet de la forteresse. On transpire à grosses gouttes pour une vue inoubliable. Sous nos pieds, le dédale des petites rues entre les murailles et à perte de vue, la baie et les montagnes. On pique-nique à l’ombre avant de redescendre savourer une grosse glace méritée. Il y a du monde mais c’est très supportable. Il parait qu’en été, il faut faire la queue pour passer les portes de la vieille ville. Nous apprécions de flâner en touristes. On passe une agréable soirée avec un couple bulgare, Didi et Djivko. A chaque weekend, ils s’échappent avec leur voiture, dorment dehors et se baladent en skate-board. Ils nous font des petits cadeaux: confiture, vin et biscuits. 

Le lendemain, nous enfourchons les vélos! C’est la première fois depuis longtemps et on se remémore nos virées le long du Danube. Nous pédalons gaiement au bord de l’eau en direction de la chapelle d’Andela. De là, la vue sur Perast, ses palais et le monastère sur une petite île est très agréable. Nous pique-niquons sur la plage. Décidément en quelques kilomètres, nous sommes passés du printemps frais à l’été. Nous laissons les vélos pour monter à pied jusqu’à un hameau abandonné, Gornji Stoliv. Effectivement le seul être vivant qu’on croise est un énorme orvet qui peine à se cacher dans le muret de pierres qui borde le chemin. La balade dans la châtaigneraie est très agréable et la pause dans une petite prairie bucolique à souhait.

Manu termine la soirée au bar du coin pour mettre en ligne l’article sur la Grèce, petite évasion en solo dont il rentre parfumé au tabac jusqu’aux os…Beurk, douche obligatoire !  Déception quand il s’aperçoit qu’il a perdu son collier et ses pendentifs en or pendant la balade…

Mardi 10 avril encore un peu de baie de Kotor s’il vous plaît

On se réveille avec quelques gouttes de pluie, temps idéal pour se consacrer à nos écritures. On est très honorés de répondre à une interview pour le magazine clermontois gratuit QLF!

Puis on quitte ce beau bivouac pour explorer le reste de la baie. On fait une halte à Perast, la minuscule ville qu’on a vue depuis l’autre rive la veille. Il y a eu là jusqu’à 16 églises et 17 palais somptueux. Certains sont en ruines mais on sent que l’endroit est en train de devenir un petit Saint Tropez. On fait le plein d’eau sur la place au bord de l’eau. Hors saison, on peut se glisser n’importe où en camping-car, c’est vraiment pratique et agréable. Un peu plus loin, à Donji Morinj, on a la chance de se trouver un nouveau bivouac au bord de l’eau. Nous aurons donc fait une énorme étape de 24km 😉 C’est bon de prendre son temps! Noé et Manu pêchent tandis que Joseph et moi allons explorer les environs. Des amis voyageurs nous ont parlé d’un restaurant fort alléchant et j’aimerais y réserver une table pour y fêter en beauté l’anniversaire de Manu le lendemain. On trouve le restaurant, le Konoba Catovica Mlini. Le cadre est enchanteur, ancien moulin, vaste parc, allée de bambous… la carte est effectivement fort attirante… mais les prix sont plus gros que mon porte-monnaie… mais c’est l’anniv de l’amoureux… je pourrais bien casser la tirelire… mais on est déjà très gâtés par le voyage chaque jour… mais quand même, avec cette somme on peut se nourrir 10 jours… je me fais des noeuds au cerveau la moitié de la nuit, errant entre culpabilité et envie… 

Mercredi 11 avril Dubrovnik pour un anniversaire ! 

Au réveil, je me décide à parler vrai à Manu, à lui dire que j’aimerais l’inviter dans ce beau restaurant mais que le budget est conséquent. Quand je lui précise les prix, il m’ôte 10kg de chaque épaule en me disant que non franchement, ça ne lui fait pas envie, que son bonheur est déjà complet, que ce n’est pas pour nous, que c’est fou pour le Monténégro, qu’il le laisse volontiers à Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones qui ont investi près d’ici…

Mais alors, on fait quoi pour son anniversaire? La baie de Kotor nous déçoit un peu maintenant qu’on a quitté Kotor. On visite rapidement la vieille ville d’Herceg Novi à l’embouchure de la baie mais le coeur n’y est pas. Trop de bruit, trop de voitures et notre première amende de stationnement du voyage! 

On tente de passer par la côte pour aller à  Dubrovnik mais le poste frontière visé est fermé. Pas possible de prendre la petite route tranquille et isolée,  obligé de prendre le gros axe comme tout le monde.

On se retrouve rapidement à Dubrovnik en Croatie. Je vous raconterai ça dans l’article sur la Croatie… Suspense!! Heureusement qu’on avait plein de câlins et de mots d’amour en stock pour Manu… Pour le cadeau , on a déterré du fond de la soute la boîte que des copains nous avaient préparée en cas de mal du pays.  On se dit que maintenant  on ne connaîtra jamais ce mal étrange (sauf Joseph qui parfois à le blues de la maison et de Minouchette notre chatte) alors on l’ouvre comme cadeau.  On craignait des trucs qui nous rappellent les mauvais côtés de la France (genre racisme et beaufitude) pour reprendre goût au voyage mais non en fait on a droit à  du chocolat,  une fiole d’air d’Auvergne,  une moustache tricolore,  Un CD de musique auvergnate,… bref on a bien rigolé !  Merci les copains !  Et l’autre bon souvenir qui restera de cette soirée, c’est d’avoir regardé tous ensemble le très beau film Lalaland. Les garçons ont adoré cette comédie musicale. C’est chouette de partager avec eux le plaisir cinématographique!

Jeudi 12 avril retour à la nature montenégrine

On se réveille à Dubrovnik (je ne vous raconte toujours pas, ah ah, patience patience, l’article Croatie va finir par arriver) et on s’apprête à traverser un petit bout de Bosnie pour retourner explorer le centre du Monténégro. Hélas, au poste frontière d’Ivanica où on s’arrête, le douanier bosnien nous demande l’original de notre carte verte d’assurance. Elle est arrivée chez nous en janvier et notre amie Nadine nous la portera en mai en Croatie. Mais nous roulons sans l’original depuis janvier et avons simplement une impression couleur de la carte scannée. Ce qui n’a posé problème ni en Grèce, ni en Albanie, ni en Macédoine ni au Monténégro mais qui pose problème à ce douanier…. Il propose de faire venir quelqu’un qui pourrait nous vendre une assurance pour 40 euros. Mais bien sûr, non merci…. 

On opte pour un long détour et on se dit que quand on voudra aller en Bosnie pour de bon, on tentera notre chance à un autre poste frontière. Nous longeons à nouveau la baie de Kotor, à se demander si on va finir par quitter cet endroit un jour! 

Nous arrivons bien moulus en fin de journée au bord du lac Slano, près de Niksic. L’endroit est silencieux et vide, exactement ce qu’il nous fallait après l’expérience Dubrovnik! On se bichonne en savourant un verre de vin, un camembert et une baguette glanés à LIDL. Manu et Noé pêchent, Joseph et moi bouquinons au soleil face au lac,  le pied! Il en faut peu pour être heureux!

Vendredi 13 avril le monastère d’Ostrog

La vue du matin est splendide: reflet des montagnes dans l’eau claire, couleurs pastel… Nous savourons cette quiétude et prenons tout notre temps pour écrire et buller.

Nous roulons ensuite direction le monastère d’Ostrog. La route  s’élève vite au-dessus de la vallée de la Zeta et on comprend pourquoi nos copains Hugues, Emmanuelle et Mia qui voyagent en poids-lourd ont transpiré sur cette montée étroite avec des arches en pierre où ça a dû passer au centimètre près pour eux… On se gare près du monastère inférieur pour monter à pied comme les pèlerins. Le monastère est au-dessus de nous, encastré dans une falaise de 900m de hauteur. C’est le site le plus important du Monténégro pour les chrétiens orthodoxes. Le corps de Saint Basile y repose. Nous avons la chance d’arriver à l’heure de la messe du soir. Les chants envoûtants du pope sortent de la caverne. Les gens se recueillent dans un silence absolu. Nous admirons la vue sur la vallée dans cette ambiance méditative. 

Pour Joseph,  c’est une occasion d’apprendre à  ne pas se résigner,  à dépasser ses peurs : il a oublié son bâton favori là où les croyants attendent pour la messe,  on le motive pour qu’il aille le chercher (presque)  seul, « c’est peut être un détail pour vous,  mais pour lui ça veut dire beaucoup  » . Il se fait déjà tard mais on se motive à rouler un peu pour équilibrer avec le lendemain. On repasse par la capitale, Podgorica, ce qui nous permet de traverser un quartier un brin plus réjouissant que ce que nous avions vu au premier passage. On longe ensuite la vallée de la Moraca jusqu’au monastère de la Moraca. On s’endort à sa porte, bercés par une source fraîche. 

Samedi 14 avril un peu de polenta avec ta purée au fromage ?

Comme la nuit tombait à notre arrivée, on découvre le lieu ce matin. On déjeune au bord de l’eau. Deux moines chaleureux nous saluent. Nous visitons les deux églises du monastère et en admirons les fresques. Comme dans plein d’autres églises orthodoxes, l’enfer y est représenté. Ici des monstres marins à deux têtes dévorent les humains. Ce que nous apprécions le plus dans ce lieu, c’est la quiétude. Tout y est harmonieux, fleuri, calme, accueillant. Il y a des jouets d’enfants. Il est vrai que les prêtres orthodoxes, les popes, peuvent se marier. On rencontre un couple de français qui parcourt le Monténégro au pas de course, on a déjà  oublié ce que c’est que d’avoir qu’une semaine ou deux de vacances. ..

Nous montons ensuite à Kolasin, principale station de montagne du Monténégro. Nous en apprécions l’ambiance alpine, les jolies maisons de bois… et ses spécialités culinaires: attablés au restaurant Vodenica, vieux moulin traditionnel, nous disparaissons sous un bol de kacamak (subtile purée de pommes de terre à la polenta beurrée au fromage) accompagnée de cicvara (polenta crémeuse), de porc au paprika et veau grillé. Tant que mes yeux sont ouverts, je rapproche Slowpy du lac de Biograd et je motive les troupes en leur vendant une sieste digestive au bord de l’eau. Il y a juste 4km (en cote)  de vélo entre nous et ce lac. Mi-assommés par la polenta, mes équipiers se laissent embobiner. Joseph a encore l’énergie de râler pendant cette petite balade. Il faut dire que ça grimpe sec et ma promesse de mega descente de fou au retour n’excite que moi… Quand on arrive au lac, point de plage il n’y a… en revanche un sentier prometteur fait le tour du lac… et nous avons juste le temps de nous l’offrir avant la nuit… Aidée par les grenouilles et les tapis d’ail des ours qui divertissent les troupes, j’embarque mes chéris pour cette 2eme balade digestive… Je suis trop contente de me balader dans le parc national de Biogradska Gora. Il y a de beaux pontons de bois, des fleurs, de l’eau verte, des panneaux pédagogiques intéressants… Et la redescente à fond la caisse réconcilie tout le monde avec le sport. 

On file au monastère de Dobrilovna pour la nuit. Hélas l’accueil y est franchement glacial. La religieuse nous tolère pour la nuit et basta. 

Dimanche 15 avril le canyon de la Tara

Mes marmottes encore au lit, je démarre tôt pour quitter ce monastère hostile sans même l’avoir visité. On se trouve un chouette petit coin pour le petit-déjeuner un tout petit peu plus loin. Manu m’installe une salle de bain nature et je savoure une douche du matin. La pluie s’invite juste après.    Nous sommes à l’entrée du canyon de la Tara. La partie la plus encaissée, 200m de moins seulement que le grand canyon du Colorado à l’endroit le plus profond, ne se visite qu’en rafting, activité dite incontournable au Monténégro. Forcément, ça me fait envie… Mais la saison n’a pas démarré. Nous devrons nous contenter de la vue depuis le pont de Djurdjevica. L’histoire de ce pont nous touche profondément. Au tout début de la seconde guerre mondiale, l’ingénieur Lazar Jaukovic dirige la construction de ce pont aux arches hautes de 150m. C’était à l’époque le plus grand viaduc routier de béton en Europe. En mai 1942, la Résistance ordonne de faire sauter le pont pour contrer Italiens et Allemands. L’ingénieur lui-même doit poser la bombe pour détruire l’ouvrage qu’il a créé. Il a ensuite été fusillé par les Italiens. Le pont a été reconstruit en 1946.Aujourd’hui il est bordé d’impressionnantes tyroliennes. 

Nous continuons la route jusqu’au lac Noir près de Zabljak. Ici il faut payer pour accéder au lac. Pour nous Français, le concept de nature à péage est difficile à admettre tant nous sommes habitués à nos parcs naturels gratuits. Qu’importe, cette balade dans le parc national du Durmitor restera un très beau souvenir, surtout la traversée d’une cascade enneigée et les efforts de bûcheron-ingénieur de Manu pour nous construire un pont en troncs d’arbre.

Les paysages nous rappellent l’Auvergne, les grands espaces du Cézallier. 

J’avais repéré une petite route de montagne pour filer en direction de la Bosnie mais celle-ci est barrée par un gros tas de neige. C’est encore l’hiver ici! Il va falloir faire un beau détour… Décidément, la Bosnie se fait désirer…

Nous nous endormons entourés de crocus, saoulés par l’air pur montagnard.

Lundi 16 avril Pause nature et feu de camp

Nous quittons les montagnes pour rejoindre le lac Krupacko près de Niksic. Finalement on aura fait une boucle au Monténégro.  On est fatigués par les changements de temps brusques. On établi le bivouac au bout d’une route hasardeuse,  sur un promontoire qui domine le lac.  La vue est magnifique mais pas les abords… Le coin semble prisé des amoureux si on en croit les déchets qui jonchent le sol… Mais comment peut on apprécier un lieu pour son romantisme et en même temps le souiller,  lui faisant perdre le romantisme recherché ? ! Encore une fois on ramasse les déchets autour de nous pour vivre dans un endroit propre, libérer la nature et la remercier de nous accueillir.  Je fais la sieste, les gars bouquinent, Manu pêche et on décide de rester poser là jusqu’au lendemain, pas l’énergie d’en faire plus aujourd’hui. Je vais me balader avec Noé. C’est agréable de prendre du temps en duo, de ne pas toujours être tous les quatre. On fait du feu et on cuisine des lentilles au mouton séché avec la marmite. Manu et moi imposons une fin de soirée en amoureux face aux flammes. Ça ressource de se retrouver et de papoter en tête à tête. 

Mardi 17 avril bivouac en nid d’aigle

Toujours à un rythme de paresseux anémiques, nous roulons tout doux en direction de la Bosnie. Le temps est à nouveau pluvieux. Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique en nid d’aigle avec vue sur le barrage de Pluzine. Nous avons traversé des tunnels bien flippants pour arriver là avec des chutes de pierre jusqu’à l’intérieur…  Je me couche avant les poules. On fait une cure de sommeil en ce moment…

Mercredi 18 avril Dovidenja le Monténégro,  Dobar dan la Bosnie !  

56 tunnels traversés (et zéro pierre sur le pare-brise, merci Sainte Chance!) et nous voilà enfin sur le point d’entrer Bosnie par le poste frontière de Scepan Polje. Va-t-on nous accepter cette fois-ci malgré notre absence d’original de carte verte d’assurance?? Suspense……

Véro (et un soupçon de Manu)

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18 Juin

L’Albanie du nord par Véro

Albanie: le retour ! Vive le nord ! Par Vero

Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 31 mars au 4 avril on retourne en Albanie ! Le nord cette fois,  après le Kosovo et avant le Montenegro. (relire l’Albanie du sud)  Découvrez avec nous la belle vallée de la Valbona, les routes aventureuses de montagne, les régals de Mziri i Zanave et Shkoder et son grand lac.

Les ceintures sont bouclées ?! Les placards et le frigo sont fermées ?! Les fenêtres et les portes verrouillées ?! Les rideaux sont ouverts ?! Plus rien ne peut tomber ?! Contrôle visuel ok ; Niveaux ok ; eau ok ; vidange ok …

On démarre ! 

alban
Albanie nord

Samedi 31 mars : Découvrir une Albanie propre et belle, c’est possible !

Nous revoilà en Albanie après avoir visité le Kosovo. Nous entrons par le poste frontière de Morina, tout au Nord et découvrons une route magnifique dans les montagnes. Nous avions beaucoup hésité à passer par là tant les petites routes secondaires du Sud sont défoncées alors je suis bien heureuse de conduire là ! Albanie nord Nous quittons l’axe principal pour suivre des indications menant à une réserve animalière à Kernajje. Nous n’avons jamais trouvé ce lieu mais cette petite route était un régal, enfin moins pour Slowpy qui a vu le rouge de très près. Même avec le chauffage et le ventilo à fond, il chauffe en montagne ! Arrêt pique-nique obligatoire ! Il fait un vent terrible alors on se réfugie derrière une petite colline.Albanie nord Les enfants gambadent dans les bois et font la course dans les aiguilles de pin. Que c’est bon de retrouver la nature après une quinzaine de jours davantage en milieu urbain ou de plaine industrielle ! Albanie nord valbonaOn continue la route jusqu’à Valbona en logeant la rivière du même nom, eau bleue qui se fracasse dans les rochers. Arrivés en haut, la pluie nous a rattrapés. Albanie nord valbonaPour le bivouac, on se cale près d’une rivière tout en restant prudents de peur que l’eau monte pendant la nuit. Temps idéal pour se faire un ciné en famille : on découvre ensemble la famille Adams et depuis leur humour noir et décalé est de tous les scénarios de jeu des garçons. Albanie nord valbona On s’endort heureux d’être tous les quatre… on a (encore!) failli perdre Noé aujourd’hui… on était sur un petit pont en bois au-dessus du torrent en crue… il manquait une latte de bois sur le pont… on avait chacun un garçon près de nous… j’avais dit de faire bien attention parce que ça glissait un peu… Manu a fait une photo… et a vu Noé disparaître à travers le pont… j’ai juste eu le temps de le rattraper par les épaules… Une autre famille était là 2 minutes avant nous… C’est allé tellement vite que ça parait encore irréel… il s’en est sorti juste avec deux tibias un peu mâchés…Albanie nord valbona  

Dimanche 1er avril : L’aventure des routes secondaires en montagne albanaise

Le temps est toujours maussade. C’est l’occasion de faire un peu plus d’école. Notre objectif du jour est de descendre à l’embarcadère au bord du lac de Koman, à Fierzë pour se renseigner pour un départ en ferry le lendemain. La perspective d’embarquer avec Slowpy pour ces trois heures de traversée dans un paysage de fjord apparemment splendide nous réjouit. En plus, un grand soleil est annoncé. Sauf que quand on y arrive, tout est fermé et c’est la grande désillusion : la compagnie ne redémarre son activité que début mai… Albanie nord valbona Un coup d’oeil rapide à la carte et la croisière se transforme en rallye sur route de montagne ! Je suis verte… Bon, je retrouve vite le plaisir de zigzaguer entre trous et pierres… Enfin là c’est particulièrement rockn’roll. Albanie nord valbona La pluie des dernières 24h a poussé beaucoup de pierres sur la chaussée plus les coulées de boue et les zones où la route est carrément effondrée… Il nous a même fallu pousser un gros rocher avec une bande de jeunes. Ils ont eu chaud aux fesses : le rocher est tombé juste derrière leur minibus ! Albanie nord En deux heures, on avance de 40 km… On passe la nuit en bord de route à un endroit sans risque, face à une belle clairière et où on aura le soleil levant. Je suis moulue…

Lundi 2 avril : le retour des soirées marmites !

C’est génial de se réveiller là : les montagnes enneigées aux alentours sont de toute beauté, la bruyère fleurit, le soleil brille. Albanie nord On gambade dans la belle clairière où même là, perdu en montagne, on trouve des anciens bunkers. On continue jusqu’à Puka, petite ville où l’on rencontre des américains venus pour deux ans en mission humanitaire. Ils vont enseigner l’anglais aux enfants de l’école. C’est une organisation autrichienne. Allemagne, Autriche et Italie sont très présentes dans les Balkans, que ce soit au niveau industriel, touristique ou humanitaire. La France semble faire partie des grands absents. C’est étonnant parce qu’il y a un potentiel énorme !Albanie nord

Tout doucement, on redescend vers la plaine. Je suis un peu frustrée de quitter les montagnes, j’aurais aimer y faire de longues randonnées mais entre l’enneigement et le manque de cartes, c’était un peu compliqué. Albanie nord

On arrive à Vau i  Dejes et on se cale au bord d’un autre lac de barrage formé sur le Drin. Je m’étale de tout mon long sur une petite plage. Les garçons jouent. Manu tente de pêcher. Il y a un bar à côté. Quand on passe à l’ombre, j’enfile les baskets pour aller chercher les derniers rayons de soleil sur la colline avec Noé. Albanie nord On rencontre deux hommes et un garçon qui ramènent leur troupeau de brebis et un cheval. Celui-ci semble sauvage et nous impressionne par sa fougue. On les suit et Noé fait connaissance avec Eno qui semble avoir le même âge que lui. Ces deux-là ne vont plus se quitter pendant 24 heures ! Albanie nord Ça m’épate de les voir se débrouiller avec quelques mots d’anglais et beaucoup de mimes. Joseph les rejoint dans leurs aventures et ils s’éclatent toute la soirée. Le papa d’Eno est le patron du bar et leur offre des boissons. On se fait une soirée marmite sur le feu, la première depuis de longues semaines ! C’est bon de passer la soirée dehors sans grelotter.Albanie nord

Mardi 3 avril : La découverte des trésors gastronomiques de l’Albanie

Au réveil, les garçons sautent dans leurs vêtements à la vitesse de l’éclair, leur copain Eno est déjà là ! Pour nous, c’est une matinée parfaite : je pars me balader dans les collines et Manu fait une séance de Qi-Qong sur la plage, on bouquine et on écrit… En début d’aprem, Eno doit se préparer, on dirait qu’il va à l’ecole. Ça tombe bien, nous on doit démarrer, on a réservé une table au restaurant Mrizi i Zanave à 20km de là. Noé a eu le temps d’offrir son bâton préféré à Eno. Ils se serrent dans les bras. C’est émouvant de voir des relations si intenses se former et la vie poursuivre son cours… Allez, on se fait tout propres et beaux (Manu ressort même une chemise blanche, par contre la veste a trop souffert) et on quitte ce petit paradis. Albanie nord

En fait, c’est en regardant l’émission Échappées belles sur l’Albanie qu’on a découvert ce restaurant tendance slow food, nourriture bio et locale, créé par deux frères albanais. C’est une adresse réputée et on a eu une sacrée chance d’avoir une table en appelant seulement la veille. Albanie nord mziriLe cadre est charmant : une table en bois massif sous les arbres, des petites terrasses, des fleurs, une cabane en bois pour les enfants, des bunkers remaquillés en coccinelle et même un tracteur qui balade les familles dans des wagons en tonneaux recyclés. Albanie nord mziri zanave On fait confiance au serveur qui dans un anglais approximatif nous propose différents plats. Charcuteries, fromages, brochettes de géants, jus de grenade, sorbets… Les plats sont bien présentés et originaux. Le vin est bon. Le service n’est pas au top malheureusement : les plats arrivent trop vite ou décalés, ils ne surveillent pas si on a toujours à boire, c’est inadapté au standing du lieu. On aurait bien aimé aussi que le chef fasse un tour de salle pour rencontrer ses clients. L’art de la table est vraiment un patrimoine français spécifique ! On finit repus pour 24h….Albanie nord mziri zanave On demande si on peut rester garés sur le parking pour la nuit parce qu’on ne se voit pas redémarrer. La réponse est chaleureuse et on nous propose même de venir prendre le petit-déjeuner le lendemain. Il ne nous reste plus qu’a savourer une exquise soirée au soleil couchant dans le domaine, à se balader et digérer. On est tout contents de ramasser des courges sèches qu’on pourra peindre et ressemer chez nous. La nuit va s’avérer hachée à la moulinette par le troupeau d’oies sous nos fenêtres. Elles ne dorment jamais toutes en même temps et cancanent sans cesse!!! On en a ri… en se jurant de ne pas renouveler l’expérience… Albanie nord mziri zanave

Mercredi 4 avril : un cadeau-surprise !

On a cédé à la tentation du petit-déjeuner servi à l’auberge bien que nous n’ayons pas franchement faim. C’était très agréable de profiter du lieu presque vide et d’être cette fois-ci installés à l’intérieur. A une autre table, il y avait les propriétaires. Nous avons espéré échanger quelques mots avec le chef mais on n’a pas osé et eux n’ont pas fait la démarche. Petite frustration, habitués en tant que Français à rencontrer le chef dans les grands restaurants. Au moment de régler, on nous dit que c’est cadeau ! Nous n’en revenons pas, c’est un très beau cadeau !! Et quand Joseph veut payer un pot de confiture à la boutique, c’est encore cadeau ! Nous sortons tout penauds d’être si gâtés… Nous découvrons ensuite que sans le faire exprès, je leur ai fait un beau coup de publicité en faisant un lien vers leur site sur ma publication Facebook parlant d’eux : 25000 vues en moins de 24h. Ceci explique peut être cela…Albanie nord shkoder

On finit par quitter ce petit paradis pour rejoindre la ville de Shkoder. De la forteresse, on voit trois rivières (Bojana Buna, Drini et Kir) se rejoindre et le grand lac de Shkoder. Albanie nord shkoder Albanie nord shkoder La visite de la ville ne nous émerveille pas plus que ça, bien que l’architecture soit intéressante. On fait dans le pratique : rafraichissement de ma coupe de cheveux pour moi, courses au marché : verres, rustines, graines,… Albanie nord shkoder Il y a pas mal de vendeurs de poissons mais ça ne donne pas vraiment envie. Il y a un immense bazar friperie, j’aurais pu y passer des heures à dénicher des fringues sympas. Vu l’enthousiasme de mes troupes, je me suis limitée à un très chouette sarouel. Albanie nord shkoder Pour une raison mystérieuse pour nous, Skoder a l’air d’être une plaque tournante importante pour les vêtements d’occasion. On a vu plein de gens transporter des ballots de vêtements et tissus.

Nous investissons nos derniers leks dans un plein de diesel et filons pour de nouvelles aventures au Monténégro, réconciliés avec l’Albanie grâce à ce Nord plus préservé d’un point de vue écologique que le Sud 😉

 

 

Véro (et un soupçon de Manu)

A paraître bientôt : Le Montenegro

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4 Juin

Le Kosovo du 24 au 30 mars par Véro

Le Kosovo par Véro

Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 24 au 30 mars on visite le Kosovo après la  Macédoine et avant l’Albanie du nord. Decouvrez avec nous un sanctaire d’ours, les tensions ethniques encore présentes à Mitrovica, la belle vallée de la Rugova, une hospitalité chaleureuse dans un monastère sous protection de la KFOR !

 

Présentation de la République du Kosovo

Monnaie: euro

Capitale: Pristina

Superficie: 10887km2

Population: 1,8millions d’habitants dont 91% d’Albanais, 7% de Serbes et autres ethnies 2% (Turcs, Roms, Ashkalis, Egyptiens, Bosniaques, Goranis)

Densité: 197 habitants/km2

Histoire récente: 

Depuis 1945, le Kosovo était une Province autonome de la République de Serbie au sein de la République fédérale socialiste de Yougoslavie.

1991 Proclamation d’indépendance du Kosovo non reconnue par la communauté internationale. Ibrahim Rugova aussi appelé Gandhi des Blakans » est élu premier président de la République lors d’élections clandestines.  

1997 Naissance de l’armée de libération du Kosovo, l’UCK. 

1998 Mort du fondateur de l’UCK, le pays entre en guerre 

1999 l’OTAN intervient et met le Kosovo sous administration internationale, provoquant le retrait de l’armée et de l’administration serbe 

2002 Ibrahim Rugova remporte les élections organisées par l’ONU. 

2008 déclaration d’indépendance du Kosovo cette fois-ci reconnue par 111 pays. 

Depuis 2015, le dialogue a repris entre Serbie et Kosovo mais nous aurons vite l’occasion de sentir que ça reste très tendu….

Kosovo

Samedi 24 mars : Des ours !

Nous entrons au Kosovo par le poste frontière de Bardovci en provenance de Skopje en Macédoine. Le douanier nous dit qu’on doit prendre une assurance. Effectivement, après vérification, notre assurance ne couvre pas le Kosovo. Plein de gens nous font des coucous et nous photographient. Nous traversons des kilomètres de zones industrielles et commerciales boueuses à souhait. Il fait gris et froid, le rêve… On fait halte au monastère de Gracanica classé UNESCO. Ce monastère est le dernier d’une quarantaine de monastère et églises commandités par l’empereur Milutin. Un guide salarié par l’Eglise orthodoxe nous fait visiter les lieux en y ajoutant une pincée pro-Serbe, c’est certainement le coût de la gratuité. Il fait référence à un militaire français et à l’organisation Solidarité Kosovo,  après vérification cette organisation est proche de l’extrême droite en France.. . ambiance. .. Dans les rues alentours, on voit beaucoup de drapeaux albanais et les panneaux indicateurs dans les 2 langues sont souvent dégradés pour rayer l’une des 2 langues. Le Kosovo déroute entre ses mélanges de religions et de peuples et on ne sait jamais où on met les pieds !  Pour dire bonjour,  on se dit qu’on ne va pas faire dans le local,  un « bonjour » ou un « hello » sera plus prudent. 

Nous bivouaquons sur le parking du Pristina Bear Sanctuary et par la fenêtre, nous pouvons déjà observer deux ours qui jouent! On voulait voir des ours pendant le voyage,  voilà une opportunité !

Dimanche 25 mars : Bloqués dans les ruelles de Pristina !

Réveil glacial : il fait 4 degrés à bord quand je risque un pied hors du lit aux aurores. Il a fait -8 degrés dehors cette nuit. Il neige à gros flocons et notre chauffage est à nouveau en panne depuis une semaine… Je me recouche vite fait bien fait!! Deux heures plus tard, Manu réussit à nous réchauffer avec le thé, une bonne compote chaude et les bouillottes. C’est sa semaine de cuisine, à lui de braver le froid 😉 OursOn sort se balader dans le parc un long moment. Il y a ici une quinzaine d’ours qui ont été adoptés en 2013 quand une loi est venue interdire la détention privée des ours. Jusque là, les ours étaient des attractions de bord de route de restaurateurs pour le moins insensibles à la cause animale. Ours La fondation autrichienne Four Paws a même recueilli une ourse qui avait été laissée enfermée dans une cage sans aucun soin ni abri ni nourriture quand le propriétaire du restaurant a fait faillite. Pour nous, c’était super de pouvoir observer les ours de si près même si ça pince le coeur de savoir qu’ils sont à tout jamais inaptes à la vie sauvage. Ils conservent les stigmates de la captivité, de la malnutrition et autres mauvais traitements. 

Nous reprenons la route direction Pristina, capitale du Kosovo.

On essaie de se trouver un bivouac sur une colline près de la tombe de Ibrahim Rugova fondateur de la première République du Kosovo mais le lieu est trop pentu. Kosovo rugovarOn se retrouve alors embarqués dans un quartier où la largeur des rues diminue au fur et à mesure qu’on avance… jusqu’au moment où on est coincés pour de bon entre un toit trop bas et une voiture mal garée. Glups. On est plantés là à chercher une issue favorable quand apparaît un sauveur. Il propose de prendre le volant. Je lui cède, un brin piquée dans mon orgueil de conductrice sans frontière je l’avoue. Il assure et fait dégager quelques voitures pour un demi tout salvateur, on le remercie avec une bière. On quitte la souricière et on se pose près d’une station-service. Pour l’ambiance bucolique, on repassera, en plus il y a un cadavre de chien à côté.. . Pristina Kosovo Allez, on va se dégourdir les jambes. On aurait aimé visiter cette capitale avec quelqu’un qui nous éclaire sur la situation politique du Kosovo. La KFOR, force armée de l’OTAN est omniprésente. Devant le Parlement, il y a des affiches avec les photos des Kosovars disparus dans la guerre du Kosovo et demandant à la Serbie de rouvrir les dossiers. Pristina Kosovo En Serbie à Belgrade, nous avions vu l’autre côté du miroir, avec les Serbes demandant justice aux Kosovars pour les disparus. Dossier délicat et impression de marcher sur des oeufs.

Lundi 26 mars : émotions fortes !

On va au marché de la vieille ville de Pristina faire le plein de fruits et légumes. On demande à un vendeur de vaisselle s’il a des verres à raki (gnôle). Avec un grand sourire, il nous explique qu’ici les gens sont musulmans et donc pas d’alcool ni de verre à raki. Pas de soucis, ici tout le monde cohabite paisiblement nous dit-il, ouf! Pristina Kosovo

Puis on redémarre direction Mitrovica. C’est la ville symbole de la guerre du Kosovo, avec son pont séparant Serbes et Albanais. Mitrovica Ce pont avait été détruit pendant la guerre. On remarque côté serbe un fort nationalisme: drapeaux serbes et russes, prix en dinar serbe et écriture cyrillique. Pour eux le Kosovo n’existe pas et ils voudraient bien au moins récupérer le Nord. Mitrovica Kosovo

On quitte la ville en espérant trouver un bivouac près d’un monastère sur une des montagnes autour. On croise un cortège de véhicules anti-émeutes de la KFOR. A nouveau, on se retrouve embringués sur des routes qui ne font que rétrécir et je finis par un demi tour hasardeux sur un terrain de basket. Le monastère est inaccessible et il fait froid alors on redescend dans la plaine. Entre les mines et les décharges, le bivouac idyllique est une denrée rare. On se fait rattraper par la Police avec sirène et gyrophare comme dans les films (certes à 40km/h vu qu’on roule en Slowpy;))) mais ça met dans l’ambiance) On doit faire demi tour, ils ont fermé la route. Nous revoilà dans le centre de Mitrovica mais l’ambiance a changé du tout au tout : la Police est partout, les gens se rassemblent dans la rue, la tension monte. On vise une église sur les hauteurs. Mitrovica Kosovo Vous allez finir par croire qu’on fait un tour d’Europe des lieux saints!! Non, plus prosaïquement, ce sont tout simplement des lieux où il y a généralement un parking et souvent de l’eau, un spot à bivouac quoi. La nuit tombe et les rues de plus en plus étroites nous titillent, l’histoire se répète. Je passe sur une coulée de boue, déterminée à poser nos roues à l’église Saint Dimitri. Ouf, ça y est, on est arrivés avec un panorama de luxe en prime !Mitrovica Kosovo De là, on voit et on entend les sirènes et gyrophares près du pont. On aimerait tant savoir et comprendre ce qui se passe! Bon, on se sent en sécurité ici, c’est l’essentiel. A 22h, la Police vient contrôler nos papiers. Ils sont un peu perplexes de nous trouver là et nous demandent si on est bien des touristes. Ils nous disent que c’est ok de rester là. Quand on les questionne sur ce qui se passe, ils répondent  laconiquement « we’ve got a little situation ». Ça chauffe mais on n’en saura pas plus ce soir. 

Mardi 26 mars : au Kosovo,  les curiosités se méritent !

On se réveille au son des cloches de l’église orthodoxe voisine. Quelques minutes plus tard, le pope vient nous demander sans fioriture de dégager. Pour la charité chrétienne, on repassera… Bon, c’est peut être qu’il attend du monde. Pas grave, il y a un autre parking tout près. On se réchauffe avec nos bouillottes et le thé. Ça serait bien que le soleil revienne un jour!! On prend le temps de faire notre bout d’école quotidien et on marche jusqu’à un imposant mémorial en béton, pur style communiste, en l’honneur des combattants antifascistes. Mitrovica Kosovo On croise des ados serbes à qui on demande ce qui s’est passé la veille. Pour eux, c’est un Albanais qui est entré dans une zone serbe qui lui était interdite et qui y a lancé un fumigène déclenchant une émeute. Plus tard on fera une recherche, en fait un ministre serbe est venu tenir une réunion sans l’accord des autorités kosovares. Les forces spéciales sont venues l’arrêter…

Vu l’ambiance, on préfère poursuivre notre route vers des contrées plus paisibles. On roule sous la pluie jusqu’aux cascades de Mirusha. La route est de plus en plus étroite, si si, et se transforme en piste, si si, boueuse, eh oui, avec des trous, bien sûr… La cascade déverse des tonnes d’eau, c’est impressionnant ! Un des propriétaires des 2 bars au pied des chutes arrive et nous explique qu’il y a une série de 7 chutes et que c’est magnifique mais à cette saison il y a trop d’eau , elle est marron et le chemin est sous l’eau…  Kosovo On choisit de ne pas rester dans ce trou et de remonter la piste dès maintenant. Si bien qu’on arrive pour la nuit à Peja, petite ville aux portes du canyon de Rugova. Et pour une fois, on paie 1,60€ pour se garer, pas envie de tourner dans tous les sens pour finir encore coincés, mon énergie de pilote est bien entamée …

Mercredi 27 mars : séquence  sport d’hiver

Il y a un rayon de soleil ce matin, le premier depuis une semaine si on fait exception de l’éclaircie de 10mn au poste frontière!!!! On file explorer Peja.Pejä Kosovo L’air est frais, les montagnes se dressent majestueusement autour de nous. On découvre un étonnant vestige d’architecture communiste, un énorme immeuble qui fût une banque.Pejä Kosovo Il y a aussi un très beau bazar où de jolies maisonnettes en bois s’alignent. On trouve un petit marché où l’on achète de la crème. Les fermiers la préparent et la vendent dans des barattes en bois. On achète aussi des suxhuk, saucisses de veau épicées et des légumes. Pejä Kosovo

Ensuite, on roule dans le canyon de Rugova. La rivière est bleutée au fond des gorges. La route nous amène jusqu’à Bogë, toute petite station de ski. Neige, ciel bleu, une bière en terrasse et… luge!! Le bar nous prête 2 luges fabriquées maison. Böge Kosovo Je monte à pied avec Joseph tout en haut du domaine pour une descente gigantesque. C’est génial de partager ça, de s’entraider et se motiver pour finir par glisser en criant et riant. Noé se lance dans une descente plus courte mais tête la première assez radicale et qui par chance finit bien. Il a une aisance  corporelle impressionnante… Ça a un peu fait flipper Manu qui raisonne  toujours en ingénieur en mode analyse des risques.  Böge Kosovo

Comme nous n’avons plus de chauffage, on redescend sagement dans la plaine pour la nuit. On s’arrête aux abords du monastère de Decani. Pour cela, on franchit chicanes et postes de surveillance de la KFOR. Notre présence ne semble pas leur poser de problème. Plusieurs véhicules blindés sont déjà passés près de nous dans leurs rondes de surveillance quand nous nous endormons.

Jeudi 28 Mars : l’expérience d’une hospitalité exceptionnelle

On se réveille fatigués ! A 3h du matin, il m’a fallu me mettre au volant pour déplacer Slowpy de 100m. Un gradé a décidé qu’on ne pouvait pas rester où on était… et préférait qu’on se gare devant le poste électrique un chouilla plus loin. J’ai meublé l’insomnie consécutive avec de longs monologues rageux sur les militaires, l’armée et les ordres à la con, les monastères qui feraient mieux de s’installer ailleurs…  

Decani Kosovo La vie réserve des surprises : nous avons visité le monastère et y avons vécu un accueil exceptionnel, me faisant comprendre le sens de la présence de la KFOR ici. A tel point que j’ai offert au poste de surveillance une petite lettre pour expliquer que oui, je les avais détesté de nous réveiller en pleine nuit alors qu’on ne nous avait rien dit de la soirée et que je leur présentais mes excuses pour ces sentiments négatifs car je comprenais maintenant la mission de paix qu’ils accomplissent à Decani. 

Decani Kosovo

Revenons au monastère. Le moine hospitalier Pierre nous a accueillis pour une visite très interessante. Il nous a montré l’album photo du monastère et fait goûter leurs productions :  liqueur et eau de vie.  Il a même fait une deuxième visite pour les enfants, leur montrant Joseph et Noé sur les fresques ornant l’intérieur de l’église ainsi que la ferme du monastère. Il nous a aussi invités à partager le repas de midi dans leur réfectoire. Il nous préviens que la cuisine est simple en raison du carême mais nous on l’a trouve fine,  copieuse bref on se régale !  Il nous invite à  participer à  une cérémonie le soir,  du coup on change nos plans,  on retourne à  Peja pour visiter un autre monastère orthodoxe.  Il est certe joli mais l’accueil est moins chaleureux. On revient à Decani à l’heure pour la cérémonie. Malgré le fait que nous ne soyons pas orthodoxes nous nous sentons accueillis. C’est une cérémonie où ils procèdent à l’ouverture du sarcophage du roi Stefan pour entretenir la momie du roi et bénir les fidèles avec une onction préparée avec la momie du roi.  Cette momie se serait réalisée seule,  sans l’intervention humaine,  miraculeusement. Nous sommes invités à  être ainsi bénis et nous acceptons volontiers,  non pas que nous croyons à ce miracle mais nous croyons à l’intention positive et bienveillante de la bénédiction des moines. La bienveillance est toujours un cadeau précieux à recevoir. Lors de cette soirée nous rencontrons une famille d’allemands qui nous avait laissé un petit mot d’invitation sur notre pare-brise au monastère de Peja.  Le monastère de Decani est vraiment un lieu magnétique dont nous ne voulions plus partir. 

Vendredi 29 Mars : Une ville au beau panorama

Nous quittons Decani le coeur enrichi de cette magnifique journée passée au monastère. Nous faisons une halte dans la ville de Djakova où nous déambulons dans un agréable vieux quartier de maisons de bois, le bazar ottoman. Sur la route nous voyons beaucoup de monuments à la gloire de soldats de l’UCK tombés lors de la guerre d’indépendance, le drapeau albanais est beaucoup plus utilisé que le drapeau kosovare. 

Nous faisons une halte dans la région viticole du Kosovo à Rahovec.  On tente la visite de la cave  Bodrumi i Vjetër  mais on sent qu’il fallait plutôt réserver.  Ils attendent un groupe de militaires alors ils nous accueillent quand même. La visite est un peu sommaire,  comme la dégustation… On a la désagréable surprise de voir à la fin que la visite et la dégustation sont payantes,  du coup on ne prend pas beaucoup de vin. Celui de la dégustation n’est pas fameux, on prend celui qui nous intéresse : le Vranac,  cépage des balkans, déjà apprécié en Macédoine. Sur le chemin du retour on s’arrête à une autre cave, plus « américanisée  » et pour cause elle appartient à un américain d’origine kosovare.  Cette fois pas de visite ni dégustation on achète à l’aveugle, Vranac toujours.

Puis nous arrivons à Prizren, ville à majorité albanaise donc musulmane. Dans notre promenade, nous avons découvert l’église Saint George et avons rencontré là une religieuse adorable qui nous a emmenés jusqu’à la chapelle Saint Nicolas toute proche.Nous avons eu tous les deux le même ressenti: s’afficher avec une orthodoxe serbe à Prizren, c’est une expérience osée… Nous avons appris après qu’en 2004, des pogroms ont chassé la quasi-totalité des habitants serbes. Cette expulsion s’est accompagnée de l’incendie des églises orthodoxes de la ville dont l’église Saint George que nous avons découverte reconstruite mais vide et sous surveillance militaire de la KFOR. Prizren KosovoNous avons ensuite choisi d’aller respirer et méditer tout ça en haut de la forteresse de la ville. C’est une belle balade à travers les rues bordées de maisons à encorbellement de bois. Nous avons reçu comme un cadeau le magnifique coucher de soleil sur la ville, avec l’appel à la prière de 18h émanant des 35 minarets de la ville. En redescendant nous avons fait une halte sous les fenêtres de l’école de musique où les élèves donnaient un concert. .. Puis nous avons retraversé les rues piétonnes très animées du centre-ville, en bordure de la rivière Bistrica. Pour marquer notre dernière soirée au Kosovo, nous avons savouré un bon dîner au restaurant Marashi. Fauteuils confortables, belle table, service attentionné, viande grillée sur la pierre, fromages et charcuteries… Décidément, dans les Balkans, la viande est reine!

Samedi 30 Mars : retour en Albanie.

Nous quittons le Kosovo pour rejoindre le Nord de l’Albanie, touché par ce petit pays encore si fragile et tourmenté. La boue qui nous a beaucoup collé aux semelles au début de notre séjour  laisse maintenant la place à une poussière sans pitié. 

Véro (et un soupçon de Manu)

A paraître bientôt : L’Albanie du Nord

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22 Mai

La Macédoine 🇲🇰 du 17 au 24 mars par Vero

La Macédoine par Véro

Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 17 au 24 mars on visite la Macédoine après l’Albanie et avant le Kosovo. Decouvrez avec nous Ohrid, la vallée de la Matka et Skopje ! Un pays plein de trésors naturels !

 

Présentation de la Macédoine

 

République de Macédoine 

Monnaie: 1€ = 61 denars macedonien (MKD)

Capitale: Skopje

Superficie: 25 713 km2

Densité: 81 habitants au km2

Population: Macédoniens (officiel mais contesté par la Grèce)

Religion: Eglise orthodoxe macédonienne 64% islam 33%

Salaire moyen officiel net: 340€

Langue: slavo-macédonien et albanais

Histoire récente:

1991 Déclaration d’indépendance de la République fédérative de Yougoslavie

En 1994, la Macédoine subit un blocus de la part des Grecs qui se sentent volés (pour eux la Macédoine est grecque) Le blocus est levé en septembre 1995.

Janvier-août 2001: guerre civile, les indépendantistes albanais se soulèvent. L’intervention de l’ONU, de l’UE et de l’OTAN ainsi que les accords d’Orhid signés leur donnent davantage de droits

En 2012-2013, une nouvelle crise traverse le pays mais l’UE intervient vite

Depuis, la situation politique est régulièrement tendue sur fond d’écoutes illégales et de corruption.

Samedi 17 mars : Ohrid et son beau lac

On se réveille en Albanie sur la plage de Pogradec, au bord du lac d’Ohrid, avec le copain Cyril rencontré deux jours plus tôt. Après la photo avec lui, nous démarrons direction la frontière macédonienne toute proche. Macédoine

Le douanier accepte de se laisser photographier dans sa cabine : je le « capture » avec le poster de l’équipe nationale de handball qui nous souhaite la bienvenue en Macédoine et le logo de la Police. Un autre douanier monte à bord pour une brève inspection. Les deux sont agréables et parlent bien anglais. 

Il fait un vent à décorner les boeufs comme on dit chez nous. Le lac ressemble à un océan tempêtueux!

Ohrid

La première chose qu’on remarque, ce sont les petites voitures de la marque Yugo qui ressemblent à des Fiat 500. Il y a aussi des deux chevaux et des 4L ! 

Zastava

On a un coup de coeur pour le drapeau macédonien, rouge avec ses rayons jaunes. On le trouve dynamique et joyeux ! En 1992, la toute jeune République de Macédoine a choisi ce soleil comme emblème de son nouveau drapeau. Il est inspiré du soleil que les archéologues ont découvert dans le tombeau de Philippe 2 dans la région de Macédoine en Grèce, sur un coffre contenant une incroyable couronne d’or. Ce choix a hautement courroucé les Grecs qui se sont sentis spoliés de leur patrimoine et pour qui la Macédoine est grecque. En 1995, la Macédoine a fini par opter pour un drapeau plus stylisé avec huit rayons partant d’un centre jaune, sur fond rouge. A plusieurs endroits, on a pu voir l’ancien drapeau reflétant la tension persistante avec la Grèce quant au nom du pays et au drapeau. 

On arrive dans la ville d’Ohrid classée Unesco et on s’abrite pour notre bivouac derrière le mur de la forteresse, près de la porte supérieure après avoir fait quelques demi-tours : les vagues dues à la tempête recouvrent les rues au bord de l’eau ! 

Ohrid

On part tardivement et furtivement explorer la ville le bonnet vissé sur les oreilles. On apprécie les ruelles pavées et on repère les lieux à visiter le lendemain.

Dimanche 18 mars : lac d’Ohrid

Au réveil, on fait le point sur notre état général et on se met d’accord sur le fait que nous sommes fatigués. L’Albanie nous a usés. On se sent sales. On a enchaîné plusieurs nuits pourries par des bruits de voiture, la pluie, le vent… Ça fait du bien d’oser se le dire! Un voyage au long cours, ça peut puiser dans les ressources alors si on veut que ça reste un plaisir, mieux vaut être en phase avec ses besoins vitaux… Adjugé vendu : dès qu’on trouve du wifi, on se cherche une location pour se poser 3 nuits au chaud.

Ohrid

Nous retournons visiter la ville qui a un tout autre visage aujourd’hui : il fait grand beau temps !  On commence par la forteresse d’où la vue sur le lac, la ville et les montagnes est magnifique. Manu fait tomber son portable,  l’écran devient progressivement tout noir,  là c’est sûr il est mort le portable.. .

Puis on rejoint l’église Saint Clément de Plaosnik qui surplombe le lac. Un premier « guide » nous propose ses services et se fait vite doubler par une femme qui déclare qu’elle est une vraie guide et que lui n’est qu’un fou qui se dit philosophe… Elle nous harponne littéralement et joue sur notre culpabilité pour qu’on la choisisse… Euh, on n’a rien demandé en fait alors « Non merci, on préfère visiter seuls »… On quitte le site par un petit sentier à l’arrière de l’église qui rejoint le lac. La balade est des plus plaisantes. On débouche sur la petite église Saint Jean de Kaneo. La ville a quelques belles bâtisses de style ottoman et byzantin. La spécialité de la ville est le travail des perles.

On se pose dans un café pour rechercher notre nid pour les prochains jours : on « signe » pour un appart’hôtel à Skopje dans 4 jours.

On finit la journée un peu plus loin au bord du lac, près d’un monastère. Je pars marcher pendant que les gars pêchent.

Lundi 19 mars : du lac d’Ohrid au canyon de Matka

Nous quittons les rives du lac d’Ohrid pour 180 km de route sous la pluie, notre record absolu de distance journalière en 8 mois de voyage! En ce moment, c’est un jour de soleil pour cinq jours de grisaille humide… Bon, on vise le canyon de Matka aux portes de la capitale, Skopje, pour en profiter le lendemain qui devrait être plus lumineux. On apprécie la qualité de la route. En Macédoine, tu peux sortir des grands axes sans soucis, c’est agréable pour nous.

On passe par la route qui traverse le Parc National de Mavrovo. Ça donne envie de revenir explorer ce coin aux beaux jours. C’est une zone de forêts et de montagnes parsemées de vieux villages. On longe de grands lacs de barrage. On trouve même une source chaude. Un complexe de bains et jeux aquatiques est en cours d’aménagement, ça va être chouette ! Pour l’instant, la baignade est malheureusement impossible. Nous terminons par un bout de l’autoroute Mère Teresa pour enfin atterrir à Matka. J’ai été très étonnée de voir associer le nom de la religieuse à celui d’une autoroute !! Elle est en fait née à Skopje, capitale actuelle de la Macédoine. Mais Albanie et Macédoine se disputent âprement sa mémoire, chacun revendiquant des origines de l’héroïne dans leur pays. Elle se revendiquait albanaise mais née en Macédoine…  Bienvenue dans les Balkans !  

On est accueillis a l’entrée du canyon de Matka par des bennes à ordures qui semblent attendre des éboueurs depuis de trop longs mois. Les déchets s’empilent tout autour des bennes, fouillés par les chiens et les chats. Ça doit être le tour des rats la nuit. Comme en Albanie, on imagine qu’ils font le ménage en début de saison touristique. On jette un oeil au sentier de randonnée pour demain, ça a l’air plus préservé, ouf. On s’endort près d’un bras de rivière sur lequel est aménagé un parcours de slalom. Apparemment, c’est le spot d’entrainement de la fédération macédonienne de canoë kayak. Tous mes souvenirs de mes années kayak remontent et je me surprends à chercher les bonnes trajectoires sur le parcours. 

Mardi 20 mars : marche presque méditative à Matka

Journée de balade en douceur sur le sentier qui va au bout du canyon. Le site est très agréable. Il y a même un petit hôtel au bord de l’eau qui fait bien envie pour roucouler en amoureux. On savoure le pique-nique au soleil. Manu garde les gars vers lui,  Je mets en pratique ma dernière lecture: « Marcher » de Thich Nhat Hanh qui parle de marche consciente et méditative. C’est profondément ressourçant. Je finis la journée sur un petit nuage. 

Au retour on voit que les poubelles ont été ramassées, ouf,  tout n’est pas perdu…

Par contre notre chauffage ne veut plus fonctionner  : le gasoil arrive,  la bougie chauffe,  le ventilateur tourne mais rien à faire,  il ne démarre pas…

Mercredi 21 mars : Skopje dans le « luxe »

C’est aujourd’hui qu’on va à notre appart’hôtel à Skopje. Inspirés par un rayon de soleil, on se lance dans un gros rangement et ménage de printemps avant de rejoindre la capitale. On découvre le matelas des garçons à nouveau humide comme en Turquie. Allez, on sort tout, on fait sécher, on aère. On rassemble six gros sacs de linge sale en espérant trouver une laverie. 

Puis on met le cap sur la ville et on trouve une place juste à côté de notre location. On est garés devant une maison alors on demande si on gêne mais le propriétaire est tout sourire et nous souhaite la bienvenue en nous disant que c’est ok de rester là. Il nous prête même des seaux à placer où on est garés pour retenir notre place si on doit bouger. Il nous explique que son fils parle français. On espère le rencontrer ! On se sent accueilli,  ça fait plaisir. 

La découverte de notre nouveau nid nous enchante: c’est grand, propre, lumineux, avec une chambre séparée pour nous et deux lits pour les garçons, une cuisine et une piscine au sous-sol!!! On saute dans nos maillots sans perdre de temps. Oh le bonheur!!! 

On fait ensuite quelques courses au supermarché du coin : le plus luxueux qu’on ait vu depuis des mois !!! Moi je bloque sur les emballages multicolores. Je deviens obsédée par les emballages, futurs déchets qu’on retrouve partout dans la nature… Du coup, j’étouffe et accélère, hâte de sortir de ce lieu de consommation. Vivement qu’on trouve un beau marché !! On a envie d’une bouteille de vin mais on découvre qu’on ne peut pas acheter d’alcool après 19h. Privés d’apéritif… On rentre vite au chaud et on profite du four pour cuisiner le gratin de pâtes dont Noé rêve depuis un moment. 

Jeudi 22 mars : Skopje sous la neige !

On est réveillé très tôt par une luminosité spéciale: de la neige!!! On découvre de nos fenêtres Skopje sous son blanc manteau. Un peu frais comme début de printemps!! Heureusement qu’on a pris cette location,  la même chose dans Slowpy sans chauffage, ça aurait été difficile …

Dans la matinée, un employé de l’hôtel me conduit en voiture avec nos six sacs de linges sales jusqu’à un pressing. Il explique longuement qu’on a besoin de laver et sécher à la machine tout ce linge. Mais ici ils ne proposent que du nettoyage à sec. On tourne et vire dans la ville pour trouver un autre endroit tout près de l’hôtel. Cette deuxième tentative est la bonne. Après de longues palabres, je me retrouve délestée des 20kg de linge pour 40 euros, ouf! On va pouvoir repartir de Skopje propres sur nous et dans nos placards, parfait! Pendant ce temps, Manu a fait les maths avec les gars mais la manière très particulière d’aborder la logique  mathématique de Noé l’a quelque peu agacé.. . Ça va faire du bien à  tout le monde de sortir un peu !

On sort ensuite tous les quatre pour aller au marché du quartier qu’on a repéré avec notre application maps.me. C’est un régal des sens. On retrouve des beaux étals d’oranges, citrons, choux, tomates, carottes, concombre, salades, graines… On goutte une succulente crème à mi-chemin entre le beurre et le fromage et du speck. On achète des byreks. Les commerçants sont agréables. 

Puis on retourne profiter de la piscine. Quel luxe de barboter au chaud!! 

Nous recevons une invitation des propriétaires de la maison devant laquelle on est garés. Chic, une rencontre !

Alexandre, son père Nico et sa mère Biljana sont très chaleureux et accueillants. On se sent bien avec eux. Ils nous parlent de la vie en Macédoine, le piston indispensable pour arriver à quoique ce soit, le manque d’avenir pour la jeunesse mais aussi de l’espoir et de la beauté de leur pays. On mange des figues confites de leur jardin, du poulet mariné, des aubergines aux noix, des poivrons fondants à la feta et des baklavas, le tout arrosé de vin blanc et de raki, un festin ! On était venu pour un café qui s’est transformé en dîner !

Vendredi 23 mars : Skopje, la ville aux milles statues

Il a encore neigé cette nuit !  Nous commençons la journée par un café chez Alexandre. Biljana est déjà au travail. Niko nous a préparé plus qu´un simple café, en fait on prend notre deuxième petit déjeuner. Il nous régale de toasts au fromage fondu. Il nous offre de la menthe de son jardin et des confitures. 

Alexandre voudrait continuer ses études à l’étranger et y faire carrière. S’il vient en France, il a maintenant une adresse ! 

On brave ensuite le grand froid pour rejoindre le centre-ville. Je m’arrête chez une couturière qui tient une boutique de ses productions et je me trouve une jolie robe pour un prix dérisoire. En France, ce genre de création m’est souvent inaccessible alors c’est un beau cadeau. 

La ville a été largement reconstruite car, en 1963, un tremblement de terre a fortement endommagé la ville. Un grand projet, « Skopje 2014 », a vu naître de nombreux bâtiments administratifs et culturels somptueux. Une fortune y est passée pour un résultat que certains estiment kitsch mais qu’on a adoré pour son esprit musée d’art en plein air. Les anciennes façades austro-hongroises ont été copiées et surtout ce qui caractérise la ville moderne, ce sont les statues et les fontaines, gigantesques, imposantes, majestueuses, multiples. Skopje

Il y en a vraiment partout ! Pour commémorer les héros de la nation, les figures historiques ou mythiques ou pour l’art tout simplement. La star récurrente, c’est Alexandre le Grand sur son cheval ainsi que son père Philippe 2 et sa mère Olympias (enceinte, allaitante, avec son fils dans les bras… une vraie ode à la maternité!) Il y a tellement de statues qu’on en a vu plein sans comprendre qui elles représentent. Le petit truc qui nous a chiffonné c’est de trouver parmi les plaques de citations de Mère Thérésa, une sacrément hostile à l’avortement, limite obscurantiste… n’empêche, la grande place sur laquelle débouchent les grandes avenues est inoubliable tant tout y est démesuré, spécialement la plus grande de toutes les sculptures d’Alexandre le Grand, entouré de lions. On s’est demandé si toutes ces statues n’étaient pas aussi là pour stimuler un sentiment national assez jeune ou pour se raccrocher à tout prix à la Macédoine antique à la place des Grecs.

Nous avons aussi flâné dans la carsija de Skopje, le vieux quartier ottoman du bazar où l’on trouve plein d’antiquaires, de boutiques de robes de mariées des mille et une nuits, de tapis, d’habits traditionnels et un grand marché. Ça serait le 2eme plus grand bazar des Balkans après Istambul. On s’est réchauffés avec un plat traditionnel rappelant le cassoulet, le tavtché gravtché: des haricots blancs à la tomate mitonnés pendant des heures sur le feu dans des poêlons en terre.

Manu a trouvé de quoi faire réparer son portable mais même en Macédoine la note est élevée. Le gars lui offre l’écran de protection,  sympa.

De retour à l’appartement, nous avons commencé à rassembler nos affaires pour le départ le lendemain, un peu déçus de ne pas avoir eu plus de temps pour aussi ne rien faire !! 

Samedi 24 mars : En route pour le Kosovo !

Nous saluons une dernière fois Alexandre et sa famille, le cœur serré tant nous les avons appréciés. Ils offrent aux garçons une copie du livre pour apprendre à dessiner qu’Alexandre utilisait quand il était petit et des gâteaux au chocolat. On est toujours un peu frustré de  cette barrière  de la langue.  

On récupère notre linge,  on dépense nos derniers Denars au marché, Manu achète du vin macédonien et on reprend la route.

Nous rejoignons ensuite la frontière avec le Kosovo pour de nouvelles aventures!

La Macédoine restera pour sûr dans nos pays coup de coeur !

 

Véro (et un soupçon de Manu)

A paraître bientôt : Le Kosovo

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Relire l’Albanie du sud

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14 Mai

Les 10 + 2 travaux d’Hercule / Herakles par Noé Bouhier

Un an de voyage en famille à travers l’Europe, c’est un terrain de jeu pour apprendre des choses ! En Grèce, Noé s’est passionné pour les 12 travaux d’Hercule enfin Herakles et en fait il y a 10 travaux, bref il vous explique ….

Les 10 travaux d’Hérakles

J’ai découvert pendant le voyage qu’il faudrait plutôt dire les 10 + 2 travaux d’Hérakles.
Hérakles est un héros de la mythologie grecque. C’est aussi Hercule en Romain.
Hérakles veut dire « gloire à Héra ».
Ce héros avait une force surhumaine. Son cousin Eurysthée lui imposa 10 travaux.
Je vais vous les raconter. Il y a plusieurs versions de ce passage de la mythologie grecque et j’ai choisi la plus répandue.

Le lion de Nemée

Le premier de ses travaux consistait à tuer le lion de Nemée . Le lion de Nemée tuait tous les habitants de la région. Ce lion avait la peau invulnérable. Hérakles lui décocha une volée de flèches qui rebondit sur sa peau. Le lion fonça sur lui mais Hérakles l’étrangla. Cette première étape était finie.

L’Hydre de Lerne

Après il dut affronter l’Hydre de Lerne . L’Hydre terrorisait les marais de Lerne . L’Hydre était un monstre avec un corps de serpent à 9 têtes immortelles. Hérakles entreprit de couper les têtes mais celles-ci repoussèrent. Il appela son neveu à l’aide et ensemble ils réussirent, mais Eurysthée déclara que ça ne comptait pas car il ne l’avait pas accompli seul !

La biche de Cérynie

La biche de Cérynie avait des bois en or et était consacrée à Artémis, la déesse de la chasse. Eurysthée ordonna à Hérakles de capturer la biche. Hérakles la poursuivit pendant une année et lui tendit un piège. Artémis lui reprocha son acte mais Hérakles expliqua qu’il agissait sous les ordres d’Eurysthée.

Le sanglier d’Erymanthe

Le sanglier d’Erymanthe ravagait la région et il était énorme. A la demande d’Eurysthée, Hérakles le chassait. En chemin, Hérakles rencontra le centaure Pholos qui lui offrit de la viande. Hérakles eut soif donc il réclama du vin. Le centaure en possédait une jare mais il ne pouvait pas la consommer car elle appartenait à l’ensemble des centaures. Hérakles le convainquit. Les autres centaures furent attirés par l’odeur du vin et une bagarre éclata dont Hérakles sortit victorieux. Il reprit sa chasse et tua le sanglier, mais le centaure Nessos ne devait pas oublier l’affront subi.

Les écuries d’Augias

Les écuries d’Augias étaient horriblement sales. Hérakles dû les nettoyer. Il cassa un mur de l’écurie puis détourna le cours de deux fleuves, l’Alphée et le Pénée. Les deux fleuves nettoyèrent l’écurie. Tous ça avant le coucher du soleil.

Le lac Stymphale

Le lac Stymphale avait été infesté d’oiseaux! Hérakles dû tous les tuer. Héphaïstos, dieu de la forge et du feu lui fabriqua une crécerelle en bronze. Hérakles s’en servit pour faire fuir les oiseaux. Il les tua ensuite avec son arc et ses flèches.

Le taureau de Crète

Le taureau de Crète était très beau mais le dieu des mers l’avait rendu fou! Hérakles devait le ramener à Tyrinthe . Quand Hérakles fut arrivé en Crète, il saisit les cornes du taureau puis il l’entrava et ensuite il rentra à Tyrinthe.

Les juments de Diomède

Les juments de Diomède étaient mangeuses d’homme. Hérakles dû les capturer. Il les attrapa mais les guerriers de Diomède arrivèrent et une bagarre éclata. Hérakles donna les guerriers à manger aux juments, embarqua les juments sur son bateau et repartit.

La ceinture de la reine des amazones

Eurysthée voulait offrir à sa fille la ceinture de la reine des amazones. Les amazones étaient des femmes guerrières. Hérakles demanda à la reine de lui donner sa ceinture. Elle accepta . Mais Héra, furieuse de voir Hérakles réussir, complota pour que les Amazones et la reine s’opposent à Hérakles. Hérakles tua la reine des amazones, lui arracha sa ceinture et la rapporta à Eurysthée.

Le troupeau de Géryon

Géryon était un géant à trois têtes qui gardait un troupeau de boeufs avec son chien. Hérakles devait voler le troupeau et le ramener à Eurysthée. Il tua le chien de Géryon et embarqua le troupeau qui fut sacrifié à Héra.

2 TRAVAUX DE PLUS POUR HÉRAKLES .

Eurysthée voulait se débarrasser d’Hérakles parce qu’il craignait d’être détrôné. Il lui imposa donc 2 travaux de plus .

Les pommes d’or du jardin des héspérides

Hérakles eut pour mission de ramener les pommes d’or du jardin des Hespérides. Il chercha le jardin pendant longtemps. Quand il le trouva enfin, il demanda à Atlas d’aller chercher les pommes car il était le père des héspérides gardiennes des pommes . Pendant ce temps il porterait le ciel à la place d’Atlas. Quand Atlas revint avec les pommes, il n’avait plus envie de porter le ciel. Hérakles lui demanda de porter le ciel le temps de mettre un bandeau autour de sa tête. Atlas accepta et Hérakles en profita pour s’enfuir avec les pommes.

La capture de Cerbère

En imposant la capture de Cerbère, Eurysthée crut qu’il allait enfin se débarrasser d’Hérakles. Celui-ci partit aux Enfers pour y prendre Cerbère le chien à trois têtes. Hadès dit oui à condition de ne prendre aucune arme. Hérakles saisit Cerbère par ses trois têtes puis il le mordit. Après avoir amené Cerbère à Eurysthée, il le ramena aux Enfers comme il en avait convenu avec Hadès.

J’ai beaucoup aimé ce passage de la mythologie: c’est plein d’histoires fantastiques. Ce personnage m’a fasciné, il est fort et intelligent, c’est pourquoi j’ai choisi de vous le faire découvrir.

Noé Bouhier

 

Nos articles de la Grèce :

décembre

janvier

février

L’article de Joseph sur la titanomachie

 

14 Mai

Les 10 + 2 travaux d’Hercule / Herakles par Noé Bouhier

Un an de voyage en famille à travers l’Europe, c’est un terrain de jeu pour apprendre des choses ! En Grèce, Noé s’est passionné pour les 12 travaux d’Hercule enfin Herakles et en fait il y a 10 travaux, bref il vous explique ….

Les 10 travaux d’Hérakles

J’ai découvert pendant le voyage qu’il faudrait plutôt dire les 10 + 2 travaux d’Hérakles.
Hérakles est un héros de la mythologie grecque. C’est aussi Hercule en Romain.
Hérakles veut dire « gloire à Héra ».
Ce héros avait une force surhumaine. Son cousin Eurysthée lui imposa 10 travaux.
Je vais vous les raconter. Il y a plusieurs versions de ce passage de la mythologie grecque et j’ai choisi la plus répandue.

Le lion de Nemée

Le premier de ses travaux consistait à tuer le lion de Nemée . Le lion de Nemée tuait tous les habitants de la région. Ce lion avait la peau invulnérable. Hérakles lui décocha une volée de flèches qui rebondit sur sa peau. Le lion fonça sur lui mais Hérakles l’étrangla. Cette première étape était finie.

L’Hydre de Lerne

Après il dut affronter l’Hydre de Lerne . L’Hydre terrorisait les marais de Lerne . L’Hydre était un monstre avec un corps de serpent à 9 têtes immortelles. Hérakles entreprit de couper les têtes mais celles-ci repoussèrent. Il appela son neveu à l’aide et ensemble ils réussirent, mais Eurysthée déclara que ça ne comptait pas car il ne l’avait pas accompli seul !

La biche de Cérynie

La biche de Cérynie avait des bois en or et était consacrée à Artémis, la déesse de la chasse. Eurysthée ordonna à Hérakles de capturer la biche. Hérakles la poursuivit pendant une année et lui tendit un piège. Artémis lui reprocha son acte mais Hérakles expliqua qu’il agissait sous les ordres d’Eurysthée.

Le sanglier d’Erymanthe

Le sanglier d’Erymanthe ravagait la région et il était énorme. A la demande d’Eurysthée, Hérakles le chassait. En chemin, Hérakles rencontra le centaure Pholos qui lui offrit de la viande. Hérakles eut soif donc il réclama du vin. Le centaure en possédait une jare mais il ne pouvait pas la consommer car elle appartenait à l’ensemble des centaures. Hérakles le convainquit. Les autres centaures furent attirés par l’odeur du vin et une bagarre éclata dont Hérakles sortit victorieux. Il reprit sa chasse et tua le sanglier, mais le centaure Nessos ne devait pas oublier l’affront subi.

Les écuries d’Augias

Les écuries d’Augias étaient horriblement sales. Hérakles dû les nettoyer. Il cassa un mur de l’écurie puis détourna le cours de deux fleuves, l’Alphée et le Pénée. Les deux fleuves nettoyèrent l’écurie. Tous ça avant le coucher du soleil.

Le lac Stymphale

Le lac Stymphale avait été infesté d’oiseaux! Hérakles dû tous les tuer. Héphaïstos, dieu de la forge et du feu lui fabriqua une crécerelle en bronze. Hérakles s’en servit pour faire fuir les oiseaux. Il les tua ensuite avec son arc et ses flèches.

Le taureau de Crète

Le taureau de Crète était très beau mais le dieu des mers l’avait rendu fou! Hérakles devait le ramener à Tyrinthe . Quand Hérakles fut arrivé en Crète, il saisit les cornes du taureau puis il l’entrava et ensuite il rentra à Tyrinthe.

Les juments de Diomède

Les juments de Diomède étaient mangeuses d’homme. Hérakles dû les capturer. Il les attrapa mais les guerriers de Diomède arrivèrent et une bagarre éclata. Hérakles donna les guerriers à manger aux juments, embarqua les juments sur son bateau et repartit.

La ceinture de la reine des amazones

Eurysthée voulait offrir à sa fille la ceinture de la reine des amazones. Les amazones étaient des femmes guerrières. Hérakles demanda à la reine de lui donner sa ceinture. Elle accepta . Mais Héra, furieuse de voir Hérakles réussir, complota pour que les Amazones et la reine s’opposent à Hérakles. Hérakles tua la reine des amazones, lui arracha sa ceinture et la rapporta à Eurysthée.

Le troupeau de Géryon

Géryon était un géant à trois têtes qui gardait un troupeau de boeufs avec son chien. Hérakles devait voler le troupeau et le ramener à Eurysthée. Il tua le chien de Géryon et embarqua le troupeau qui fut sacrifié à Héra.

2 TRAVAUX DE PLUS POUR HÉRAKLES .

Eurysthée voulait se débarrasser d’Hérakles parce qu’il craignait d’être détrôné. Il lui imposa donc 2 travaux de plus .

Les pommes d’or du jardin des héspérides

Hérakles eut pour mission de ramener les pommes d’or du jardin des Hespérides. Il chercha le jardin pendant longtemps. Quand il le trouva enfin, il demanda à Atlas d’aller chercher les pommes car il était le père des héspérides gardiennes des pommes . Pendant ce temps il porterait le ciel à la place d’Atlas. Quand Atlas revint avec les pommes, il n’avait plus envie de porter le ciel. Hérakles lui demanda de porter le ciel le temps de mettre un bandeau autour de sa tête. Atlas accepta et Hérakles en profita pour s’enfuir avec les pommes.

La capture de Cerbère

En imposant la capture de Cerbère, Eurysthée crut qu’il allait enfin se débarrasser d’Hérakles. Celui-ci partit aux Enfers pour y prendre Cerbère le chien à trois têtes. Hadès dit oui à condition de ne prendre aucune arme. Hérakles saisit Cerbère par ses trois têtes puis il le mordit. Après avoir amené Cerbère à Eurysthée, il le ramena aux Enfers comme il en avait convenu avec Hadès.

J’ai beaucoup aimé ce passage de la mythologie: c’est plein d’histoires fantastiques. Ce personnage m’a fasciné, il est fort et intelligent, c’est pourquoi j’ai choisi de vous le faire découvrir.

Noé Bouhier

 

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