La Bosnie du 18 avril au 1er mai 2018 par Véro
Deux semaines en Bosnie
Un an de voyage en famille à travers l’Europe ! Du 18 avril au 1er mai on découvre la Bosnie après le Monténégro et avant la Croatie. Découvrez avec nous des cheminées de fées, des étranges pyramides, des vestiges des jeux olympiques, les belles Sarajevo et Mostar, les traces d’une religion perdue, des rivières magnifiques…
Les ceintures sont bouclées ?! Les placards et le frigo sont fermés ?! Les fenêtres et les portes verrouillées ?! Les rideaux sont ouverts ?! Plus rien ne peut tomber ?! Contrôle visuel ok ; Niveaux ok ; eau ok ; vidange ok …
On démarre !

Mercredi 18 avril : Premier pas en Bosnie… enfin, en République Serbe de Bosnie…
Le temps est à la pluie. Nous entrons en Bosnie, en République Serbe de Bosnie précisément, par le poste frontière de Scepan Polje en provenance du Monténégro par une route percée dans la montagne avec pas moins de 56 tunnels et au bout d’un pont en bois large pour un seul véhicule… Nous avions déjà fait une tentative d’entrée en Bosnie une semaine auparavant mais refoulés pour non présentation de l’original de notre carte verte d’assurance. On croise donc les doigts pour que cette fois-ci on ne nous demande rien. Quand on arrive, les douaniers sont occupés à fouiller de fond en comble une voiture occupée par quatre jeunes autrichiens. On se dit que ça va être quitte ou double pour nous : soit les douaniers sont déjà assez occupés comme ça soit c’est un poste frontière tatillon et en ce cas, on risque d’être encore refoulés… Chance, on passe!! Ouf….
La route qui suit est plutôt une piste boueuse pleine de trous. Étrange comme voie frontalière surtout qu’elle est empruntée par pas mal de camions. La route longe la Drina, le canyon a l’air chouette et les stations de rafting me font rêver… Sur la route on trouve aussi pas mal de bâtiments meurtris par la guerre.

On s’arrête dans la petite ville de Foča pour trouver une carte sim (10 Giga pour 5 € !) et faire quelques courses. Je suis garée comme un pied au milieu des taxis mais ils sont cools. Je papote en anglais avec le chauffeur d’à côté qui est curieux de savoir ce qu’on fait là. Manu revient avec la carte magique et nous achète aussi quelques victuailles bosniennes dont de la viande séchée succulente.

Manu a repéré sur la carte des pyramides intrigantes près de Stovic. On s’embarque sur une piste sans trop savoir où on va et ce qu’on va y trouver. Comme au Kosovo, les petites merveilles semblent se mériter ! La surprise est très sympa : ce sont de jolies cheminées de fées, étonnantes colonnes de concrétions coiffées de roche. On passe la nuit là en espérant découvrir le lieu avec un rayon de soleil le lendemain.
Jeudi 19 avril : Se réveiller au milieu de belles cheminées de fées
On est exaucés : on est réveillés par le soleil et les oiseaux qui chantent! Après quelques dernières photos du lieu, on démarre pour rejoindre des voyageurs qui ont eu eux aussi bien du mal à entrer en Bosnie pour la même raison que nous. Hugues, Emmanuelle et Mia et leur chien Goji voyagent en poids-lourd, on s’est rencontré en Grèce à Olympie, on se suit sur Internet et on a hâte de se revoir.

On se retrouve à Igman Moutains, site de saut à ski des jeux olympiques de 1984. Il y a un immense parking désert au pied des pistes. Ils ont déjà exploré les lieux et ont le courage de regrimper avec nous jusqu’en haut des pistes. J’ai adoré m’asseoir en haut du grand tremplin de saut à ski et me mettre 5mn dans la peau des skieurs oiseaux qui s’élançaient de là!! L’aire d’atterrissage parait minuscule… En bas, il y a encore le podium olympique et on photographie nos enfants champions.

On se passe une belle soirée autour de la marmite sur le feu. On aime vraiment discuter avec eux, de notre quotidien, de nos idéaux, de nos choix de vie, de l’instruction et de l’éducation des enfants. Ils sont sincères et cerise sur le gâteau, ils ont de l’humour ! Les enfants eux ont tout l’espace pour faire du vélo et de la trottinette.
Vendredi 20 avril : atterrissage raté à Sarajevo
La journée passe à papoter encore et encore, les enfants jouent, Manu bricole l’interrupteur du robinet de l’évier… En fin d’après-midi, on se décide à démarrer pour descendre à Sarajevo en pensant que ça sera facile de s’y garer après que les travailleurs soient partis. Hélas, c’est une galère sans fin. Les parkings nous refusent sous prétexte qu’on risque de se faire cambrioler dès qu’on va quitter nos véhicules. Toutes les rues sont payantes. Avec nos deux véhicules, on a besoin de beaucoup de places. On tourne et on vire jusqu’à s’enfuir !

On se dit qu’on retentera notre chance dimanche et on file dans le noir plus au Nord à Visoko, réputée pour ses mystérieuses pyramides. Arrivés là-bas, dur dur de se trouver un bivouac dans le noir. Usés on squatte un parking de bus interdit la nuit… Les enfants sont frustrés qu’on n’ait pas eu de soirée tous ensemble alors on invite Mia à bord pour partager les pâtes avec elle. Avant de s’endormir, on fait quelques recherches internet sur les pyramides. On trouve plein d’explications pseudo scientifiques qui paraissent assez fumeuses. Je ne sens pas cet endroit…
Samedi 21 avril : pyramides ou pas pyramides ?
Les premiers bus arrivent à 7h30!!! Je me gare un peu mieux avant qu’on ne se retrouve coincés. Mais qu’est ce que c’est ce que ce bazar? C’est quoi au juste ces pyramides?? Visiblement, ça draine les foules… Réveillée pour réveillée, j’enfile les baskets et vais explorer les alentours. Je découvre un espèce de tunnel qui entrerait dans une pyramide. Guide et casque obligatoire pour parcourir 100m dans une galerie et une première promesse de réaligner ainsi nos chakras moyennant quelques euros… Visiblement, il faut aussi avoir le porte-monnaie épanoui. Un kilomètre plus loin, je tombe sur une course de motocross et sur le retour, je longe un beau parc sur le thème de la méditation et des énergies. Il y a même un labyrinthe ! Mais je ne vois pas de pyramide. On est entourés de collines boisées. On passe un bon moment dans ce parc tous ensemble. S’il n’y avait pas de bruit de débroussailleuse ou d’odeur de peinture sur le parcours, ça serait plutôt agréable.

On fait quelques kilomètres de plus pour se garer au pied de la pyramide du soleil sur laquelle on espère grimper et résoudre le mystère des pyramides. Il fait très chaud alors on se réfugie sous les arbres pour pique-niquer. Emmanuelle et moi partons ensuite faire quelques courses avec leur poids-lourd. On s’est bien marrés en voyant les têtes des passants. Deux femmes seules à bord de ce gros camion, ça ne passe pas inaperçu !!

Pour la pyramide, il faut d’abord s’alléger de quelques euros avant d’espérer ressentir les ondes telluriques du sommet… Cette « pyramide » est censée avoir été construite par des « intelligences venues d’ailleurs ». Manu rétorque que si c’est pour faire des bétons aussi médiocres c’est pas la peine de traverser l’univers … Pour lui, il est clair que ce qu’on a sous les yeux est d’origine géologique et non le fruit d’une quelconque intelligence consciente terrestre ou extraterrestre. Ça monte raide, Manu et moi finirons l’ascension en amoureux, enfants confiés aux copains ! Sur le chemin du retour, on croise un « guide », je me permets de l’asticoter sur cette histoire de pyramide, il ne démord pas du discours de son employeur. C’est bizarre, le lieu n’a transcendé personne… Au sommet, la vue est sympathique, c’est déjà ça…Et on s’aperçoit que l ascension par la face opposée est gratuite…

On se trouve un bivouac bien cool au bord d’une rivière. On commence par ramasser les lingettes et autres détritus, comme d’habitude. Manu confectionne une douche sauvage au bord de la rivière. On se régale du pesto d’ortie préparé par Hugues et on papote, encore, et on s’aperçoit même que Manue connaît la sœur de Manu !
Dimanche 22 avril : Sarajevo, atterrissage réussi !
On retente notre chance à Sarajevo. Comme on est dimanche, il y a de la place dans les rues et le stationnement est gratuit, on profite du bon plan du Cargot Voyageur. On commence la visite de Sarajevo ensemble puis nos 2 familles se séparent un peu pour continuer chacune sa propre visite. C’est pas mal comme ça, ça permet de partager un moment et aussi de faire une visite à son rythme et selon ses habitudes.

La ville est encore marquée par la guerre de 1992. Sarajevo avait été assiégée par les Serbes. La situation géographique de la ville la rend très vulnérable : elle est au fond d’une vallée, entourée de collines. L’armée de Milosevic n’avait qu’à s’installer tout autour et pilonner la ville. Il y a des lieux de mémoire où se sont déroulés des massacres : le marché, devant la cathédrale catholique, etc. Bien sûr des musées et des expositions entretiennent le souvenir et nous permettent de revenir sur une période difficilement comprise à l’époque. Ces derniers jours Manu se visionne une série de documentaires sur cette guerre.


On se balade un peu au quartier ottoman puis sur les hauteurs. Un groupe de migrants s’est installé dans un square et une ONG semble prodiguer nourriture et soins. Les routes se fermant pour les migrants, ils tentent d’accéder à l’Europe par les Balkans. La Bosnie n’étant pas dans l’UE et ayant un mode de gouvernement compliquant (3 Présidents : un bosniaque, un croate et un serbe) fortement la prise de décision, les migrants sont épargnés dans ce pays. Enfin un endroit où ils peuvent souffler un peu après avoir été pourchassés en Grèce et avant d’être maltraités en Croatie ou en Hongrie.

On se retrouve le soir avec Le Voyage de Mia dans un petit resto où il est possible de trouver de la cuisine végétarienne pour nos copains. On se balade ensuite ensemble pour voir Sarajevo de nuit cette fois. En discutant, j’apprends que Hugues a une formation artistique, on comprend mieux pourquoi il fait de si belles photos sur son compte instagram !

Lundi 23 avril : les belles sources de la Bosna.
A 8h, un policier informe Hugues qu’on doit vite s’en aller. Ils sont en train de vider le quartier. On est proche d’une ambassade. On se dit vite au revoir. Nos routes se séparent ici. Noé s’est fort attaché à Mia et c’est émouvant de les voir se serrer dans les bras.

On va se poser quelques kilomètres plus loin à la source de la Bosna. Le parking et l’entrée sont payants. Déjà au Monténégro, on avait eu ce genre de déconvenues avec la nature à péage. C’est difficilement compréhensible pour nous. Heureusement, on va vite découvrir qu’en Bosnie, il y a souvent deux entrées aux sites naturels et qu’en observant bien la carte, on peut se balader librement. Et puis on apporte quand même notre contribution a la préservation de ces lieux en ramassant les déchets. Pour la Bosna, il a suffi qu’on se gare à moins d’un kilomètre. Une fois le petit-déjeuner avalé et l’école faite, on va se balader au bord de l’eau. La source jaillit avec un fort débit et se disperse en plusieurs bras. L’eau est parfaitement limpide. L’endroit est reposant. Un petit oiseau marron avec un ventre blanc qu’on n’a pas su identifier nous émerveille : il vole très vite et plonge à pic en un éclair. On fait une belle cueillette d’orties pour le dîner.

On se décide ensuite à revenir sur nos pas en direction des hauteurs de Sarajevo. Le panorama la-haut est très beau. On rencontre des Français qui vivent en Bosnie. Ils ont eu le coup de cœur pour ce pays il y a quelques années et ne reviendraient pour rien au monde en France. Ils nous conseillent de ne pas sortir des sentiers battus car il reste des mines. En se baladant, on découvre les vestiges de la piste olympique de bobsleigh de 1984 : on peut la parcourir à pied de haut en bas. Elle est couverte de tags. Un défi germe dans ma tête : la descendre en trottinette ! Pour l’instant, la priorité est de se trouver un bivouac panoramique pour le coucher de soleil. On est très gâtés, on trouve une toute petite plate-forme en nid d’aigle juste assez grande pour nos 6 roues et la table de camping. Soirée de rêve à cuisiner et papoter sur ce balcon de luxe…

Mardi 24 avril en piste pour expérimenter les pistes de bobsleigh !
L’école d’abord les gars! Et trottinette!! Ouahou, je me lance la première, suivie de Noé… Les freins sont trop faibles, je prends trop de vitesse, aaaaaaaah!!! Pas fière, je réussis à m’arrêter. Noé lui a continué sans sourciller! Inspirés par d’autres voyageurs, on se fait une petite séance photo façon Rasta Rocket. Ça sera un beau souvenir!

En redescendant on passe par la partie Serbe, on s’arrête faire des courses et on tombe sur une autre marmite avec son trépied ! On ne résiste pas à en faire l’acquisition ! Nous voilà bien équipés avec nos 2 marmites, on pense à d’éventuelles grandes soirées marmite avec des copains à notre retour !

On termine la journée aux tremplins de saut à ski où on était avec les copains. On s’est en effet rendu compte qu’on laissé là-bas une pince à feu qu’on aime bien. Hélas, elle n’y est plus mais Manu en trouve une autre ! On finit la soirée blottis ensemble à regarder l’Echappée Belle sur la Bosnie.
Mercredi 25 avril Mostar, phénix des balkans
On se réveille chauffés par le soleil. Notre route du jour longe la Neretva, grand fleuve parsemé de barrages. Après avoir pique-niqué les pieds dans l’eau, nous rejoignons un greeter (un habitant bénévole qui nous guide dans sa ville) à Mostar. C’est la première fois qu’on teste ce mode de découverte et on apprécie vraiment les explications d’Ivan.

Mostar est célèbre pour son pont. Il relie la partie bosniaque/musulmane à la partie croate/catholique. Pendant la guerre, les Croates et les Bosniaques étaient alliés. Puis un revirement a eu lieu et les Croates se sont retournés contre les Bosniaques. Le pont multicentenaire en a fait les frais… Il a bien sûr était reconstruit depuis avec les pierres originales. C’est un haut lieu touristique aujourd’hui et parfois on peut y voir des jeunes plonger du haut de l’arche.

La ville est aussi très marquée par la guerre comme Sarajevo. Les carcasses de bâtiments sont conservées pour le souvenir et parfois même réhabilitées. On trouve aussi quelques bâtiments typiques de l’architecture titiste et des restes de l’influence autrichienne.

Le 25 avril, c’est aussi l’anniversaire de papi moustache, le papa de Manu : 70 bougies qu’on aurait bien aimé souffler avec lui… On se rattrape en lui chantant/braillant « joyeux anniversaire » dans le téléphone.
Nous nous endormons au bord d’un stade, entre université et mosquée.
Jeudi 26 avril un spot de rêve
Le muezzin local est aussi matinal que les muezzins turcs : pour la grasse matinée, on repassera… Avant de quitter Mostar, on choisit de rendre hommage aux deux camps en grimpant sur la colline côté croate et la colline côté bosniaque. Des deux côtés, on affirme sa présence et sa supériorité à coup de lettres en rochers sur la colline façon Hollywood ou avec une croix gigantesque. Nous, on voit surtout combien les attaques ont dû être violentes.


La chaleur nous fait fuir et rêver d’eau fraîche: direction la source de la Buna ! Il y a là bas, un très beau tekké, un monastère bektashi. Du coup c’est assez touristique mais nous trouvons l’itinéraire bis et nous voilà bien heureux à pique-niquer les pieds dans l’eau fraîche à l’ombre face à la source et au monastère.

Nous passons ensuite par Citluk, village au milieu de vignobles. Manu investit modestement dans quelques litres de vin rouge bio en biodynamie.
Encore quelques kilomètres et nous voilà à Lourdes ou presque : Medjugorge est un haut lieu de pèlerinage catholique en Bosnie. La vierge y est apparue plusieurs fois. La chaleur, les innombrables boutiques et hôtels ne nous incitent pas à rester bien longtemps.

Nous atterrissons avec joie dans ce qui semble être un bivouac de luxe à proximité des cascades de Kravica. On est posés au bord de l’eau fraîche. Il y a comme un grand bassin aménagé, alimenté par la rivière, une terrasse et une sorte de restaurant qui a l’air abandonné et qui a été submergé par la rivière. Pas de barrière. On commence par nettoyer les lieux. On est vraiment choqués qu’un si beau lieu puisse être autant souillé. C’est là que la décision est prise de lancer un appel à tous les voyageurs sur les réseaux sociaux pour le nettoyage systématique des bivouacs. Manu suggère à chacun de nettoyer son bivouac et de poster sur les réseaux sociaux une photo du bivouac et des déchets collectés. On espère ainsi sensibiliser à plus grande échelle sur le rôle que chacun peut jouer pour protéger la planète. On se jette ensuite à l’eau, bienheureux de se rincer de la sueur du jour mais l’eau est vraiment glaciale ! On ne craint plus rien au bout de 8 mois de voyage!

Le propriétaire des lieux passe et nous dit que c’est ok qu’on reste là, qu’on est les bienvenus. Il nous explique qu’il commence à remettre le restaurant en état pour la saison. Ça veut dire enlever tout le bois mort, refaire les terrasses, reconstruire tout ce que la rivière a emporté, comme chaque année. Il a l’air sympa, le courant passe bien.
Pour le dîner, on se régale d’une bonne truite pêchée dans la rivière.
Vendredi 27 chez Ljubo
Il fait toujours aussi chaud alors à l’unanimité, on décide de rester ici pour la journée et une deuxième nuit. La journée passe à se baigner, écrire, faire la sieste, pêcher, dessiner en vue de l’anniversaire de Mia (avec qui on était à Sarajevo quelque jours auparavant).


Le propriétaire, Ljubo passe nous voir une fois, deux fois, papote, nous offre une truite… et nous invite à dîner chez lui ! On se régale de sa cuisine mais ce qui restera gravé dans nos cœurs et nos têtes, c’est son récit de la guerre. Il avait la vingtaine quand la guerre a éclaté en Bosnie en 1992. Il parle de lui, de ses 2 blessures, de son habitude de travailler sans relâche pour ne pas sombrer comme ses copains devenus alcooliques. Les autres sont morts dans les combats ou suicidés depuis. Il nous montre des photos de lui en treillis, c’est dans son téléphone comme si c’était arrivé hier. Il craint qu’une nouvelle guerre éclate dans les 10 ans à venir.
Samedi 28 les belles chutes de Kravica
De bon matin, nous partons à vélo voir les chutes de Kravica, spot emblématique de Bosnie. Rusés comme des Sioux, on trouve l’itinéraire bis. On finit le vélo sur l’épaule dans les buissons, ça râle dans la troupe mais la récompense est top : sur l’autre berge, parkings, barrières, pontons aménagés et touristes tandis que nous sommes comme des Robinsons de notre côté. On finit en slip dans la rivière pour une belle séance photo (photos de cascades hein, pas de nous en tenue d’Eve)

Sur les conseils de Guillaume, un autre voyageur qui nous suit sur Facebook et qui se prépare à partir en Europe avec sa petite famille, nous allons visiter Pocitelj. C’est un village ottoman en amphithéâtre, avec de jolis petits jardins accrochés aux murs de la forteresse.

Nous avions envie de rester encore avec Ljubo alors on ne lui dit pas adieu mais au revoir : on sera de retour le lendemain.
Plus loin, Manu visite seul la nécropole Bogomile de Radimlja. Les enfants dorment, moi j’ai juste envie de savourer le silence, la chaleur est toujours écrasante.

Heureusement, on se trouve un nouveau bivouac en bord de rivière, la Bregava qui traverse Stolac. Il fait même frais alors c’est soirée ratataouille à la marmite sous les rayons de la pleine lune.
Dimanche 29, balade à Stolac
On part explorer les environs à vélo. Encore de belles cascades! Pour la plus grande joie des enfants, une tortue terrestre passe juste devant nos pieds. On voit aussi de belles maisons de bois. On se contente d’admirer la forteresse d’en bas, le soleil tape vite trop fort. Dans cette ville aussi les traces de la guerre sont encore présentes : les maisons portent des signes de reconnaissance selon qu’elles étaient habitées par un bosniaque ou un croate…
Par une toute petite route, on arrive en camping-car à la nécropole bogomile à Boljuni. On se réfugie à l’ombre d’un arbre pour pique-niquer et on visite le site en passant d’une ombre à l’autre.
Pour rentrer chez Ljubo, à une trentaine de kilomètres, on choisit de continuer la petite route sur laquelle on est pour longer un lac et des marécages. La route devient vite piste. La piste rétrécit. La carrosserie frotte des deux côtés sur des buissons de garrigue. Les trous et les bosses alternent. Au milieu de nulle-part, on passe sous l’oeil médusé d’un gars qui semble n’avoir jamais vu de camping-car de sa vie. Je rassure Manu en lui disant que tant que la piste reste à plat, c’est gérable. Hélas, 200m plus loin, on se retrouve en bas d’une côte qui mériterait bien quatre roues motrices… glups, totalement impossible de faire demi-tour… Je passe la première comme si j’avais un 4×4 et je parle à Slowpy comme s’il m’entendait: « Allez, tu montes, on le fait, pas le choix, allez tu peux le faire! » Je mise tout sur ma respiration et je m’accroche. A l’intérieur, tout vole: tringles à rideau, vêtements, épices… On ne sait toujours pas comment on a pu se sortir de là. Slowpy est peut être lent mais c’est un incroyable grimpeur de piste. Avec ses 80 chevaux pour 3,5 tonnes, il s’est transformé en super tracteur!

On arrive chez Ljubo complètement moulus et sales jusqu’aux os. La rivière glacée nous accueille comme une mère. Ljubo nous embarque un gros sac de linge sale qu’il nous ramènera le lendemain lavé et séché. On est profondément touchés par sa gentillesse et sa bonté. Au point, qu’on a une idée folle : et si on restait avec lui pour la saison?? Le lieu est parfait, Ljubo très attachant… pffffff, le coeur gros, on laisse la raison prendre le dessus pour continuer notre périple… La Croatie nous attend.
Lundi 30 avril de chez Ljubo au lac Busko
Après une photo avec Ljubo, nous reprenons la route.
Le goût à rien, on se retrouve à pousser le caddie dans un supermarché. On fait le plein d’ajvar, une sort de crème de poivrons grillés, plus quelques charcuteries.
Notre bivouac suivant nous console un peu : encore un très bel endroit, au bord du lac Busko. Des locaux sont installés là avec tentes et barbecues. L’accueil est chaleureux. Un vieil homme aux yeux d’un bleu incroyable vient nous parler en allemand. Manu fait un feu pour le plaisir de s’y chauffer.

Mardi 1er mai du lac Busko à Bosansko Grahovo
C’est a priori notre dernier jour en Bosnie. On traîne au lit, je marche au bord du lac avec Noé, on mange les pieds dans le sable, Manu fait un peu de Qi gong face au lac, il aide des Bosniaques à désensabler leur voiture… Puis on s’avance tout doucement vers la frontière. On s’arrête à la petite ville de Livno pour y chercher un coiffeur. Mais on découvre que le 1er mai est férié en Bosnie aussi ! La ville est toute endormie. On se balade au bord de l’eau. « Encore des cascades, supeeer…. » Les garçons sont blasés des cascades…

A force de traîner, on choisit de ne passer la frontière que le lendemain. On traverse donc tout doucement la grande plaine sauvage qui longe la frontière croate jusqu’à Bosansko Grahovo. Cette non-ville frontalière a la charme d’une ville frontalière… On avait imaginé dépenser nos derniers marks dans un restaurant. On choisit le moins pire et on ne l’oubliera pas : palme d’or des plus mauvais cevapi (saucisses de viande hachée) du voyage, baignant dans l’huile, entre deux tranches de pain lui-même huilé… On trinque au Pipi : sorte d’orangeade star des culottes courtes pour son nom forcément hilarant !

On se gare pour la nuit près d’une église. Le voisin passe savoir qui on est et nous dit qu’il est là si on a besoin de quoi que ce soit. Sympa!
Mercredi 2 mai: Croatie
Allez, il est temps de mettre fin à cette transition entre deux pays. On fait le plein d’essence et on achète quelques bricoles à l’épicerie. Direction la Croatie !
Gros coup de cœur pour la Bosnie, avec son histoire bousculée, la guerre encore visible et qui n’en finit pas de planer au-dessus des têtes, la rencontre avec Ljubo, les multiples rivières à truite, les lacs, nos baignades glacées, les bons moments avec Hugues, Emmanuelle et Mia…

Véro (et un soupçon de Manu)
A paraître bientôt : La Croatie
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Découvrir le côté obscur du voyage
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Mercredi 4 avril une entrée bucolique
On commence par grimper aux ruines du château de Bessac et on a la surprise d’observer des hirondelles dans une maison abandonnée, ce qui plait beaucoup à Noé. De là-haut, rien d’exceptionnel. Dans le bourg non plus mais l’observation d’un pêcheur à filet, en barque, nous plait bien. Sa technique nous paraît acrobatique!
C’est le le rendez-vous des amoureux… et des ordures qui s’accrochent aux branches…
On finit dans une galerie marchande agglutinés sur un banc pour une mission wifi efficace. Ça ne ressemble pas vraiment à mon idée de l’aventure mais j’ai appris à accepter qu’il n’y a pas que des moments exaltants dans le voyage.
Entre nous, l’ambiance est un peu électrique. J’ai l’impression que les enfants n’arrêtent pas de râler, j’ai l’impression de les traîner comme des boulets. Manu est dans sa bulle. On a du mal à choisir ce qu’on fait après. On traîne. Bon, on aimerait avoir un dernier regard positif sur Podgorica alors on se dirige vers le Palais de Petrovic, centre d’art contemporain dans un grand parc. Pas de chance, c’est fermé. L’endroit est agréable tout de même pour pique-niquer et ça nous détend d’un cran.
On fait un petit détour par le pont moderne pour marcher en direction de la source de la rivière. Une deuxième fois, nous nous retrouvons bloqués par l’eau. Moi qui avais repéré une belle boucle à pied, ça commence à m’agacer. Faire preuve d’acceptation est visiblement ma leçon du jour… La cueillette d’asperges sauvages et de nombrils de Vénus me change les idées. La Nature est si généreuse…
On termine la journée à Cetinje. On s’y sent bien tout de suite. C’est en fait l’ancienne capitale du pays et la nouvelle n’a rien à lui envier. On s’y promène un peu avant la tombée de la nuit et on est charmés par l’ambiance austro-hongroise, les maisonnettes colorées et les belles villas Art nouveau. Sur la place entourée de bars, une petite fille nous parle. Son papa nous rejoint et on discute un peu.
Il est responsable d’une entreprise de transport et vient régulièrement en France. On parle du salaire et du coût de la vie, il se demande comment les gens font ici pour s’offrir un café en terrasse. ..
Ce matin, on profite du grand soleil pour visiter à nouveau la ville. On grimpe sur les hauteurs mais on ne voit pas encore les sommets enneigés du Lovcéen, la montagne noire à laquelle le Monténégro doit son nom (crna gora en montenegrin, monte negro en italien).
On cherche aussi une carte sim pour avoir Internet, pouvoir communiquer avec nos proches et mettre à jour blog et page Facebook. On se rend compte que c’est un de nos besoins fondamentaux et que la tension générale est beaucoup plus élevée quand ce besoin n’est pas satisfait.
Du coup Manu demande avec des signes si le gars peut venir expliquer à la dame du kiosque… et non… il ne peut pas quitter la boutique. Une fois retourné au kiosque, à force d’incompréhension, la dame va chercher une copine à elle qui parle anglais au bar du coin. Tout s’éclaire enfin ! Sauf qu’à la fin il faut soi-même appeler un numéro où ça parle Monténégrin… Heureusement celle qui parle anglais a accepté de le faire pour Manu ! Quelle histoire pour cette carte ! Conclusion : à l’étranger mieux vaut acheter sa carte SIM en agence et non en kiosque ! 






Kotor est nichée tout à l’intérieur, tout au bout de la baie de Kotor. Il y a la mer qu’on croit lac, les montagnes abruptes et entre deux cette ville protégée de longs remparts. On commence par grimper sous le soleil les 1350 marches jusqu’au sommet de la forteresse. On transpire à grosses gouttes pour une vue inoubliable.
Sous nos pieds, le dédale des petites rues entre les murailles et à perte de vue, la baie et les montagnes. On pique-nique à l’ombre avant de redescendre savourer une grosse glace méritée. Il y a du monde mais c’est très supportable. Il parait qu’en été, il faut faire la queue pour passer les portes de la vieille ville.
Nous apprécions de flâner en touristes. On passe une agréable soirée avec un couple bulgare, Didi et Djivko. A chaque weekend, ils s’échappent avec leur voiture, dorment dehors et se baladent en skate-board. Ils nous font des petits cadeaux: confiture, vin et biscuits.
De là, la vue sur Perast, ses palais et le monastère sur une petite île est très agréable. Nous pique-niquons sur la plage. Décidément en quelques kilomètres, nous sommes passés du printemps frais à l’été. Nous laissons les vélos pour monter à pied jusqu’à un hameau abandonné, Gornji Stoliv.
Effectivement le seul être vivant qu’on croise est un énorme orvet qui peine à se cacher dans le muret de pierres qui borde le chemin. La balade dans la châtaigneraie est très agréable et la pause dans une petite prairie bucolique à souhait.

Hors saison, on peut se glisser n’importe où en camping-car, c’est vraiment pratique et agréable. Un peu plus loin, à Donji Morinj, on a la chance de se trouver un nouveau bivouac au bord de l’eau. Nous aurons donc fait une énorme étape de 24km 😉 C’est bon de prendre son temps! Noé et Manu pêchent tandis que Joseph et moi allons explorer les environs. Des amis voyageurs nous ont parlé d’un restaurant fort alléchant et j’aimerais y réserver une table pour y fêter en beauté l’anniversaire de Manu le lendemain. On trouve le restaurant, le Konoba Catovica Mlini.
Le cadre est enchanteur, ancien moulin, vaste parc, allée de bambous… la carte est effectivement fort attirante… mais les prix sont plus gros que mon porte-monnaie… mais c’est l’anniv de l’amoureux… je pourrais bien casser la tirelire… mais on est déjà très gâtés par le voyage chaque jour… mais quand même, avec cette somme on peut se nourrir 10 jours… je me fais des noeuds au cerveau la moitié de la nuit, errant entre culpabilité et envie…
Merci les copains ! Et l’autre bon souvenir qui restera de cette soirée, c’est d’avoir regardé tous ensemble le très beau film Lalaland. Les garçons ont adoré cette comédie musicale. C’est chouette de partager avec eux le plaisir cinématographique!


Comme la nuit tombait à notre arrivée, on découvre le lieu ce matin. On déjeune au bord de l’eau. Deux moines chaleureux nous saluent. Nous visitons les deux églises du monastère et en admirons les fresques. Comme dans plein d’autres églises orthodoxes, l’enfer y est représenté. Ici des monstres marins à deux têtes dévorent les humains. Ce que nous apprécions le plus dans ce lieu, c’est la quiétude. Tout y est harmonieux, fleuri, calme, accueillant. Il y a des jouets d’enfants. Il est vrai que les prêtres orthodoxes, les popes, peuvent se marier.
Tant que mes yeux sont ouverts, je rapproche Slowpy du lac de Biograd et je motive les troupes en leur vendant une sieste digestive au bord de l’eau. Il y a juste 4km (en cote) de vélo entre nous et ce lac. Mi-assommés par la polenta, mes équipiers se laissent embobiner. Joseph a encore l’énergie de râler pendant cette petite balade. Il faut dire que ça grimpe sec et ma promesse de mega descente de fou au retour n’excite que moi…
Quand on arrive au lac, point de plage il n’y a… en revanche un sentier prometteur fait le tour du lac… et nous avons juste le temps de nous l’offrir avant la nuit… Aidée par les grenouilles et les tapis d’ail des ours qui divertissent les troupes, j’embarque mes chéris pour cette 2eme balade digestive…
Je suis trop contente de me balader dans le parc national de Biogradska Gora. Il y a de beaux pontons de bois, des fleurs, de l’eau verte, des panneaux pédagogiques intéressants… Et la redescente à fond la caisse réconcilie tout le monde avec le sport. 






La vue est magnifique mais pas les abords… Le coin semble prisé des amoureux si on en croit les déchets qui jonchent le sol… Mais comment peut on apprécier un lieu pour son romantisme et en même temps le souiller, lui faisant perdre le romantisme recherché ? ! Encore une fois on ramasse les déchets autour de nous pour vivre dans un endroit propre, libérer la nature et la remercier de nous accueillir. Je fais la sieste, les gars bouquinent, Manu pêche et on décide de rester poser là jusqu’au lendemain, pas l’énergie d’en faire plus aujourd’hui. Je vais me balader avec Noé. C’est agréable de prendre du temps en duo, de ne pas toujours être tous les quatre. On fait du feu et on cuisine des lentilles au mouton séché avec la marmite. Manu et moi imposons une fin de soirée en amoureux face aux flammes. Ça ressource de se retrouver et de papoter en tête à tête.
Toujours à un rythme de paresseux anémiques, nous roulons tout doux en direction de la Bosnie. Le temps est à nouveau pluvieux. Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique en nid d’aigle avec vue sur le barrage de Pluzine. Nous avons traversé des tunnels bien flippants pour arriver là avec des chutes de pierre jusqu’à l’intérieur…



Nous quittons l’axe principal pour suivre des indications menant à une réserve animalière à Kernajje. Nous n’avons jamais trouvé ce lieu mais cette petite route était un régal, enfin moins pour Slowpy qui a vu le rouge de très près. Même avec le chauffage et le ventilo à fond, il chauffe en montagne ! Arrêt pique-nique obligatoire ! Il fait un vent terrible alors on se réfugie derrière une petite colline.
Les enfants gambadent dans les bois et font la course dans les aiguilles de pin. Que c’est bon de retrouver la nature après une quinzaine de jours davantage en milieu urbain ou de plaine industrielle !
On continue la route jusqu’à Valbona en logeant la rivière du même nom, eau bleue qui se fracasse dans les rochers. Arrivés en haut, la pluie nous a rattrapés.
Pour le bivouac, on se cale près d’une rivière tout en restant prudents de peur que l’eau monte pendant la nuit. Temps idéal pour se faire un ciné en famille : on découvre ensemble la famille Adams et depuis leur humour noir et décalé est de tous les scénarios de jeu des garçons.
On s’endort heureux d’être tous les quatre… on a (encore!) failli perdre Noé aujourd’hui… on était sur un petit pont en bois au-dessus du torrent en crue… il manquait une latte de bois sur le pont… on avait chacun un garçon près de nous… j’avais dit de faire bien attention parce que ça glissait un peu… Manu a fait une photo… et a vu Noé disparaître à travers le pont… j’ai juste eu le temps de le rattraper par les épaules… Une autre famille était là 2 minutes avant nous… C’est allé tellement vite que ça parait encore irréel… il s’en est sorti juste avec deux tibias un peu mâchés…
Un coup d’oeil rapide à la carte et la croisière se transforme en rallye sur route de montagne ! Je suis verte… Bon, je retrouve vite le plaisir de zigzaguer entre trous et pierres… Enfin là c’est particulièrement rockn’roll.
La pluie des dernières 24h a poussé beaucoup de pierres sur la chaussée plus les coulées de boue et les zones où la route est carrément effondrée…
En deux heures, on avance de 40 km… On passe la nuit en bord de route à un endroit sans risque, face à une belle clairière et où on aura le soleil levant. Je suis moulue…
On gambade dans la belle clairière où même là, perdu en montagne, on trouve des anciens bunkers. On continue jusqu’à Puka, petite ville où l’on rencontre des américains venus pour deux ans en mission humanitaire. Ils vont enseigner l’anglais aux enfants de l’école. C’est une organisation autrichienne. Allemagne, Autriche et Italie sont très présentes dans les Balkans, que ce soit au niveau industriel, touristique ou humanitaire. La France semble faire partie des grands absents. C’est étonnant parce qu’il y a un potentiel énorme !

On rencontre deux hommes et un garçon qui ramènent leur troupeau de brebis et un cheval. Celui-ci semble sauvage et nous impressionne par sa fougue. On les suit et Noé fait connaissance avec Eno qui semble avoir le même âge que lui. Ces deux-là ne vont plus se quitter pendant 24 heures !
Ça m’épate de les voir se débrouiller avec quelques mots d’anglais et beaucoup de mimes. Joseph les rejoint dans leurs aventures et ils s’éclatent toute la soirée. Le papa d’Eno est le patron du bar et leur offre des boissons. On se fait une soirée marmite sur le feu, la première depuis de longues semaines ! C’est bon de passer la soirée dehors sans grelotter.

Le cadre est charmant : une table en bois massif sous les arbres, des petites terrasses, des fleurs, une cabane en bois pour les enfants, des bunkers remaquillés en coccinelle et même un tracteur qui balade les familles dans des wagons en tonneaux recyclés.
On fait confiance au serveur qui dans un anglais approximatif nous propose différents plats. Charcuteries, fromages, brochettes de géants, jus de grenade, sorbets… Les plats sont bien présentés et originaux. Le vin est bon. Le service n’est pas au top malheureusement : les plats arrivent trop vite ou décalés, ils ne surveillent pas si on a toujours à boire, c’est inadapté au standing du lieu. On aurait bien aimé aussi que le chef fasse un tour de salle pour rencontrer ses clients. L’art de la table est vraiment un patrimoine français spécifique ! On finit repus pour 24h….
On demande si on peut rester garés sur le parking pour la nuit parce qu’on ne se voit pas redémarrer. La réponse est chaleureuse et on nous propose même de venir prendre le petit-déjeuner le lendemain. Il ne nous reste plus qu’a savourer une exquise soirée au soleil couchant dans le domaine, à se balader et digérer. On est tout contents de ramasser des courges sèches qu’on pourra peindre et ressemer chez nous. La nuit va s’avérer hachée à la moulinette par le troupeau d’oies sous nos fenêtres. Elles ne dorment jamais toutes en même temps et cancanent sans cesse!!! On en a ri… en se jurant de ne pas renouveler l’expérience…


La visite de la ville ne nous émerveille pas plus que ça, bien que l’architecture soit intéressante. On fait dans le pratique : rafraichissement de ma coupe de cheveux pour moi, courses au marché : verres, rustines, graines,…
Il y a pas mal de vendeurs de poissons mais ça ne donne pas vraiment envie. Il y a un immense bazar friperie, j’aurais pu y passer des heures à dénicher des fringues sympas. Vu l’enthousiasme de mes troupes, je me suis limitée à un très chouette sarouel.
Pour une raison mystérieuse pour nous, Skoder a l’air d’être une plaque tournante importante pour les vêtements d’occasion. On a vu plein de gens transporter des ballots de vêtements et tissus.
Ce monastère est le dernier d’une quarantaine de monastère et églises commandités par l’empereur Milutin. Un guide salarié par l’Eglise orthodoxe nous fait visiter les lieux en y ajoutant une pincée pro-Serbe, c’est certainement le coût de la gratuité. Il fait référence à un militaire français et à l’organisation Solidarité Kosovo, après vérification cette organisation est proche de l’extrême droite en France.. . ambiance. .. Dans les rues alentours, on voit beaucoup de drapeaux albanais et les panneaux indicateurs dans les 2 langues sont souvent dégradés pour rayer l’une des 2 langues. Le Kosovo déroute entre ses mélanges de religions et de peuples et on ne sait jamais où on met les pieds !
On sort se balader dans le parc un long moment. Il y a ici une quinzaine d’ours qui ont été adoptés en 2013 quand une loi est venue interdire la détention privée des ours. Jusque là, les ours étaient des attractions de bord de route de restaurateurs pour le moins insensibles à la cause animale. 

On se retrouve alors embarqués dans un quartier où la largeur des rues diminue au fur et à mesure qu’on avance… jusqu’au moment où on est coincés pour de bon entre un toit trop bas et une voiture mal garée. Glups. On est plantés là à chercher une issue favorable quand apparaît un sauveur. Il propose de prendre le volant. Je lui cède, un brin piquée dans mon orgueil de conductrice sans frontière je l’avoue. Il assure et fait dégager quelques voitures pour un demi tout salvateur, on le remercie avec une bière. On quitte la souricière et on se pose près d’une station-service. Pour l’ambiance bucolique, on repassera, en plus il y a un cadavre de chien à côté.. .
Allez, on va se dégourdir les jambes. On aurait aimé visiter cette capitale avec quelqu’un qui nous éclaire sur la situation politique du Kosovo. La KFOR, force armée de l’OTAN est omniprésente. Devant le Parlement, il y a des affiches avec les photos des Kosovars disparus dans la guerre du Kosovo et demandant à la Serbie de rouvrir les dossiers.
En Serbie à Belgrade, nous avions vu l’autre côté du miroir, avec les Serbes demandant justice aux Kosovars pour les disparus. Dossier délicat et impression de marcher sur des oeufs.
Ce pont avait été détruit pendant la guerre. On remarque côté serbe un fort nationalisme: drapeaux serbes et russes, prix en dinar serbe et écriture cyrillique. Pour eux le Kosovo n’existe pas et ils voudraient bien au moins récupérer le Nord.
Vous allez finir par croire qu’on fait un tour d’Europe des lieux saints!! Non, plus prosaïquement, ce sont tout simplement des lieux où il y a généralement un parking et souvent de l’eau, un spot à bivouac quoi. La nuit tombe et les rues de plus en plus étroites nous titillent, l’histoire se répète. Je passe sur une coulée de boue, déterminée à poser nos roues à l’église Saint Dimitri. Ouf, ça y est, on est arrivés avec un panorama de luxe en prime !
De là, on voit et on entend les sirènes et gyrophares près du pont. On aimerait tant savoir et comprendre ce qui se passe! Bon, on se sent en sécurité ici, c’est l’essentiel. A 22h, la Police vient contrôler nos papiers. Ils sont un peu perplexes de nous trouver là et nous demandent si on est bien des touristes. Ils nous disent que c’est ok de rester là. Quand on les questionne sur ce qui se passe, ils répondent
La route est de plus en plus étroite, si si, et se transforme en piste, si si, boueuse, eh oui, avec des trous, bien sûr… La cascade déverse des tonnes d’eau, c’est impressionnant ! Un des propriétaires des 2 bars au pied des chutes arrive et nous explique qu’il y a une série de 7 chutes et que c’est magnifique mais à cette saison il y a trop d’eau , elle est marron et le chemin est sous l’eau…
On choisit de ne pas rester dans ce trou et de remonter la piste dès maintenant. Si bien qu’on arrive pour la nuit à Peja, petite ville aux portes du canyon de Rugova. Et pour une fois, on paie 1,60€ pour se garer, pas envie de tourner dans tous les sens pour finir encore coincés, mon énergie de pilote est bien entamée …
L’air est frais, les montagnes se dressent majestueusement autour de nous. On découvre un étonnant vestige d’architecture communiste, un énorme immeuble qui fût une banque.
Il y a aussi un très beau bazar où de jolies maisonnettes en bois s’alignent. On trouve un petit marché où l’on achète de la crème. Les fermiers la préparent et la vendent dans des barattes en bois. On achète aussi des suxhuk, saucisses de veau épicées et des légumes.
Je monte à pied avec Joseph tout en haut du domaine pour une descente gigantesque. C’est génial de partager ça, de s’entraider et se motiver pour finir par glisser en criant et riant. Noé se lance dans une descente plus courte mais tête la première assez radicale et qui par chance finit bien. Il a une aisance
Notre présence ne semble pas leur poser de problème. Plusieurs véhicules blindés sont déjà passés près de nous dans leurs rondes de surveillance quand nous nous endormons.
La vie réserve des surprises : nous avons visité le 
Il nous préviens que la cuisine est simple en raison du carême mais nous on l’a trouve fine, copieuse bref on se régale ! Il nous invite à participer à une cérémonie le soir, du coup on change nos plans, on retourne à Peja pour visiter un autre monastère orthodoxe.
Il est certe joli mais l’accueil est moins chaleureux. On revient à Decani à l’heure pour la cérémonie. Malgré le fait que nous ne soyons pas orthodoxes nous nous sentons accueillis. C’est une cérémonie où ils procèdent à l’ouverture du sarcophage du roi Stefan pour entretenir la momie du roi et bénir les fidèles avec une onction préparée avec la momie du roi. Cette momie se serait réalisée seule, sans l’intervention humaine, miraculeusement. Nous sommes invités à être ainsi bénis et nous acceptons volontiers, non pas que nous croyons à ce miracle mais nous croyons à l’intention positive et bienveillante de la bénédiction des moines. La bienveillance est toujours un cadeau précieux à recevoir. Lors de cette soirée nous rencontrons une famille d’allemands qui nous avait laissé un petit mot d’invitation sur notre pare-brise au monastère de Peja. Le monastère de Decani est vraiment un lieu magnétique dont nous ne voulions plus partir.
Sur la route nous voyons beaucoup de monuments à la gloire de soldats de l’UCK tombés lors de la guerre d’indépendance, le drapeau albanais est beaucoup plus utilisé que le drapeau kosovare. 
La visite est un peu sommaire, comme la dégustation… On a la désagréable surprise de voir à la fin que la visite et la dégustation sont payantes, du coup on ne prend pas beaucoup de vin. Celui de la dégustation n’est pas fameux, on prend celui qui nous intéresse : le Vranac, cépage des balkans, déjà apprécié en Macédoine. Sur le chemin du retour on s’arrête à une autre cave, plus « américanisée » et pour cause elle appartient à un américain d’origine kosovare. Cette fois pas de visite ni dégustation on achète à l’aveugle, Vranac toujours.
Nous avons ensuite choisi d’aller respirer et méditer tout ça en haut de la forteresse de la ville. C’est une belle balade à travers les rues bordées de maisons à encorbellement de bois. Nous avons reçu comme un cadeau le magnifique coucher de soleil sur la ville, avec l’appel à la prière de 18h émanant des 35 minarets de la ville.
En redescendant nous avons fait une halte sous les fenêtres de l’école de musique où les élèves donnaient un concert. .. Puis nous avons retraversé les rues piétonnes très animées du centre-ville, en bordure de la rivière Bistrica. Pour marquer notre dernière soirée au Kosovo, nous avons savouré un bon dîner au restaurant Marashi. Fauteuils confortables, belle table, service attentionné, viande grillée sur la pierre, fromages et charcuteries… Décidément, dans les Balkans, la viande est reine!










Apparemment, c’est le spot d’entrainement de la fédération macédonienne de canoë kayak. Tous mes souvenirs de mes années kayak remontent et je me surprends à chercher les bonnes trajectoires sur le parcours.

Au retour on voit que les poubelles ont été ramassées, ouf, tout n’est pas perdu…
La découverte de notre nouveau nid nous enchante: c’est grand, propre, lumineux, avec une chambre séparée pour nous et deux lits pour les garçons, une cuisine et une piscine au sous-sol!!! On saute dans nos maillots sans perdre de temps. Oh le bonheur!!!
On est réveillé très tôt par une luminosité spéciale: de la neige!!! On découvre de nos fenêtres Skopje sous son blanc manteau. Un peu frais comme début de printemps!!




Il y en a vraiment partout ! Pour commémorer les héros de la nation, les figures historiques ou mythiques ou pour l’art tout simplement. La star récurrente, c’est Alexandre le Grand sur son cheval ainsi que son père Philippe 2 et sa mère Olympias (enceinte, allaitante, avec son fils dans les bras… une vraie ode à la maternité!)
Il y a tellement de statues qu’on en a vu plein sans comprendre qui elles représentent. Le petit truc qui nous a chiffonné c’est de trouver parmi les plaques de citations de Mère Thérésa, une sacrément hostile à l’avortement, limite obscurantiste… n’empêche, la grande place sur laquelle débouchent les grandes avenues est inoubliable tant tout y est démesuré, spécialement la plus grande de toutes les sculptures d’Alexandre le Grand, entouré de lions. On s’est demandé si toutes ces statues n’étaient pas aussi là pour stimuler un sentiment national assez jeune ou pour se raccrocher à tout prix à la Macédoine antique à la place des Grecs.
On s’est réchauffés avec un plat traditionnel rappelant le cassoulet, le tavtché gravtché: des haricots blancs à la tomate mitonnés pendant des heures sur le feu dans des poêlons en terre.
